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Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
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Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  Il y a pierres et pierres

Certes, Jésus nous invite à relativiser notre attachement aux constructions humaines, même les plus belles, fussent-elles élevées à la gloire de Dieu.


À l’un de ses disciples qui l’invitait à admirer le Temple de Jérusalem :
« Maître, regarde : quelles pierres, quelles constructions ! », Jésus répondit :
« Tu vois ces grandes constructions ! Il ne restera pas pierre sur pierre ; tout sera détruit. » (Mc 13, 1-2)
Ce qui se réalisa quarante ans plus tard, le 29 août de l’an 70, lorsque le Temple fut incendié par les légions romaines de Titus qui avaient investi Jérusalem quelques mois auparavant.

Et l’incendie, accidentel celui-là, de la cathédrale Notre-Dame de Paris, au tout début de la Semaine Sainte, a mis d’actualité la fragilité d’édifices séculaires que l’on croirait éternels.
Et pourtant ce numéro d’été du bulletin de notre Communauté de paroisses du Centre-Ville de Perpignan vous invite, autochtones ou touristes, à (re)découvrir la cathédrale et les églises historiques qui constituent un riche patrimoine cultuel et culturel.

La parole prophétique de Jésus sur le Temple de Jérusalem, confirmée par les événements historiques, comme la destruction partielle de Notre-Dame de Paris et d’autres édifices civils ou religieux avant elle, nous font mesurer la fragilité de ces monuments, pourtant si massifs d’apparence. Et donc nous les font apparaître encore plus précieux. Ce qui est fragile et délicat, et peut si brutalement disparaître à jamais alors qu’il a fallu des décennies pour l’élever, prend encore plus de prix.

Précieux aussi ces monuments parce que, à l’échelle de notre vie humaine – et c’était encore plus vrai pour ceux qui ont contribué à les construire, dont l’espérance de vie était bien moindre – ils assurent une forme de pérennité, de stabilité, d’inaltérabilité. Aussi quand ils sont altérés, nous sommes rappelés à la finitude de toutes choses comme de nous-mêmes, et atteints dans notre désir de vaincre le temps qui passe, use et détruit.

D’où, pour une part, les immédiates et innombrables réactions à l’incendie  de Notre-Dame et les multiples engagements pour reconstruire.

Les croyants – comme l’étaient ceux qui ont contribué à élever nos églises et cathédrales – voient bien sûr plus haut et plus loin. Pour eux – pour nous – le désir d’infini et d’éternité qui est au cœur de l’homme vient de Celui-là seul qui peut le combler en même temps qu’il le suscite : Dieu.

Ces architectures qui élèvent le cœur autant que le regard, ces clochers qui sont comme des doigts pointés vers le ciel, sont là pour montrer Celui qui est aux cieux. Vous connaissez le proverbe chinois : « Quand le sage montre le ciel,…  »

Il nous faut donc faire montre d’intelligence, l’intelligence du sens de nos églises. Elles sont comme des livres, et même des livres d’images, écrits dans la langue de la foi.

Même si nous ne la partageons pas, cette foi, et a fortiori si nous la partageons, il nous faut l’apprendre, cette langue, pour comprendre le sens de ce que nous découvrons, de ce que nous voyons peut-être si souvent que nous n’y prêtons pas attention.

Ce bulletin vous invite donc à une visite renouvelée de la cathédrale Saint- Jean-Baptiste, de nos églises paroissiales Saint-Jacques, Saint-Matthieu et Notre-Dame la Réal.

Mais il y a une autre église dans notre Communauté de paroisses. Dédiée à sainte Thérèse, elle est modestement enfouie, dans son quartier aux pieds des remparts de la Citadelle, comme l’était sa sainte patronne dans son Carmel de Lisieux. C’est une jeunette dont l’âge ne se compte qu’en décennies, à côté de ses aînées plusieurs fois centenaires. Elle n’a pas de clocher qui se dresse fièrement vers le ciel. Son architecture n’est ni romane ni gothique, et elle n’a aucun retable baroque.
Elle nous rappelle par là qu’une église, qu’elle soit altière ou modeste, n’est jamais qu’un écrin. Et que la précieuse perle qu’elle est faite pour contenir, c’est la communauté qui s’y rassemble, célèbre son Seigneur et l’y rend présent.

Si Jésus a si brutalement arraché ses disciples à la contemplation de la splendeur architecturale du Temple de Jérusalem, c’est parce que le seul Temple éternellement pérenne, ayant déjà franchi la mort, c’est le Corps même du Christ Ressuscité que l’Eglise constitue en ses diverses communautés.

Admirons donc les belles pierres de nos églises et leur agencement, et engageons-nous à être des pierres vivantes de nos communautés d’Eglise. C’est elle, l’Eglise, qui porte les paroles de vie éternelle de son Seigneur.


+ Père Jean-Paul Soulet

 

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