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Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
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Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  Il nous est impossible de nous taire

 

 La Bible, Parole de Dieu, nous révèle un Dieu de parole.
  Au double sens de cette expression:
  -un Dieu qui parle,(se)communique:
«c’est Lui qui a parlé, et cela arriva » :
ainsi le Ps 33,9 résume-t-il l’acte créateur de Dieu, acte lié à sa Parole, une Parole performative.
  -et un Dieu qui tient sa Parole :
«J’accomplirai la promesse que j’ai faite» à mon peuple, assure Dieu par la bouche de son prophète Jérémie (33, 14).

   Un Dieu fidèle à sa Parole, donc, et qui attend une parole en retour de la part de sa créature humaine.
  Juste après que la relation originelle ait été rompue, Adam comme Ève ayant écouté les sirènes du Tentateur, Dieu cherche l’homme  pour renouer le dialogue : «Où es-tu ?», demande Dieu (Gn 3, 9).
Même si le dialogue sera désormais faussé par le défaut de confiance de l’homme envers son Dieu.

  Mais Dieu n’a qu’une Parole, et elle est pour la liberté et la vie.
Il reste vigilant sur le sort des siens.
Lorsque son peuple est opprimé en Égypte, il intervient et envoie Moise pour le libérer.
«J’ai vu la misère de mon peuple et je l’ai entendu crier.....je connais ses souffrances» (Ex 3, 7).

  Dieu a vu et entendu, et il ne peut se taire. Sa Parole va agir avec puissance en faveur de son peuple.

  «Il nous est impossible de nous taire devant ce que nous avons vu et entendu» (Ac 4, 20).
Ce cri qui a donné le thème de la Semaine Missionnaire Mondiale cette année, c’est celui des Apôtres Pierre et Jean devant le Grand Conseil. Ils y comparaissaient pour avoir guéri par le Nom de Jésus un mendiant infirme au Temple de Jérusalem.

  Qu’ont-ils vu, qu’ont-ils entendu ?
Un homme infirme depuis sa naissance qui leur demandait l’aumône, mais dont ils ont exaucé un désir beaucoup plus vital : marcher, librement.

  Qu’ont-ils vu, qu’ont-ils entendu ?
La puissance du Nom de Jésus qu’ils ont invoqué et qui leur a permis de réaliser pareil miracle que Lui.

  Qu’ont-ils vu, qu’ont-ils entendu ?
Tout ce que Jésus a fait et dit au long de sa vie publique et jusqu’à sa Résurrection, dont ils ont été établis témoins.

  Qu’ont-ils vu, qu’ont-ils entendu ?
L’œuvre de l’Esprit du Christ ressuscité reçu à Pentecôte, qui manifeste par eux la même puissance divine de salut et de vie que manifestait Jésus.

  Ainsi donc, ni Dieu ni ses témoins ne peuvent se taire devant ce qu’ils voient et entendent. Et c’est Dieu par ses témoins, qui fait entendre et agir sa Parole.
Le missionnaire, comme Pierre et Jean, comme Dieu lui-même, est d’abord celui qui voit et entend les souffrances humaines, les matérielles comme les spirituelles, car ventre affamé n’a pas d’oreille pour entendre la Bonne Nouvelle.
Le missionnaire, comme Pierre et Jean, ne peut dès lors plus se taire : il parle et agit, il relaie comme Moise la volonté de Dieu de libérer, de relever.

  L’élan missionnaire se trouve en Dieu même «qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent  à la connaissance de la vérité» (1Tm 2, 4).

Jésus le met en œuvre par toute sa vie et sa Passion-Résurrection.
Et l’Eglise porte l’œuvre du Christ tout au long de l’histoire humaine et jusqu’à la fin des temps.
Elle ne peut donc se taire lorsqu’elle voit et entend que l’homme est détourné de sa vocation divine.

 Comme l’écrit Mgr Georges Colomb, Directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires pour la France :
  «Aujourd’hui nous ne pouvons pas nous taire sur le manque de liberté dans de nombreux pays, sur la persécution de nos frères et sœurs chrétiens et des minorités ethniques… Nous ne pouvons pas nous taire au sujet des projets et des lois qui entretiennent une culture de mort ou sur l’irresponsabilité de certains états dans le domaine de la protection de notre maison commune. C’est le Seigneur qui est persécuté, c’est le linge de Véronique que nous montrent les écrans de télévision ! À nos frères nous devons toutes les solidarités humaines et matérielles. Mais de manière urgente nous leur devons surtout l’annonce du Christ. »

  Devant cette urgence, quel chrétien pourrait se taire ?
Tout ce que nous pouvons dire de la Mission et du missionnaire n’est pas réservé à des vocations spéciales envoyées vers des terres lointaines.
Chacun de nous est concerné, sans exception aucune, du simple fait de son baptême.
La famille, le voisinage, les milieux professionnels, associatifs et relationnels dans lesquels nous évoluons tous, sont nos champs missionnaires.

  Voir, entendre, parler, agir, sont pour nous aussi les quatre dimensions de la mission.

 

Père Jean-Paul Soulet

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