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Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
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Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  Que votre Noël soit une Pâque !

J’emprunte ce titre en forme de souhait à un Directeur d’Enseignement Catholique qui voulait ainsi surprendre ses lecteurs.
Certes aujourd’hui tout s’accélère et, souvent pour des raisons commerciales, avant même que ne soit vendue la dernière bûche de Noël, la galette des Rois apparaîtra et il faudra bien vite penser à faire la pâte à crêpes, etc... Mais la belle fête de Noël devrait-elle vite s’éclipser pour que paraisse Pâques ? Un chocolat chasserait-il l’autre ? Il ne s’agit bien sûr pas de cela. Mais de revenir au vrai sens de chaque fête. Noël est en quelque sorte victime de son succès populaire.



On est tellement content de voir le jour gagner sur les nuits les plus longues qu’on en oublie que si la date de Noël a été fixée au solstice d’hiver, c’est pour signifier que le Christ, la vraie Lumière, Dieu venu en humanité, va triompher des véritables ténèbres que sont le mal et la mort.

Et quand ça ? Au petit matin de Pâques, le vrai Jour nouveau, quand Jésus Ressuscité des morts laissera ouvert et vide son tombeau.

On est tellement étonné de voir au milieu des arbres défeuillés noircis par l’hiver, d’autres qui gardent leur verdure, qu’on fait fête aux sapins  en  leur  attribuant  de magnifiques décorations, dont des boules multicolores qui en représentent les fruits. Mais on en oublie que le beau sapin, roi des forêts, symbolise dans nos maisons le véritable Arbre de Vie : la Croix, qui a porté le plus beau de tous les fruits : le corps du Roi des rois, Jésus, livré à la mort par l’Amour qui l’en a fait triompher en ressuscitant au jour de Pâques.

On est tellement heureux de voir heureux ses enfants qu’on veut les combler de tous les cadeaux et des plus beaux, pour leur montrer (ou compenser peut-être parfois) l’amour qui leur est dû. Quitte à en oublier l’Enfant qui motive cette fête de Noël, Jésus dont nous célébrons la naissance.
Il est vrai qu’il est si petit, né (de si drôle de façon) il y a si longtemps, dans une bourgade si lointaine et oubliée, qu’on ne sait plus qu’il est le plus beau cadeau d’Amour de Dieu à l’humanité, le seul qui en comble les véritables désirs. Et tous les désirs humains ne se récapitulent-ils pas en un seul : vivre, et vivre heureux. Jésus-Christ offre à l’homme la Vie de Dieu, le bonheur de Dieu, en ouvrant la brèche dans la mort inéluctable par sa Résurrection à Pâques.

On a tellement besoin, altéré qu’on peut être par l’aridité de la vie, d’une oasis de fraîcheur qu’on apprécie la trêve des confiseurs, le retour dans un nid familial, l’ambiance de Noël qui chatouille la nostalgie de l’enfance, et ça fait du bien !

Mais ça nous ramène vers le passé et ses doux souvenirs, oubliant que Jésus n’est pas resté l’Enfant de la crèche appartenant à un passé révolu et inatteignable, mais qu’il est, par sa Résurrection du matin de Pâques, le grand Vivant, présent avec nous chaque jour à chaque instant de notre existence pour lui en donner force et sens.

On ne peut donc que le constater, dès que l’on cherche le vrai sens du Noël chrétien, on trouve Pâques.

Et d’ailleurs, il n’y aurait pas de Noël s’il n’y avait eu Pâques.
Si Jésus n’était pas ressuscité, prouvant à ses Apôtres qu’il était bien le Crucifié rendu définitivement à la Vie et les envoyant en témoigner jusqu’au don de leur propre vie, si Jésus donc n’était pas ressuscité, il y a longtemps qu’on n’en parlerait plus et sa naissance ne serait pas fêtée.
Il serait tout au plus relégué dans quelque recoin de l’Histoire, au rang des doux prophètes qui ont mal fini.

Pas de Noël, donc, s’il n’y avait eu Pâques.
La mort et la résurrection du Christ constituent le cœur du message chrétien, à partir duquel la lumière se porte sur tout son être et toute sa vie. On ne comprend bien qui est Jésus et ce qu’il a fait qu’à la lumière de sa Résurrection.
C’est pourquoi les textes et les représentations iconographiques qui ont trait à la naissance ou à l’enfance de Jésus sont toujours empreints d’allusions ou de références pascales.
Ainsi de l’icône de la Nativité ici représentée.

L’Enfant Jésus est déposé au bord d’un trou noir comme dans un tombeau et enveloppé comme d’un linceul.
Sa Mère, Marie, est au bord de cette grotte béante comme une autre femme, Marie-Madeleine, sera au bord du tombeau de Jésus, ouvert et vide au matin de Pâques.
L’Ange est là pour annoncer aux bergers la naissance de Jésus comme il sera là pour annoncer sa résurrection aux femmes le jour de Pâques.
Sur la gauche, en haut, arrivent les Mages porteurs de leurs présents, dont la myrrhe, aromate qui servait à l’embaumement du corps mort.
Sous le berceau jaillit une source qui s’écoule vers le bas à droite, comme jaillira l’eau mêlée au sang du cœur transpercé de Jésus sur la Croix.
Le mystère pascal, mort et résurrection du Christ, est bel et bien intimement présent au mystère de sa naissance, Pâques à Noël.

Et pour fêter dignement  Noël  pour  ce  qu’il est, il faut effectivement « que notre Noël soit une Pâque ». C’est-à-dire, au-delà de la mémoire de la naissance de l’Enfant-Dieu, recevoir par la foi Jésus Ressuscité dans notre vie.

C’est là la plus belle crèche qu’il puisse trouver aujourd’hui.

Offrons-la lui !


+ Père Jean-Paul Soulet

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