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Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
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Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  Du désert au jardin

Elle est extraordinaire, la capacité de la vie à renaître, à resurgir là où on n’y croyait plus !

Un désert : on le croirait minéral et stérile. Que l’on creuse un puits, que l’on trouve une source, et l’eau permet le miracle de la vie : la végétation repart, et c’est l’exubérance d’une oasis : un jardin.

Un arbre, que l’automne et l’hiver ont dépouillé et pelé et qui dresse vers le ciel son squelette de bois.

Que vienne le printemps, et la sève assure le miracle de la vie : la végétation repart, et c’est l’éclosion des bourgeons, la magnificence de la floraison prometteuse de fruits. L’arbre mort a reverdi, refleuri et va porter des fruits.

Autant de paraboles de Pâques, qui vient avec le printemps.

Dès le début du Carême, le mois dernier, nous voyions Jésus au désert où, pendant quarante jours, il fut affronté au diable tentateur. Ce combat de Jésus contre le mal, il semblera perdu au terme de sa vie, à l’heure de sa mort, sur la croix. Tout ce qu’il avait dit, tout ce qu’il avait fait, tout cela n’était-il pas dès lors devenu stérile, sans avenir ? Tous ceux qu’il avait rassemblés autour de lui l’avaient pour beaucoup abandonné, voire trahi. Que pouvait-on attendre d’eux ? Sur la croix il était apparu dépouillé de tout, et les ténèbres étaient tombées, dès la sixième heure, plus tôt encore qu’en plein hiver. Le corps descendu, mis au tombeau, la croix s’élevait, dressée vers le ciel comme un arbre mort, barrant le ciel comme elle barrait toute espérance.

Passé le premier jour du drame, ce vendredi veille de sabbat, il y aura un deuxième jour de silence et d’attente. D’attente de quoi ? D’attente de qui ?

Puis viendra le troisième jour, celui de Pâques, célébré cette année le 21 avril.

Nous suivrons une femme, Marie-Madeleine, fidèle parmi les plus fidèles, sortie de grand matin pour aller au jardin, le jardin dans lequel était le tombeau où l’on avait déposé le corps de Jésus. Un tombeau qu’elle trouvera ouvert… et vide ! Et quand elle interpellera le jardinier pour savoir ce qui est advenu du corps de son Maître, il l’appellera par son nom comme lui seul pouvait le faire, d’une parole qui allait au cœur et à l’âme : «  Marie !  »

Cette parole la pénétrera d’une lumière plus vive que le soleil du plein midi. Le jardinier n’est pas le jardinier, mais Jésus lui-même, le Ressuscité d’entre les morts.

Le miracle de l’amour a eu lieu au bénéfice de la vie : l’amour a vaincu la mort ; la vie donnée par amour sur l’arbre sec de la croix a triomphé de la mort. Au petit matin de Pâques, dans le jardin la vie a resurgi ! Qui l’aurait cru ?

Et la vie donne ses fruits : de Marie-Madeleine aux Apôtres, des Apôtres jusqu’à nous par une chaîne ininterrompue de 2000 ans de croyants en Jésus Ressuscité, nous sommes aujourd’hui les fruits de la Résurrection de Jésus-Christ, les fruits de la vie qui a resurgi au jardin du matin de Pâques.

Et cette vie, aujourd’hui encore, féconde tous nos déserts.

Car des terres désolées, des lieux arides et stériles, des impasses et des creux infranchissables, des ombres sinistres, il peut y en avoir dans le paysage de nos vies personnelles, familiales, relationnelles, comme dans la vie de l’Eglise et du monde.

Et de ces moments au goût amer où nous n’y croyons plus, où tout semble inutile et perdu, où l’avenir est barré, où nous avons fait une croix sur l’espérance.

Or quand tout espoir est perdu à vues humaines, c’est justement de la croix que peut renaître l’espérance.

La croix nous rappelle que Jésus est entré dans nos déserts et dans nos morts.

Et quand Dieu entre, c’est une source d’eau vive, c’est une sève. Et la vie repart.

Comme elle est repartie aussi pour Marie-Madeleine, qui a été relancée sur son chemin.

En ce temps de Pâques, il nous faut oser nous approcher sans crainte de nos tombeaux, je veux dire de ces parts de nous-mêmes obscures ou enfouies, où planent une ombre et une angoisse de mort, de tout ce qui a le goût amer de l’impossible et de l’irréparable.

Oser peut-être les larmes, comme Marie-Madeleine, car Celui qui a dit : «  Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés », ne peut pas se satisfaire de notre malheur.

Et comme Marie-Madeleine, il nous faut chercher à entendre la douce et forte voix du Maître qui prononcera au plus intime de nous-mêmes la parole qui sera paix et lumière pour nous, donnera sens et rouvrira un chemin de vie.

Nous aurons compris alors que Jésus le Ressuscité est bel et bien là, jusque là, avec nous. Et non pas temporairement mais toujours. D’un toujours qui a déjà franchi la mort, d’un toujours éternel.

Notre désert sera devenu un jardin de Pâques, où fleuriront l’Espérance et la Joie.

Alléluia !


+ Père Jean-Paul Soulet

 

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