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Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
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Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  Quelques réflexions sur la confession

« On lui donnerait le Bon Dieu sans confession !  »
Lorsqu’on dit cela de quelqu’un, c’est qu’il a l’air tout innocent… mais qu’il l’est peut-être un peu moins qu’il n’y paraît.



« On lui donnerait le Bon Dieu sans confession !  »
Lorsqu’on dit cela de quelqu’un, c’est qu’il a l’air tout innocent… mais qu’il l’est peut-être un peu moins qu’il n’y paraît.

« On leur donne le Bon Dieu sans confession !  »
C’est ce que disent bien des prêtres, dont votre Curé, en voyant beaucoup de leurs ouailles venir communier –et c’est heureux, de désirer recevoir le Pain de Vie ! – mais sans comprendre la nécessité de se confesser.

Ce n’est sûrement pas par manque de disponibilité des prêtres, car ils passent plus de temps, aux permanences hebdomadaires, à attendre les pénitents qu’à les confesser. Alors, pourquoi ? Je me pose sérieusement la question, car la désaffection de ce sacrement de réconciliation n’est pas un bon signe de santé spirituelle, autrement dit de sainteté.

1-  Certes, vivre le pardon n’est jamais facile. Pour demander  le  pardon,  on peut avoir le sentiment que reconnaître sa faute est une faiblesse dangereuse, alors qu’il n’y a pas de force plus libératrice que celle de la vérité humblement reconnue. Donner le pardon, on peut le ressentir comme impossible parce qu’on ne peut pas oublier, alors que le pardon est un baume pacifiant sur des blessures même encore vives. Demander, donner, vivre le pardon, ce n’est jamais facile, non, mais le recevoir c’est trouver la force de le donner.

2-  Autre difficulté, celle de reconnaître son péché, la perte du sens du péché qui va de pair avec l’attiédissement de la foi. Les plus grands saints sont toujours les plus sensibles aux atteintes du péché. Quand on aime, on est infiniment sensible aux atteintes à la relation d’amour. Quand on devient indifférent, on voit moins en quoi on a pu atteindre l’être aimé. Le péché, c’est un manquement effectif  et  délibéré  à  l’unique commandement : celui de l’amour de Dieu, du prochain et de soi-même. « Tu aimeras ton Dieu… tu aimeras ton prochain comme toi-même  » (Mt 22, 37-39). Quand l’amour se refroidit, le sens du péché se dilue. Quand on se détourne de la source de l’amour, on ne voit plus en quoi on peut être entaché par le péché, et on se détache du sacrement qui le pardonne.

3-  Et on ne voit plus ce qu’on pourrait  dire  au  prêtre  si l’on se confessait. Certes, on n’a sans doute ni tué ni volé, mais le filet de la confession a les mailles fines et ne prend pas que les gros poissons. Quand l’amour est en jeu, rien n’est petit. Et sans tomber dans le scrupule, l’amour est délicat. Si l’on ne sait pas quoi dire en confession, on peut commencer par reconnaître que l’on manque de délicatesse dans l’amour dû à Dieu et aux autres comme à soi. Les célébrations pénitentielles communautaires nous proposent un examen de conscience fondé sur la Parole de Dieu, qui peut nous révéler où se situe notre péché, en des domaines de notre vie où peut-être nous ne le verrions pas. Ainsi cette pratique nous aide et nous renouvelle dans la célébration personnelle du sacrement de réconciliation.

4-  Personnelle ! C’est là que le bât blesse ! Nous nous satisferions à bon compte d’une absolution collective, qui n’est ni pédagogique ni stimulante dans le progrès spirituel que sert la confession : le sens de la responsabilité personnelle se dilue dans le collectif. La célébration pénitentielle est communautaire : c’est en Eglise qu’ensemble nous nous reconnaissons pécheurs devant Dieu, car notre péché personnel atteint aussi la communauté ecclésiale et notre propre réconciliation en restaure l’unité. Mais l’absolution doit rester personnelle. La relation de Dieu avec nous n’est pas une relation de masse à des anonymes, mais la relation d’un Pasteur qui connaît par son nom chacune de ses brebis (Jn 10,3), d’un Père qui aime chacun de ses enfants d’un amour unique (cf la parabole  du  Père  prodigue en amour, Lc 15, 11-32). C’est par son nom que chacun est pardonné, pour le bien de tous.

