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Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
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Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  A nous la parole !

 

      Cette revendication se trouve dans le psaume 12,5.
Ce verset en fait veut dénoncer « ceux qui disent : « Armons notre langue ! A nous la parole ! Qui sera notre maître ? » »
Dénoncer autrement dit l’arrogance de ceux qui prétendent parler plus haut que Dieu, imposer leurs mensonges plutôt que d’écouter la justice et «mépriser le pauvre qui gémit, le malheureux que l’on dépouille»(v.6).
Ce n’est bien sûr pas en ce sens-là que nous en avons fait le titre de ce bulletin !

  «A nous la parole !», c’est souvent une revendication de la jeunesse qui a l’impression qu’on ne l’écoute pas, que si on l’écoutait les choses iraient mieux.
Une revendication qui peut s’affronter, c’est sûr, à une surdité sélective des générations plus anciennes qui n’y entendent que de l’insolence ou craignent une remise en cause de ce qui s’est toujours fait.
Ceci vaut dans notre Eglise comme dans notre société.

  Pourtant, nous avons en Eglise le principe même de toute jeunesse : le Christ Jésus !
Dans l’Exhortation apostolique publiée le 25 mars 2019 à la suite du Synode des Évêques sur les jeunes, le Pape François écrit : «Il vit, le Christ, notre espérance et il est la plus belle jeunesse de ce monde. Tout ce qu’il touche devient jeune, devient nouveau, se remplit de vie».

  Si donc nous nous laissons toucher par lui, il est notre cure permanente de jouvence. Qui n’en voudrait ?
En fait, Jésus a des paroles plutôt radicales sur la nécessaire conversion à la jeunesse, la nécessité de le laisser nous rajeunir.
Il a, par exemple, en Mt9, 16.17, une double parabole bien connue sur l’incompatibilité du vieux et du neuf. Deux images qui parlent :
    -l’une aux couturières : « personne ne met une pièce d’étoffe neuve à un vieux vêtement ; car le morceau rajouté tiré sur le vêtement, et la déchirure est pire ».
    -l’autre aux amateurs de bons vins : « on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; sinon, les outres éclatent, le vin se répand et les outres sont perdues. A vin nouveau, outre neuve ».

  Il y a donc urgence absolue, si l’on ne veut pas perdre ou gaspiller l’héritage évangélique, à ne jamais devenir vieux chiffon ou vieille outre.
Peut-être pourrait-on dire à ne jamais être chiffonné ou outré par des jeunes. En tout cas, toujours permettre à Jésus, par sa grâce pascale, source éternelle de jeunesse et de nouveauté, de nous reprendre de tout vieillissement et raidissement.

  C’est une question d’amour ! Si Dieu est jeune, ce n’est pas parce qu’il est hors d’âge, hors du temps, éternel. Si Dieu est jeune, c’est parce qu’il est l’amour.
Et c’est son amour, quand il nous touche, qui nous fait devenir jeunes, qui nous ressuscite en jeunesse.

  Il nous arrive parfois de dire (ou de penser) de quelqu’un qu’il a pris un (sacré) coup de vieux.
Rarement de constater qu’il a pris un coup de jeune. Ou alors oui, quand quelqu’un se montre plus fringant qu’à l’accoutumée, nous pensons qu’il est amoureux.
Preuve que c’est l’amour seul qui peut rajeunir. Et quand il s’agit de l’amour de Dieu, il peut nous ressusciter !

  Il ne s’agit pas de remonter l’inéluctable cours du temps, de revenir à nos vingt ans, mais, quelle que soit l’étape de vie où nous nous trouvons, de laisser Dieu nous ouvrir une perspective d’avenir dans le sens du don de nous-mêmes.
Jusqu’au bout nous pouvons être offerts.

  Car ce qui peut caractériser l’amour et la jeunesse, c’est bien de voir un avenir et de l’accomplir dans le don de soi.
C’est recroquevillé qu’on est vieux et déployé qu’on est jeune, quel que soit l’âge légal.
Si Dieu est éternellement jeune, c’est parce qu’il est l’amour en expansion permanente.
C’est son amour qu’il faut laisser s’épancher en nous pour garder ou retrouver la vraie jeunesse.


  En demandant à des plus jeunes de prendre la parole dans ce bulletin, nous voulions leur demander comment, jeunes et chrétiens, ils s’engagent dans un avenir que le présent que nous connaissons aurait tendance à rétrécir.
Leur réponse a pu être timide. Mais nous faisons confiance à leur grâce propre et nous les encourageons avec les mots par lesquels le Pape conclut son Exhortation aux jeunes :
«Courez, attirés par ce Visage tant aimé, que nous adorons dans la sainte Eucharistie et que nous re-connaissons dans la chair de notre frère qui souffre. Que l’Esprit Saint vous pousse dans cette course en avant. L’Eglise a besoin de votre élan, de vos intuitions, de votre foi. Nous en avons besoin ! Et quand vous arriverez là où nous ne sommes pas encore arrivés, ayez la patience de nous attendre. »


Père Jean- Paul Soulet



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