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Se laisser enseigner

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Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
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Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  Je n'oublierai personne

Cette parole de Sainte Bernadette , en forme de promesse, motive notre confiance en son intercession auprès de Notre-Dame et du Seigneur. Dès le temps des apparitions en 1858, beaucoup à Lourdes déjà s’en remettaient à elle pour présenter à Dieu par Marie leurs besoins et leurs souffrances. Gageons qu’il en sera de même chez nous à l’occasion du passage de ses reliques en ce mois de février.



Cette confiance, Bernadette l’a toujours inspirée, par sa simplicité et son humilité. Elle n’a jamais rien recherché pour elle-même dans ces apparitions. Son humilité est le gage de l’authenticité du message qu’elle a transmis. Elle avait et elle donnait la certitude d’être dans la vérité. « C’est simple ! Je dis la vérité, ils disent des mensonges », s’exclamait-elle à propos des interrogatoires qu’elle devait subir. Bernadette : une précieuse parole de vérité sertie dans l’humilité. C’est dommage que ce reliquaire ne contienne pas sa langue !

La langue de Bernadette ! Une langue de bénédiction qui a beaucoup à nous dire, à nous apprendre. Une langue qui parlait le patois bigourdan, patois que lui parlait la Belle Dame de la grotte de Massabielle qui un jour lui révéla ainsi son nom : « Que soy era Immaculada Councepciou ».
Une langue au parler aussi vrai que nature que l’on essaiera vainement de contredire, de piéger, de faire trébucher ou mentir. La vérité c’est sa force et c’est la grâce de son humilité.

Une langue à laquelle la Sainte Vierge elle-même a appris les mots de la prière. Jésus les avait appris à ses Apôtres, Marie les a appris à cette enfant dont elle a fait sa disciple. Quels mots Bernadette a-t-elle appris à l’école de prière de Marie ? Les mots que l’Evangile nous rapporte de Marie ; ils sont rares, mais si denses : Fiat, Magnificat, « Faites tout ce qu’il vous dira ».

Des mots de bénédiction et d’obéissance. L’obéissance pour Bernadette, ça n’a pas été que des mots, mais l’attitude de toute sa vie. L’obéissance, Bernadette l’a apprise au fond de la grotte lorsque Marie lui a demandé de gratter la terre pour en faire surgir une source, contre toute apparence. L’obéissance, elle l’a apprise là au prix de la moquerie, du discrédit, au prix de la Croix. Mais l’obéissance, Bernadette en a appris, là aussi, la fécondité : la source a coulé, elle coule toujours, et elle guérit.

La langue de Bernadette, une langue qui a témoigné : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire ». La fameuse réplique de Bernadette définit bien sa mission de témoin. Voir, entendre et dire, dire et faire, être tout simplement. Si l’Eglise a pu si rapidement certifier l’authenticité des apparitions à Bernadette et du message transmis, c’est à cause de l’authenticité de la messagère, de la parfaite adéquation entre l’Evangile, le message et la vie de Bernadette.

Parce que sa langue est de bénédiction, toute sa vie est langage, de vérité, de simplicité, d’amour.
La langue de Bernadette s’est faite le pur écho de la parole transmise par Marie.
La vie de Bernadette a été toute transparence à la lumière reçue de Marie.
Quand la lune paraît, la lumière qu’elle rayonne n’est pas d’elle, mais du soleil lui-même ; de même, quand Marie apparaît, la lumière qui emplit le rocher de Massabielle ne vient pas d’elle mais de Dieu. Marie est revêtue de la splendeur de Dieu.

À contempler Marie rayonnant de la gloire divine de son Fils, Bernadette a été impressionnée comme la lumière impressionne la pellicule photographique et celle qu’elle a vue a imprimé sa marque évangélique sur toute sa vie et l’a inspirée.

Un souffle de vent léger a été ainsi pour Bernadette le 1er signe, au matin du 11 février 1858, qui lui a fait tourner les yeux vers le creux du rocher de Massabielle, le 1er appel à la rencontre. Instinctivement, le 1er geste qu’elle a voulu faire, qu’elle n’a pu faire seule, qu’elle a pu faire seulement quand la Dame l’y a aidée, c’est le signe de sa foi, le signe trinitaire de la Croix, la signature du Dieu de Jésus-Christ. C’est bien lui qui est là où Marie est.

Et la supplique de la Vierge Marie à Bernadette, l’appel à la pénitence, à prier, à offrir pour les pécheurs, c’est l’écho de la supplique de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez… » (Mt 11, 28). Pécheurs, revenez à moi qui suis venu pour vous, pour les malades et non les bien-portants. C’est à cette démarche de conversion que Marie appelait en demandant à Bernadette qu’on vienne à la grotte en procession.

Être malade, à la peine, Bernadette savait ce que c’était, et elle ne s’en est pas évadée. Le 18 février 1858, Marie lui dit : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais en l’autre ». Cet autre monde, le Royaume de Dieu, elle y a goûté par anticipation à la grotte : c’est « son Ciel ». Dieu la prépare par là avec Marie à affronter sa vie et les aridités de sa mission, sa souffrance, la Croix. Après le 16 juillet 1858 et la dernière apparition de Marie, Bernadette retrouve le régime ordinaire de la foi seule et va devoir affronter successivement l’humiliation de la part de ceux qui ne la croient pas, la lourdeur de ceux qui y croient trop maladroitement, puis un choix de vie à faire, et enfin, ayant choisi la vie religieuse à Nevers, le patient exercice du seul office qu’elle ait pu remplir : être malade.

Mais jamais la grâce de force reçue durant ces 5 mois où, en 18 apparitions, Notre-Dame faisait son éducation humaine et spirituelle, ne lui a fait défaut. La grâce de la grotte a transfiguré toute sa vie, jusque dans les moments où les souffrances physiques ou morales auraient pu la défigurer.
N’est-ce pas là ce que, malades et pécheurs, nous allons puiser à Lourdes lorsque nous nous y faisons pèlerins, ou lorsque nous viendrons prier auprès de ses reliques ? La grâce de force qui a fait de la fragile Bernadette cette petite sœur universelle de tous les souffrants qui veulent garder l’espérance, parce qu’ils savent qu’elle ne les oubliera pas !


+ Père Jean-Paul Soulet

 


 

 

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