Accueil > Les paroisses catholiques > Se laisser enseignerÉditos du Curé-Archiprêtre > In memoriam

Se laisser enseigner

Contact
Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
06 23 73 49 78 Contact

 

Mieux connaitre pour mieux aimer
 

Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  In memoriam

« Nous mourrons tous !...» s’exclamait un jour Bossuet dans une oraison funèbre devant Louis XIV et sa Cour. Voyant le Roi-Soleil froncer les sourcils, il s’empressa, en bon courtisan, d’infléchir sa phrase : « …ou presque ! »

Le Père Jean-Baptiste Blondeau racontait souvent cette anecdote, parmi tant d’autres. « Nous mourrons tous… ou presque ! » Ou presque : comme nous voudrions que cette inflexion puisse être une réalité pour tous ceux qui nous sont chers et à qui nous devons peu ou prou de ce que nous sommes.

Depuis plusieurs années déjà, la maladie rôdait autour de lui, le prenant et le relâchant. Même quand la morsure fut plus forte, il resta d’une extrême pudeur sur lui-même, gardant toujours l’espoir de repartir comme il avait si souvent rebondi.

Repartir pour honorer ses innombrables engagements et amitiés.
L’amitié était pour lui une valeur fondamentale. Conjuguée bien sûr à la fidélité : elles étaient nombreuses ses amitiés qui couraient sur plusieurs décennies.

Bien normal dès lors qu’il ait été enthousiasmé par le livre de l’actuel évêque d’Oran, Mgr Jean-Paul Vasco, paru il y a quelques mois et traitant justement de l’amitié. Il l’avait lu et relu, largement offert.
La même passion qu’il éprouvait pour la première exhortation du Pape François :« La joie de l’Evangile », comme le programme de son pontificat. Il en avait recopié de larges extraits, pour les citer dans ses écrits. Le Pape, avec ses paroles musclées et ses actes audacieux, correspondait à sa conception d’une foi engagée et incarnée, dans le souci des plus petits et des “périphéries”. En ce sens, il avait créé ici le service caritatif de proximité Entraide et Partage.

Des plus petits et aussi des plus jeunes, qu’il aimait tant. La jeunesse était constitutive de sa vocation. Dès l’ordination, il s’était engagé dans la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, voués  à  la  formation  des prêtres et des séminaristes. Et puis, de retour dans notre diocèse, il y eut le lycée Notre-Dame de Bon Secours et l’école et collège Maintenon. Deux pans essentiels de son ministère.
Où qu’il aille, il rencontrait partout des anciens de ces établissements.  Il  tenait  à  y  être présent  quotidiennement, écoutant, conseillant, consolant. Il était Père et grand-père ou, pour les plus petits, avec sa longue barbe blanche, le Père Noël ou le Père éternel ! N’avait-il pas joué ni plus ni moins que le rôle de Dieu dans une mise en scène des Dix commandements ?

Le service des jeunes, toujours, par le soutien scolaire,  dans  le  cadre  de la bibliothèque de notre communauté de paroisses ou du Secours catholique diocésain. Bien plus d’ailleurs qu’un simple soutien scolaire : un accompagnement personnel et familial dans lequel il pouvait s’investir à fond, et qui débouchait bien sûr en profondes amitiés.

Il avait une grande aptitude à entrer en relation avec des notables, comme avec les plus simples. Ne faisant pas mystère de ses origines familiales modestes, son heureuse jeunesse  à la rue de l’Anguille, dans le quartier Saint-Jacques. Il en conservait une réelle affection pour ce quartier et ses habitants. C’est là peut-être qu’il avait été formé à l’accueil de l’autre dans la richesse de sa différence. Talent qu’il fera largement fructifier dans toutes ses relations œcuméniques et interreligieuses, aussi bien dans les services officiels du diocèse, dont il était en charge, que dans l’Amitié Interreligieuse du Roussillon, dont il était l’un des fondateurs. Et toujours sous le sceau de l’amitié et d’une profonde empathie.

Cet attachement à la personne et à la personnalité de Jean-Baptiste Blondeau a été manifeste, dès qu’un A-Dieu s’est envisagé, puis à l’annonce de son décès et jusque dans la célébration de ses obsèques.

Au hasard des témoignages reçus : « un homme d’une immense bonté » ; « une belle figure de ce diocèse » ; « il avait toujours les mots appropriés à toute situation. En plus d’être prêtre c’était un ami, un confident, un guide ! »

A-Dieu donc, Jean-Baptiste. Entre les mains de Celui qui nous appelle ses amis (Jn 15, 15) et en qui s’accomplissent toutes nos amitiés terrestres.

Oui, « nous mourrons tous », mais Il est la Vie.


+ Père Jean-Paul Soulet

 

Vous aimerez aussi ...