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Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  De feu et d'eau

 

   La veillée pascale exprime et célèbre le cœur de la foi chrétienne : la Résurrection du Christ. Même si nous la célébrerons cette année au petit matin du Dimanche de Pâques.

   À la liturgie de la Parole et à la liturgie eucharistique, communes à toutes les messes, elle adjoint un rite du feu, célébré à l’extérieur, et un rite de l’eau qui culmine par les baptêmes.

   C’est dans une colonne de feu que le Seigneur marchait avec son peuple pour éclairer la nuit dans le désert à la sortie d’Égypte (Ex 13,21). C’est ce que symbolise l’avancée du cierge pascal, allumé au feu nouveau, dans l’église plongée dans l’obscurité. Le Christ, ressuscité, conduit nos vies arides et enténébrées à la pleine lumière.

   Le feu rejoint l’eau quand le célébrant plonge le cierge pascal dans l’eau au moment où il la bénit. Ainsi la colonne de feu avançait dans la mer Rouge dont les eaux se séparaient pour laisser passer le peuple de Dieu et se refermaient sur ses ennemis à sa poursuite. Ainsi le Christ, ressuscité, nous fait passer, par le baptême, dans son sillage, du mal et de la mort à la grâce et à la vie.

   Le feu féconde l’eau ; c’est ce que signifie cette plongée du cierge pascal dans l’eau qui servira aux baptêmes. Le célébrant accomplit en effet ce geste au moment où il prie le Père : «par la grâce de ton Fils, que la puissance du Saint-Esprit vienne sur cette eau.....»

   Le feu de l’Esprit-Saint féconde l’eau. Sans l’Esprit-Saint, l’eau serait stérile. Sous l’action de l’Esprit-Saint, l’eau, dans le baptême, engendre les enfants de Dieu. Sacramentellement, ils sont ensevelis dans la mort avec le Christ et ressuscitent avec lui pour la vie.

   Cette féconde complémentarité entre feu et eau est inscrite dans un mot hébreu, essentiel en théologie biblique : shalom, la paix.

Ce mot commence en effet par la consonne shin (sh) et finit par la consonne mem (m).

Or shin est la consonne du feu, qui se dit « esh » et mem est la consonne de l’eau qui se dit (au pluriel) « mayim ».

   Ainsi, pourrait-on dire, feu et eau sont liés, sont alliés, pour former la paix.

   Ces deux éléments sont pourtant opposés : le feu peut faire « disparaître » l’eau en l’évaporant, et l’eau éteint le feu. Ils sont antagonistes.

   Dans son orthographe même, la paix se définit donc comme l’alliance de deux antagonistes, feu et eau.

   « Nous sommes entrés dans le feu  et dans l’eau, mais tu nous as fait sortir au large », chante le Ps 66,12 au sujet de la Pâque au travers de la mer Rouge, qui peut s’entendre aussi bien sûr de la Pâque chrétienne.

   Tirés de leur antagonisme destructeur, le feu et l’eau s’allient pour ouvrir au baptisé le large horizon de la paix telle que la Bible l’entend : l’harmonie avec Dieu, avec soi-même, entre tous et avec toute la création.

   Plongé dans l’eau et re-né  en Christ ressuscité par le feu de l’Esprit-Saint, le chrétien est marqué au sceau de la paix.

   Il reçoit pour lui, du Christ, cette parole, la première que le Ressuscité adressa à ses apôtres:
«Paix à vous !» (Lc 24,36 et Jn 20,19.21).

   Pour réconcilier ces forces opposées qui seraient destructrices, en nous, autour de nous, dans nos familles ou nos communautés, dans l’Eglise comme dans le monde, souvenons-nous que nous sommes baptisés dans l’alliance du feu et de l’eau, pour la paix.

Père Jean-Paul Soulet



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