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Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  Veiller dans l'attente


 1er dimanche de l'Avent: Evangile Mc13,33-37

Nous sommes en Avent.
Les moins avertis d'entre nous l'écriraient : avant, puisque c'est la période avant Noël.
Une période élastique, qui s'allonge ou se raccourcit. Si Noël tombe un dimanche, l'Avent commence le 27 novembre et s'étend sur 4 semaines pleines, soit 28 jours : l'Avent le plus long. Si Noël tombe un lundi, l'Avent commence le 3 décembre et la 4eme semaine se limite au dimanche 24 : l'Avent le plus court ne compte que 22 jours.
Vous me suivez ? Et cette année, Noël tombe un vendredi. Alors, calculez !
Pour comprendre l'Avent, il faut donc déjà être bon en calcul. Mais aussi en orthographe : puisque c'est la période avant Noël pourquoi écrit-on Avent ?
On pourrait dire que c'est comme aventure. Oui, il y a un peu de ça : l'aventure de Dieu avec les hommes, qui commence avec la naissance de Jésus à Noël. Et quelle aventure : les Évangiles la racontent avec bien des péripéties.
Mais c'est plutôt Avent comme avènement, du latin adventus. Ce mot évoque l'entrée triomphale d'un grand personnage : un général victorieux dans une ville ou l'Empereur dans sa capitale. Un tel avènement était un événement pour toute la population qui l'attendait et s'y préparait avec joie et fébrilité.
Pour nous, l'avènement c'est celui de Dieu en notre humanité. Dieu vient nous visiter, il entre chez nous, il demeure parmi nous, il se fixe en humanité. Dieu fait homme en Jésus, quel événement que nous fêtons à Noël !
Attendre, préparer avec joie et un désir fébrile la célébration de cet événement, voilà pour nous le sens de ce temps de l'Avent, comme pour les populations antiques à l'arrivée d'un personnage.
Cette attente impatiente de Celui qui vient est rythmée par exemple, par le calendrier de l'Avent. C'est un compte à rebours où se dévoile, jour par jour, un des éléments du mystère de Noël ou des santons de la crèche, jusqu'à l'apparition de l'Enfant Jésus au jour J.
Autre tradition qui entretient l'attente : la couronne de l'Avent. 4 bougies successivement allumées chaque dimanche de l'Avent, marquent la progression, la montée vers Noël et la pleine lumière du Christ.

Dans ce bulletin de l'Avent, nous avons voulu aussi imprimer à chacun des 4 premiers articles le thème dominant de chacun des 4 dimanches de l'Avent, pour vous permettre ainsi, que nous soyons encore confinés ou plus, d'avancer de semaine en semaine au pas de la liturgie.

Ce 1er article nous renvoie donc à l'Évangile du 1er dimanche de l'Avent (Marc13, 33-37).
Jésus nous invite à veiller dans l'attente. Il use d'une parabole : un portier qui attend le retour imprévisible du patron ; il n'a pas intérêt à s'assoupir ! Peut-être aujourd'hui Jésus aurait-il donné une parabole proche de Noël : l'enfant qui attend le passage du Père Noël et de ses cadeaux. Il tente, tant bien que mal, de ne pas s'endormir cette nuit- là.
Un cadeau de Dieu ! Toute la Bible, dans sa 1ere partie, l'Ancien Testament, parle de la longue attente de ce cadeau de Dieu : le Messie. Pendant des générations et des siècles, le Peuple hébreu l'a attendu. Et avec quelle urgence, aux heures les plus sombres de son histoire.
Un Messie qui l'aurait sauvé, politiquement, militairement, existentiellement.
Et quand Jésus s'est présenté, comme étant ce cadeau de Dieu, il n'a correspondu en rien à l'attente de son Peuple. S'il a été reconnu roi, c'est par dérision de Ponce Pilate, sur la Croix : « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs» fit-il inscrire sur la Croix, comme signature d'un pitoyable échec.
Donc, s'il faut veiller dans l'attente, il faut veiller à ne pas se tromper d'attente.
Aujourd'hui aussi nous attendrions bien un Messie : qui nous délivre de cette pandémie, qui combatte le terrorisme, qui relève notre économie, qui nous fasse gagner à tous les coups et sur tous les tableaux.
Il ne faut pas se tromper d'attente ! Le patron du portier dans la parabole, vient on ne sait quand. Dieu vient on ne sait comment. Ni par magie, ni sur commande.
En fait, on sait comment il vient : par le plus petit. À Noël, par un enfant.
Un jour, au milieu de ses disciples qui se chamaillaient pour savoir qui était le plus grand, Jésus plaça un petit, un enfant. Le petit, voilà le plus grand. (Mt18, 1-4).
Si nous voulons attendre quelque chose de Noël, au moins comprendre son sens, il nous faudrait veiller, oui, veiller à la place de l'enfant au milieu de nous, dans notre société.
Sans fuir la question en ne répondant que par la liste des gâteries que nous lui réservons. Cela n'est rien. D'ailleurs souvent il préfère jouer avec l'emballage.
Non. La place de l'enfant comme être humain en voie de développement : quelle terre, quel avenir lui préparons-nous ?
La place de l'enfant comme être humain à part entière, et dès sa conception : quels droits lui accordons-nous ? Le droit de vivre ? Aurait-il moins de droits qu'un animal? Ne serait-il pas plus qu'un objet dont on peut faire ce qu'on veut ou se défaire comme on veut ? Ne serait-il rien par lui-même, au-delà des désirs des adultes ?
En Avent, veillons donc à ne pas nous tromper d'attente. Dieu ne vient pas dans un santon de terre que nous contemplerons avec nostalgie. Dieu vient en pleine chair, là où l'humanité peut être atteinte, rejointe, blessée. Il en est le Sauveur !
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Pour mieux connaître le sens de l'Avent et de Noël, on pourra lire avec profit le petit livre de Patrice Gourrier
Marana Tha "Viens, Seigneur!" chez Desclée de Brouwer

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