5-  Le gros problème, bien sûr, c’est l’aveu personnel de son péché, devant un homme, fût-il prêtre, ce qui n’est pas facile. Mais le prêtre est là en mission, au nom de l’Eglise, envoyé par le Christ, ministre de la réconciliation pour donner le pardon que Dieu seul peut donner. Le pardon, on ne se le donne pas à soi-même mais on le reçoit comme un don, un don de Dieu par l’Eglise. La médiation de l’Eglise est indispensable. C’est le principe de l’Incarnation : Dieu veut faire avec l’homme, veut avoir besoin de l’homme ; Il s’est fait homme en Jésus et Jésus veut en tout et toujours s’associer l’Eglise dans sa mission, particulièrement dans cette mission de réconciliation : « Recevez l’Esprit-Saint – dit Jésus ressuscité à ses disciples le soir de Pâques – ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus  » (Jn 20, 19-23). Lorsque le prêtre donne le pardon, il objective le pardon : c’est fait ; donné c’est donné ; il n’y a plus à revenir sur le péché passé. En cela le sacrement est libérateur, en particulier des scrupules et des remords.

6-  Mais certains se découragent, car de confession en confession ils se voient retomber toujours dans les mêmes péchés. Il y a certains médicaments que nous devons prendre à vie pour empêcher une maladie latente de prendre le dessus. Le sacrement de réconciliation est comme ces médicaments-là : si l’on s’en dispense on peut laisser insidieusement le mal prendre le dessus. C’est un antidote contre l’usure ou l’habitude du péché, sa banalisation. Et il peut opérer un mieux notable, de vraies et durables guérisons, conversions. S’en passer est toujours risqué. C’est se priver d’une chance, d’un secours, d’une grâce divine. Jésus n’est « pas venu appeler les justes, mais les pécheurs, au repentir  » (Lc 5, 32) : ce sacrement réalise aujourd’hui encore la mission du Christ, par l’Eglise.

7-  Quant au prêtre qui vous reçoit, rassurez-vous : vous pouvez avancer vers lui sans honte ni peur d’être jugés, car il est comme vous, pécheur plus que vous sans doute, et plus que vous sans doute il a bien besoin de recourir à la confession, et y va avec les mêmes sentiments que vous. Et si vous le fréquentez au long des jours, dites-vous bien qu’il y a une grâce d’oubli de ce que vous lui confiez et qu’il ne vous voit pas comme celui ou celle qui a fait ceci ou cela, mais comme un disciple du Christ qui, comme lui prêtre, a bien besoin de la miséricorde de son Seigneur dans laquelle seule est notre espérance. Sachez enfin qu’ainsi vous lui permettez d’exercer ce qu’il peut y avoir de plus éminent dans son ministère : il est ministre de Jésus-Christ et Jésus a donné sa vie pour la réconciliation des hommes avec Dieu, avec eux-mêmes et entre eux. Donc le prêtre partage avec Dieu « la joie qu’il y a dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent  » (Lc 15, 7). Alors, ne privez de cette joie ni vos prêtres ni votre Dieu.

8-  Ainsi donc mes Frères, même s’il est important et nécessaire de demander pardon dans le secret de son cœur, seul à seul avec Dieu, et quotidiennement puisque même le juste, dit-on, pèche sept fois par jour, même si le rite pénitentiel de la messe et d’autres pratiques pénitentielles, vécus en conscience et vérité, apportent ce pardon divin pour les fautes quotidiennes, le sacrement de pénitence-réconciliation est le sceau du pardon offert par Dieu. De surcroît, le dialogue avec le prêtre peut aider à continuer la route avec confiance et prudence. N’hésitez donc plus, et vous savourerez la paix qu’il y a à recevoir le Bon Dieu… avec confession !


+ Père Jean-Paul Soulet

 

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