Accueil > Les paroisses catholiques > Se laisser enseignerÉditos du Curé-Archiprêtre > Besoin de Dieu ?

Se laisser enseigner

Contact
Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
06 23 73 49 78 Contact

 

Mieux connaitre pour mieux aimer
 

Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  Besoin de Dieu ?


Nous sommes au jour des Rameaux.
Jésus et ses disciples approchent de Jérusalem. Ils arrivent à un village voisin, sur les pentes du mont des Oliviers. Jésus y envoie deux disciples réquisitionner une ânesse et son petit. Avec la consigne suivante : « si l’on vous dit quelque chose, répondez “Le Seigneur en a besoin” ».
Le Seigneur en a besoin. Il s’agit là du besoin d’une monture pour entrer à Jérusalem. Une entrée qui va devenir triomphale. Dans la foule, la plupart étendent leur manteau sur le chemin ; d’autres coupent des branches aux arbres et en jonchent la route. C’est ce que nous évoquons le Dimanche des Rameaux, en entrant dans la Semaine Sainte.
Mais l’enthousiasme de ce jour va rapidement tourner à la vindicte et quelques jours après, Jésus sortira de Jérusalem sous les huées de la même foule qui accompagnera son chemin vers la croix. Ce chemin que la procession de la Sanch déroule dans les rues de Perpignan chaque Vendredi-Saint.
Sur ce chemin, le Seigneur a eu besoin d’un secours humain, affaibli qu’il était par les tortures qui lui avaient été infligées. Et les soldats romains vont réquisitionner Simon de Cyrène pour l’aider à porter sa croix.
Mais la croix ne sera pas le bout du chemin de Jésus. Le point d’orgue de la Semaine Sainte, c’est Pâques. Le Seigneur est ressuscité ! Le Crucifié, mis au tombeau, se donne à voir, bel et bien vivant, définitivement vivant. À ses apôtres, entre autres. Ainsi un petit matin, sur le rivage du lac de Tibériade, d’où il les avait appelés à le suivre. Ils sont revenus à leur métier de pêcheurs, comme si tout était fini pour eux comme pour leur Maître.
Las ! La pêche est vaine, les filets sont vides. Jésus, survenu sur la rive, les invite à recommencer. Et sur son ordre la pêche est fructueuse, les filets sont pleins à craquer.
Jésus a disposé un feu de braise, mais pour nourrir ces hommes, il a aussi besoin de leur pêche : « Apportez de ces poissons que vous venez de prendre », leur dit-il.
Sans doute les sentiments de ces disciples étaient-ils partagés : incompréhension mais joie de retrouver Jésus, vivant ! Mais crainte de ce qu’il aurait pu sévèrement leur reprocher. Reniement, fuite : ni Pierre ni les autres ne pouvaient avoir la conscience tranquille.
Cependant Jésus ne règle aucun compte. Il a lui-même tout payé sur la croix du péché des hommes par le pardon divin : « Père, pardonne-leur… »
Et après avoir invité Pierre à lui redire l’attachement d’amour qu’il a envers lui, Jésus lui renouvelle sa confiance comme pasteur de son troupeau, de son Eglise.
Il ne le rejette pas, mais il manifeste le besoin qu’il a de lui en l’invitant à venir à sa suite : « Toi, suis-moi ! »
Ces trois mots que Jésus adresse à Pierre sont les derniers que Jésus prononce dans l’évangile selon saint Jean et donc dans l’ensemble des quatre évangiles. L’Evangile s’achève ainsi sur des paroles de Jésus qui sont un appel à le suivre, l’expression de ce besoin que Jésus a de la collaboration humaine, de Pierre ici et plus largement de tout homme.
Quiconque referme l’Evangile s’entend ainsi appeler à poursuivre sa route dans le sillage que Jésus a tracé au long de ces pages, au long de sa vie : « Toi, suis-moi ».
C’est là l’appel d’un ami. Comme elle est belle et émouvante, cette icône copte du VIIIème siècle qui orne la page de couverture de notre bulletin et en illustre le titre. C’est l’icône de l’amitié entre Jésus et celui qu’il appelle, ici l’abbé Ména, abbé du monastère de Baouit en Moyenne Egypte.
La main de Jésus posée sur l’épaule de l’abbé évoque deux des paroles de Jésus : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples » et « Je ne vous appelle plus serviteurs,… je vous appelle amis ».
Suivre Jésus, c’est accepter son amitié, accepter qu’il pose la main sur nous et nous consacre à son service. Il a besoin de nous et que serions-nous, où irions-nous, sans lui ?
En accueillant chez nous l’icône de Notre-Dame des Vocations qui va pérégriner dans notre communauté de paroisses durant ces trois semaines d’avril, c’est Jésus que nous accueillerons chez nous, par Marie. C’est Jésus que nous accueillerons en nous, avec crainte peut-être comme Pierre, mais pour redécouvrir la confiance qu’il nous fait parce qu’il veut toujours avoir besoin de nous : « Toi, suis-moi ».
Que nous soyons déjà bien engagés sur la voie de notre vocation personnelle ou que nous ayons encore à la chercher, pour les plus jeunes en particulier.
Et comme le Seigneur nous le demande, nous prierons le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson.
Prêtres et diacres, religieux et consacrés, époux et parents, célibataires, veufs, esseulés, pas un d’entre nous dont le Seigneur n’ait besoin dans les divers champs de la mission.
Jésus a eu besoin d’une ânesse et de son petit pour entrer à Jérusalem, d’un secours pour porter sa croix, des poissons de ses Apôtres pour leur donner à déjeuner, de Pierre pour conduire son Eglise. Besoin ! Ainsi est l’amour, surtout s’il est Dieu : il ne s’auto-suffit pas. Il se donne et veut recevoir.
L’appel de Dieu est l’expression de son besoin d’aimer, de combler par son amour et d’être aimé à son tour.
Trouvera-t-il réponse ? Sera-t-il assez ardent en nous, notre besoin de Dieu ?



+ Père Jean-Paul Soulet

 


 

 

Vous aimerez aussi ...