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Questions de Foi

  Pourquoi les prêtres sont-ils célibataires ?
 

Le Temps Pascal est un mois de prière favorable pour demander à Dieu des vocations et en particulier des prêtres. Le 4e dimanche du Temps Pascal nous lisons l’évangile du Bon Pasteur et le Pape donne au monde son message pour les vocations.


Mais une question revient fréquemment sur le devant de la scène : le mariage des prêtres.
Pourquoi faut-il que les prêtres soient célibataires ?
Voici quelques éléments de réponse mais il conviendrait d’avoir la possibilité de s’étendre un peu plus pour vous offrir une réponse complète.

Origines historiques dans l’Eglise latine

Au IVe siècle, le concile d’Elvire (en Espagne) déclare : « On est tombé d’accord sur l’interdiction totale faite aux évêques, prêtres et diacres, c’est-à-dire à tous les clercs au service de l’autel, de commercer avec leurs épouses et de procréer des enfants ; cependant, celui qui l’aura fait devra être exclu de l’état clérical. » (canon 33).
Comment en est-on arrivé à une telle affirmation ? En ce temps, bien que ce ne soit pas toujours le cas, un grand nombre des prêtres était marié avant d’avoir été ordonné et s’engageait à vivre la continence.
Si le concile a sanctionné une déviance, c’est que la pratique était alors déjà établie. Il n’y avait pas là de loi nouvelle. On pourrait d’ailleurs imaginer l’opposition violente des clercs si cette interdiction était arrivée subitement ! Bien au contraire, la continence était un fait connu de tous, hérité de la tradition des Apôtres.
Le pape Damase en 385 écrit dans sa lettre Directa que les nombreux prêtres et diacres qui continuent à procréer des enfants après leur ordination, agissent à l’encontre d’une loi qui lie les clercs majeurs depuis le début de l’Eglise, et qui ne peut être remise en question.
Dans l’Ancien Testament, les prêtres et les lévites avaient le droit d’user du mariage en dehors de leur service au Temple.
Mais par le Nouveau Testament, les clercs doivent assurer quotidiennement le ministère sacré et sont ainsi dans l’obligation d’être dans la continence dès le jour de leur ordination. On se rappellera ici cette exhortation de l’apôtre saint Paul : « C’est pourquoi demeurez fermes et retenez les enseignements que vous avez reçus de nous, soit oralement, soit par lettre. » (2 Th 2, 15). Par ailleurs, saint Paul invitait les Corinthiens à rester continents pour se consacrer à la prière. A plus forte raison cela concernait-il les prêtres !
C’est ainsi qu’en Europe et en Afrique du Nord, la discipline de la chasteté et de la continence fut toujours vivante. Certes, il y eut des hauts et des bas, mais la tradition ne fut jamais interrompue depuis les Apôtres. Les écrits des Pères de l’Eglise (saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin, saint Grégoire le Grand,) en sont un précieux témoignage.
Toutefois, face au risque de ne pas respecter l’engagement initialement accepté de continence, l’Eglise va tendre de plus en plus à appeler aux ordres des hommes non-mariés.
Au XIe siècle, une grave crise surgit dans l’Eglise d’Occident (je n’ai malheureusement pas la possibilité d’en détailler ici les détails) à laquelle la réforme grégorienne apporta une solution. C’est dans ce contexte que le 2e concile du Latran en 1139 déclara solennellement que les mariages de clercs étaient non seulement non autorisés mais également invalides (canon 7).
Aujourd’hui, les détracteurs du célibat sacerdotal s’appuient sur cet événement pour expliquer que le célibat aurait été créé ainsi.
En réalité, seul fut déclaré invalide le mariage conclu en violation de l’interdiction qui, elle, existait depuis les origines apostoliques. Par la suite, cette discipline fut défendue à chaque siècle jusqu’à aujourd’hui.

Et pour l’Eglise d’Orient ?

Aux premiers siècles, tout comme dans l’Eglise d’Occident, l’Eglise d’Orient s’appliquait à respecter la tradition des Apôtres sur la continence des clercs mariés. Mais le combat contre la faiblesse humaine des clercs en Orient ne put être aussi fort qu’en Occident par  manque  d’unité  entre les différentes Eglises. On continua alors à ne choisir les évêques que parmi des hommes célibataires et on laissa faire, devant le fait accompli, les autres prêtres. Par ailleurs, dans l’Eglise d’Orient, la célébration de la messe n’était pas quotidienne mais dominicale. Ainsi, la pratique de la continence selon l’Ancien Testament pouvait s’appliquer.

Quels fondements théologiques au célibat ?

Il nous faut partir d’une vision spirituelle du sacerdoce. Le prêtre doit se reconnaître dans le Christ, s’identifier à lui. Dans notre époque sécularisée, il est de plus en plus difficile de percevoir l’identité du prêtre dans celle du Christ. C’est dans cette parenté ontologique entre le Christ et son prêtre que se fonde la théologie du célibat. Saint Jean-Paul II nous explique :

« Il est particulièrement important que le prêtre comprenne la motivation théologique de la loi ecclésiastique sur le célibat. En tant que loi, elle exprime la volonté de l’Eglise, même avant que le sujet exprime sa volonté d’y être disponible. Mais la volonté de l’Eglise trouve sa dernière motivation dans le lien du célibat avec l’Ordination sacrée, qui configure le prêtre à Jésus-Christ, Tête et Epoux de l’Eglise. L’Eglise, comme Epouse de Jésus-Christ, veut être aimée par le prêtre de la manière totale et exclusive avec laquelle Jésus-Christ, Tête et Epoux, l’a aimée. Le célibat sacerdotal alors est don de soi dans et avec le Christ à son Eglise, et il exprime le service rendu par le prêtre à l’Eglise dans et avec le Seigneur. »  (Pastores dabo vobis 29).

On notera que dans sa relation sponsale à l’Eglise, le prêtre n’est pas dépourvu d’amour conjugal !
Abbé Samuel Delmas - Vicaire de la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste

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