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Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
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Mieux connaitre pour mieux aimer
 

Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  carême, je t'aime !
 

Cette année, nous entrons en Carême le 14 février, jour où tous les amoureux du monde célèbrent leur amour, en la fête de leur saint patron : saint Valentin !

Occasion rare et providentielle pour nous de déclarer à la face du monde notre amour pour le Carême : « Carême, je t’aime ! »
Car notre Carême, il faut bien le reconnaître, n’a pas toujours bonne presse. Il est plutôt synonyme de privations, de mortifications : rien qui lui donne une gueule d’amour très attrayante.
D’ailleurs quand le dictionnaire définit une « face de carême » c’est pour la qualifier de « maigre ; triste, morose ». Pas très exaltant pour une déclaration d’amour.
Et à personne il ne viendrait à l’idée de souhaiter un « Joyeux Carême », comme on souhaite « Joyeux Noël », « Joyeux Anniversaire » ou « Joyeuses Pâques ».
Et pourquoi pas pour le Carême ? Car, osons le dire, il y a de la joie à entrer en Carême, comme il y a de la joie à aller à la rencontre d’un être aimé.
Même que l’évangile du mercredi des Cendres nous invitera à nous parfumer la tête et à nous laver le visage (Mt 6, 17), comme pour un rendez-vous galant. Ceci pour faire mentir la définition du dictionnaire et présenter au Carême une face joyeuse, lui faire bonne mine, bon accueil.
Le Carême n’est pas fait pour nous défigurer, comme une mauvaise nouvelle nous ravage le visage, comme une épreuve nous creuse les joues et nous cerne les yeux.
Le Carême est fait pour nous transfigurer, car c’est une Bonne Nouvelle : Dieu nous invite à revenir vers lui. « Revenez à moi de tout votre cœur » (Joël 2, 12).
Revenir à Dieu, cela s’appelle la conversion.
S’il y a de la joie dans le Carême, c’est la joie de revenir à Dieu. Comment est-ce que nous rendre plus proches de Dieu ne nous donnerait pas de la joie ?
Si nous aimons le Carême, c’est parce qu’il nous aide à prendre les moyens de retrouver et de creuser la source de l’Amour de Dieu en nous.
Le Carême est le temps pour dénoncer ce qui, en nous et autour de nous, détourne de Dieu et de l’essentiel humain.
Il y a pour cela trois moyens classiques, les trois puissants attraits du Carême, qui font qu’on l’aime : la prière, le jeûne et le partage.
La prière, une prière qui prend son temps, qui prend du temps pour Dieu, qui lui fait place là où tout semblerait complet, qui lui donne priorité sur une autre activité.
Une prière qui cultive le silence, qui prend en compte la Parole de Dieu pour l’écouter et lui répondre en la mettant en actes.
Une prière solitaire, dans le secret d’une chambre, mais qui sait aussi rejoindre la communauté pour se manifester publiquement à la messe ou un office.
La prière est le moyen de contestation de toute idéologie qui voudrait réduire Dieu au silence, l’étouffer dans la bulle du privé, lui interdire l’accès à la société, réduire la vie humaine à une horizontalité matérialiste en niant la transcendance. C’est vers le haut que l’oisillon ouvre le bec pour attendre sa subsistance : la prière crie le besoin que l’homme a de Dieu. Prier peut rendre libre.
Le jeûne, un authentique jeûne. Non pas un vague « maigre » formaliste qui n’atteint rien en nous, ne change rien en nous et ne témoigne de rien autour de nous.
Le jeûne doit nous apprendre à ressentir la faim, que ce soit le jeûne d’aliment ou de tout autre chose.
Nous ne savons plus ce que c’est qu’avoir faim, parce que nous sommes rassasiés, comblés, voire blasés ou dégoûtés de tout, et sans véritable appétit, sans grands besoins ni grands désirs qui puissent soulever, ressusciter notre vie.
Jeûner, ressentir la faim, le manque, c’est se refaire un appétit, retrouver le goût, le sens, la valeur de ce que nous utilisons ou consommons en surabondance sans même en apprécier la qualité.
Le jeûne est le moyen de contestation d’une société de consommation qui excite les envies et donne accès à tous les plaisirs, mais étouffe le désir. La faim peut rendre l’appétit.
La faim donne aussi part à la souffrance de celui qui n’a rien ou qui a moins, et elle pousse au partage.
Le partage est le moyen de contestation d’un système où le profit passe avant la personne. Il satisfait à l’exigence de justice qui court comme un long cri de Dieu en faveur de l’homme et des plus pauvres d’un bout à l’autre de la Bible.
Partager c’est donner, de l’argent certes peut-être, mais au bout du compte, partager c’est donner de soi et ainsi c’est connaître la joie.
Et alors que tant de gens et de jeunes peuvent être tristes à s’en suicider, parce qu’ils ne trouvent ni goût ni sens à vivre ce que le monde a à leur offrir, partager sa vie dans le service d’autres humains donne à la vie la joie d’être vécue. Partager peut rendre la joie.
Oui, il s’agit bien de joie en ce Carême, de joie à partager, et c’est pour ça qu’on l’aime. Une joie née dans l’exigence, l’exigence de l’amour ; une vraie joie donc.
Alors pour terminer, en vous souhaitant « Joyeux Carême », je vous offre cet acrostiche que quelque rappeur pourra peut-être mettre en musique :
Ce CARÊME est entre tes mains
A toi de voir et de vouloir
Revenir à ton Dieu ou fuir,
Etre meilleur ou toujours nuire.
Mets tout ton cœur, tout ton pouvoir
En œuvre afin de vivre à plein,
CAR AIME, enfin !

+ Père Jean-Paul Soulet

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