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Se laisser enseigner

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Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
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Mieux connaitre pour mieux aimer
 

Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  ... Suivons-le ensemble !

 
 Il est courant de comparer la vie à un chemin.
Un chemin entre un point de départ, notre naissance, et un point d’arrivée : notre mort.
Un chemin plus ou moins long, tortueux, escarpé.

  En chemin, lorsque nous regardons le ciel, il nous paraît toujours très haut, trop haut, inaccessible.
Même lorsque nous atteignons des sommets, il est toujours plus haut ; a fortiori lorsque nous sommes dans des creux ou des ornières.
Et lorsque nous fixons l’horizon, il s’éloigne au fur et à mesure que nous avançons.
Un ciel inatteignable. Comme Dieu ?

 On pourrait le croire : « Mes chemins ne sont pas vos chemins, dit le Seigneur. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sont élevés mes chemins au-dessus de vos chemins. » (Is55, 8.9).

Il ne nous reste plus qu’à soupirer ?
« Ah ! Si tu déchirais les cieux et descendais. » (Is63, 19).

  Mais ?! Mais oui :
«Tu es descendu…» (Is64, 2).
«J’ai dit -dit Dieu- :«Me voici ! me voici !»
(Is 65, 1).

Mais oui : le Ciel a rejoint la terre, l’Infini a rallié notre finitude, l’infiniment loin s’est fait tout proche, l’infiniment haut s’est fait le Très-Bas, Dieu s’est fait homme en Jésus : c’est NOËL !    

   En fêtant à Noël la naissance de Jésus, nous célébrons l’ouverture du chemin.
Il est Dieu fait homme : il a ouvert à Dieu le chemin vers l’homme, et il a ouvert à l’homme le chemin vers Dieu.

Pour connaître et suivre ce chemin, il faut reconnaître Jésus par la foi et suivre les enseignements et les exemples qu’il nous donne dans les Évangiles.
Ainsi, il peut dire de lui-même : «Je suis le Chemin» (Jn14, 6). Le suivre, c’est laisser Dieu venir à nous et aller nous-mêmes à Dieu.

  Nous vivons parfois dans la foi comme nous ferions du home-training : le tapis se déroule sous nos pieds, mais quant à nous, nous faisons du surplace et nous y perdons le souffle : on s’essouffle à faire du home-training, mais on n’avance pas d’un pouce.
On s’essouffle dans la foi et on n’avance pas, tant qu’on croit que c’est à Dieu de faire tout le mouvement : le va-et-vient. Or, Lui, Il vient toujours, le premier ; et nous, donc, nous devons aller, en réponse. Cette réponse, ce pas dans la foi, nul ne nous en dispensera, surtout pas Dieu, car ce pas c’est le lieu de notre liberté, de notre oui, personnel et irremplaçable.
Jésus n’a pas dit : « Je suis le tapis roulant ». Il a dit : « Je suis le chemin». La différence, c’est que le chemin nous le faisons pas à pas ou nous ne le faisons pas, mais il ne se fait pas sans nous, sans nos pas ; et l’avantage c’est que nous pouvons le faire à notre pas.

  Le faire à notre pas, le chemin de la foi, mais pas seul. Le chemin de la foi est un chemin commun, communautaire, à faire en Eglise.
Tous les quatre Évangiles notent bien que Jésus a appelé des disciples dès le début de sa vie publique et de sa mission. Il jetait ainsi les bases de son Église,  montrant que le chemin à sa suite est un chemin à faire ensemble.
Les Actes des Apôtres, qui suivent les Évangiles et racontent les débuts de l’Eglise, montrent que dès le jour de la Pentecôte s’est constituée une première communauté chrétienne, appelée à s’agrandir et à essaimer.
Et lorsque la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ s’est répandue dans tout l’Empire romain, puis dans le monde entier, les Apôtres tout d’abord puis tous les autres missionnaires se sont toujours attachés à fonder des communautés.
On peut dire que dans l’ADN de l’Eglise, depuis le Christ, il y a la synodalité (du grec : sun=ensemble et hodos=le chemin), c’est-à-dire l’idée que le chemin de la foi en Jésus-Christ est un chemin à faire ensemble.

  Cet esprit synodal animait bien sûr au premier chef les Apôtres eux-mêmes, que Jésus avait constitués en groupe des Douze.
Ainsi quand se posa, vers l’an 48, la question de savoir s’il convenait d’imposer aux païens convertis au christianisme les obligations rituelles du judaïsme, une assemblée des
« Apôtres et des anciens » présidée par saint Pierre se réunit à Jérusalem (Ac15). En vertu de l’autorité apostolique exprimée par la célèbre formule : « L’Esprit saint et nous-mêmes avons décidé…. », cette assemblée trancha la question par la négative.
Les évêques, successeurs des Apôtres ont conservé cette tradition de s’assembler pour discuter des affaires de l’Eglise et prendre les décisions nécessaires.
A la suite du concile Vatican II a été ainsi institué un Synode des évêques. Il réunit à échéance régulière des évêques du monde entier désignés par leurs pairs, autour du Pape, successeur de Pierre, pour le conseiller et l’aider dans le gouvernement de l’Eglise universelle.

   Le prochain Synode est prévu pour octobre 2023. Son sujet en sera justement la synodalité elle-même. Le pape François a voulu que sa préparation puisse concerner l’Eglise dans son ensemble, façon d’honorer le sujet.
Cette préparation s’est ouverte dans tous les diocèses du monde le dimanche 17 octobre dernier.
Le diocèse de Perpignan a édité un livret de travail pour une réflexion en groupe, comme cela vous est expliqué à la page 6 de ce bulletin.

  Quatre des dix thèmes proposés sont à choisir, pour autant de réunions. Ces thèmes s’articulent autour de trois axes qui explicitent la synodalité :communion–participation–mission.
En effet, on ne peut avancer ensemble
-sans être en communion, sous peine d’entraver la marche commune par les croche-pieds que l’on se fait.
-sans participer à l’effort de la marche, attendre ceux qui s’essoufflent, aider ceux qui peinent.
-sans inviter ceux qui sont au bord du chemin ou l’ont perdu : aller vers, c’est la mission.
Le Synode, c’est l’Eglise en sortie missionnaire.

Noël : Jésus-Christ est venu nous ouvrir le chemin…
Ne restons pas en retrait. … Suivons-le ensemble !

Père Jean-Paul Soulet

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