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Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
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Mieux connaitre pour mieux aimer
 

Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  Present !


Depuis 1926, depuis bientôt 100 ans, l'Eglise célèbre chaque avant-dernier dimanche du mois d'octobre, le dimanche de la mission universelle. Il est précédé d'une pleine semaine dédiée à la mission dans le monde entier, par l'information sur ce que vivent les chrétiens des 5 continents, la prière et le partage grâce à une collecte générale équitablement redistribuée dans les diverses églises particulières.
Le mois d'octobre est aussi, nous le savons bien, le mois du Rosaire.
La coïncidence en ce mois d'octobre de la mission et du Rosaire n'est pas fortuite.
La prière du chapelet est éminemment missionnaire : elle s'enracine dans l'Évangile par la méditation des 20 mystères de la vie de Jésus et elle porte devant Dieu les multiples besoins et attentes de tous nos frères humains.
Et la Vierge Marie, qui porte par sa Visitation la joie de l'Évangile chez Elisabeth, est le modèle de tout missionnaire.
Mais de plus, mission et Rosaire sont liés dans le charisme d'une femme, prochainement béatifiée : Pauline Jaricot. Au XIXe siècle, à Lyon, cette femme a été à l'origine de l'Oeuvre de la Propagation de la Foi mais aussi du « Rosaire vivant », ancêtre des Equipes du Rosaire telles que nous les connaissons aujourd'hui (cf p. ).
J'aurai l'occasion de présenter la figure si riche mais méconnue de Pauline Jaricot, lors d'une journée spirituelle à la Maison diocésaine le samedi 10 avril 2021.

Chaque année, le Dimanche et la Semaine des Missions ont un thème.
Cette année, il est tiré d'un verset du livre du prophète Isaie : « Me voici, envoie-moi ! » (Is 6,8).
Et ce thème est illustré, comme nous l'avons reproduit en couverture de ce bulletin, par un visage, tourné vers le haut, vers ce qui se donne à voir, sur fond rouge.
• C'est que le chapitre 6 du livre d'Isaïe raconte la vocation missionnaire du prophète, reçue lors d'une vision du Seigneur qu'il eut dans le Temple de Jérusalem.
Le Très-Haut (d'où le regard orienté) se donna à voir dans une nuée de gloire (d'où la couleur feu).
Toute mission commence par une révélation, une rencontre avec le Seigneur qui envoie. Car comment témoigner de Celui que l'on ne connaîtrait pas ? Il faut pouvoir dire avec saint Paul : « je sais en qui j'ai mis ma foi » (2Tm1,12).
Il nous faut donc tout d'abord rechercher, cultiver, enraciner la relation au Christ.
• Devant une telle vision qui ébranlait le Temple, le prophète Isaie commence par ressentir l'effroi dû à sa condition de pécheur, incapable de soutenir la présence de Dieu.
La même réaction que Simon-Pierre devant Jésus après la pêche miraculeuse : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur » (Lc5,8).
•Mais un ange descendra du trône de Dieu pour purifier Isaïe de son péché.
Nul n'est digne ni à la hauteur de la mission confiée par Dieu, mais Dieu pourvoit.
Face à la légitime conscience de notre péché et la mise en avant de notre incapacité, réelle ou prétextée, il faut s'abandonner à la miséricorde et à la volonté de Dieu qui « donne ce qu'il ordonne » (saint Augustin).
• La voix du Seigneur se fait alors entendre à Isaïe : « Qui enverrai-je ? Qui donc ira pour nous ?»
Dieu aurait pu manifester sa gloire sur tout Jérusalem ou dans tout Israël pour rappeler à Lui son Peuple égaré.
Mais non : il réserve sa vision à ce prophète Isaie, à l'intérieur du Temple. Car Il veut avoir besoin de lui pour porter sa Parole à tous.
Mystérieuse disposition ? Amoureuse disposition, car l'Amour veut avoir besoin, a irrépressiblement besoin de se confier, de s'en remettre à l'être aimé. C'est par amour que Dieu a besoin de nous, de chacun de nous.
Si quelqu'un se considérait en marge de l'appel missionnaire, pensait que la mission ne concerne que d'autres, des "spécialistes", cela voudrait dire qu'il n'est pas aimé de Dieu, oublié par Lui. Grave offense faite à Dieu dont l'Amour est universel et ne souffre pas de lacune.
• Alors Isaïe répond : « Me voici, envoie-moi ! »
Comment ne pas offrir sa disponibilité, ne pas répondre présent, quand un tel Amour vous réclame ?
Il ne faut pas craindre cette mise à disposition : Dieu ne demande jamais l'impossible, ou alors Il le rend possible. Il ne demande pas plus que nous avons reçu et pouvons donner.
« Me voici », c'est la parole naturelle de tout baptisé.
Parce que c'est la parole du Christ venant se joindre à notre humanité : « Me voici,….. je suis venu, ô Père, pour faire ta volonté » (He10,7).
C'est donc, dans son sillage, la parole de chaque disciple du Christ, à commencer par la première, sa Mère: « Voici la servante du Seigneur»
(Lc1,38).
« Envoie-moi », ce n'est pas forcément au bout du monde. Pour Marie ce fut d'abord en famille chez sa cousine. Et cette simple visite, cette mise à disposition jusqu'au terme de sa grossesse, fut pour Elisabeth et les siens source de joie et accueil de Jésus Seigneur.
La mission commence au plus près avant de s'étendre aux terres lointaines.
Le premier pas coûte et compte le plus : se laisser tirer de soi par l'amour de Dieu pour en témoigner.


Le pape François écrivait : « Celui qui aime se met en mouvement, il est poussé en dehors de lui-même, il est attiré et attire, il se donne à l'autre et tisse des relations qui engendrent la vie. »
La mission, c'est pour la vie !

Père Jean-Paul Soulet

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