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Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
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Mieux connaitre pour mieux aimer
 

Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  J'ai soif de toi, viens !
 

C'est le thème de la Semaine Missionnaire Mondiale célébrée chaque année la troisième semaine d'octobre, et donc du 14 au 21 octobre 2018.

Qui parle ainsi ? De qui vient ce cri ?

On pourrait tout d’abord dire : de l’être humain, du croyant.

« Viens Seigneur Jésus ! », c’est en effet l’appel sur lequel s’achève la Bible, au livre de l’Apocalypse (Ap 22, 20).

L’appel qui émane de l’Esprit-Saint lui-même et qu’il inspire à l’Eglise : « L’Esprit et l’Epouse disent : Viens ! » (Ap 22, 17).

Et le texte continue :

« Que celui qui entend dise : Viens !

Que celui qui a soif vienne,


Que celui qui le veut reçoive de l’eau vive, gratuitement. 
» (Ap 22, 17).

Cette parole fait écho à celle de Jésus lui-même dans l’Evangile selon Saint Jean :

« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et que boive celui qui croit en moi.

Comme l’a dit l’Ecriture : “De son sein couleront des fleuves d’eau vive.” »

Il désignait ainsi l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui ’’ (Jn 7, 37-39).

Dès l’Ancien Testament, le croyant se définit comme un assoiffé, ainsi le psalmiste :

« J’ai soif de Dieu, du Dieu vivant » (Ps 42, 3).

« Me voici devant toi, comme une terre assoiffée » (Ps 143, 6).

Une soif qui exprime le désir de Dieu, la quête de Dieu comme d’une source vivifiante.
Cette source, le chrétien la trouve en Jésus-Christ qui livre l’Esprit-Saint de la part du Père.

Et l’Esprit-Saint assouvit le désir le plus profond de l’homme : être en communion avec Dieu.
Si donc on considère que ce cri : « J’ai soif de toi, viens ! » est le cri de l’homme vers son Dieu, cri plus ou moins exprimé voire étouffé ou inconscient, on comprend la mission de l’Eglise comme une grande collecte de tous ces cris humains pour les porter devant Dieu.

L’Eglise se fait caisse de résonnance, amplificateur du désir des hommes pour hâter la venue de Celui qui depuis toujours entend le cri de son peuple (cf Ex 3, 7).

D’où la place primordiale de la vie contemplative dans la mission de l’Eglise et la désignation de Sainte Thérèse de Lisieux comme une des patronnes de la mission universelle.

Porter devant Dieu le cri de soif des hommes, leur désir parfois brûlant, le cri du manque de Dieu dans lequel ils peuvent être, voilà déjà une bonne part de la mission du peuple de Dieu, qu’il assume dans sa propre prière.

« J’ai soif de toi, viens ! »

Mais ce cri peut aussi s’entendre de Dieu qui a soif de l’homme et l’appelle à venir à lui.

Cette soif de Dieu, elle s’exprime par la bouche de Jésus :

« Donne-moi à boire », dit-il à la Samaritaine au puits de Jacob (Jn 4, 7).

« J’ai soif », s’écrie-t-il sur la Croix (Jn 19, 28).

Il ne peut s’agir du simple besoin humain d’un marcheur fatigué du chemin à l’heure de midi ou d’un condamné exténué qui va succomber.

C’est là le véritable cri de Dieu qui va se désaltérer, trouver satisfaction de son désir de voir cette femme de Samarie venir à la Vérité sur elle (« Il m’a dit tout ce que j’ai fait ») et sur Lui (« Ne serait-il pas le Christ ? ») (Jn 4, 29).

C’est là le véritable cri de Dieu qui appelle à lui, du haut de la Croix, signe suprême de son amour jusqu’au bout, tous les hommes qu’il veut s’attirer (« élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » - Jn 12, 32-). Si Jésus meurt de soif sur la Croix, c’est de la soif de l’amour des hommes en réponse à l’amour fou de Dieu dont il témoigne en livrant sa vie.

Qui répondra ? Qui viendra ? Qui se laissera attirer ?

Voilà la seconde part de la mission du peuple de Dieu : porter l’appel du Dieu d’amour à aimer.

C’est d’abord à nous de répondre, d’oser aller, (re)venir à Lui, correspondre à son attente, à son désir, à sa soif en venant comme la Samaritaine à la Vérité.

Quel témoin ferions-nous de son appel à aimer si nous y restions sourds quant à nous ?

J’aime répéter la si belle et si juste formule de Mgr L’Heureux, notre ancien Evêque : « La mission, c’est se savoir aimé de Dieu et avoir envie de le dire ».

Si nous n’avons aucune envie de témoigner de cet amour, c’est donc que nous le méconnaissons, nous ne l’avons pas encore connu ni rencontré.

Alors, vite, écoutons bien pour nous, dans la prière et le silence du cœur à cœur, son appel : « J’ai soif de toi, viens ! »

Et si nous ne l’entendons pas, c’est à nous de crier d’abord vers Lui et avec insistance et persévérance : « J’ai soif de toi, viens ! »

Dieu est plus empressé de répondre à notre soif que nous à la sienne…


+ Père Jean-Paul Soulet

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