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Se laisser enseigner

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Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
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Mieux connaitre pour mieux aimer
 

Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  Dignes d’un Don
 

Et si je vous dis : Dieu ?
Et si un de ces jours un sondeur d’opinions vous interceptait sur un trottoir en vous demandant : « Pour vous qui est Dieu ? »
Peut-être diriez-vous : « Top secret, question trop intime. Je passe.  »
Ou bien resteriez-vous sans voix, sans réponse, quitte à être classé dans les « sans opinion ».
Ou bien regarderiez-vous votre montre d’un air fébrile : « Je n’ai pas le temps. Nous verrons plus tard.  »

Mais peut-être répondriez-vous que Dieu est pour vous :

  • toujours une question, un grand point d’interrogation, ou bien carrément rien, la question étant définitivement réglée,
  • ou bien comme un grand parapluie céleste, la protection contre tous les orages de la vie,
  • ou bien au contraire la foudre dont vous sentez la menace dès que votre conscience n’est plus tranquille,
  • ou bien alors le divin Père Noël, un vieux  bonhomme barbu qui vous devrait bien tous les cadeaux que vous attendez de la Vie, en étant sage comme un enfant.

Comme un enfant !?
Un enfant ! Tiens, ça ne vous rappelle pas quelqu’un ?
Un enfant, comme le plus beau de tous les cadeaux à attendre de la vie,
un enfant, comme un coup de foudre qui survolte et dynamise,
un enfant à protéger précieusement contre toutes les tuiles de l’existence,
un enfant qui devient carrément le tout d’une vie,
un enfant devant qui toutes les interrogations se transforment en exclamations,
un enfant à qui l’on offre tout son temps,
un enfant, comme une réponse de vie, d’amour et d’espérance,
un enfant, enfin, une question de cœur !

Et c’est pourquoi, pour toutes ces raisons-là, Dieu s’est fait Enfant, pour tout ce qu’est un enfant, pour que nous n’ayons pas plus peur de Lui que d’un enfant, pour faire tomber toutes les fausses bonnes raisons de Le prendre pour ce qu’Il n’est pas : méchant, vengeur, indifférent, éloigné.
Un enfant, c’est le plus beau des cadeaux. Jésus, Dieu venu Enfant à Noël, c’est le plus beau des cadeaux faits à notre humanité. Dieu comme un don fait à notre vie humaine.
Quelle déception pour des parents que de voir leurs enfants ne pas faire cas des cadeaux qu’ils leur font !

Ne serions-nous pas comme ces enfants gâtés, tellement habitués à recevoir qu’ils en deviennent blasés et ne savent plus apprécier la valeur du don, tout leur étant dû ?
Ne serions-nous pas quelque peu blasés de Dieu, comme si nous n’en avions plus rien à attendre ? Il ne nous intéresserait plus parce que nous ne l’intéresserions pas.
Dieu ne nous est pas dû, mais Il se donne. Avant de nous plaindre de ne jamais rien recevoir de Lui, vérifions si nous sommes bien prêts à l’accueillir et à donner ce qu’Il attend de nous, parfois un simple merci.
Noël : Dieu se fait Enfant, petit, don, pour nous révéler la grandeur, la dignité de l’Homme pour Lui.

Nous sommes dignes d’un don, et ce don, quel don !, c’est Dieu. Qu’il est donc grand, l’Humain, aux yeux de Dieu, pour qu’Il se donne ainsi à lui.
Dieu veut ainsi que Noël soit la fête de l’Humanité ! Jésus : Dieu pétri d’Humanité. Quelle dignité pour toute l’Humanité.
Pour toute l’Humanité : aucun humain ne peut être exclu du don que Dieu fait de Lui-même. Tout humain est digne du don de Dieu.
Si nous accueillons ce don, nous recevons notre propre dignité, mais nous devons reconnaître l’égale dignité de tout humain appelé à recevoir le don de Dieu, Dieu en don, Jésus le Frère de tout homme.
Fêter Noël, c’est reconnaître en chaque être humain ce Dieu en don, reconnaître à chaque être humain la dignité que Dieu lui donne en se donnant à lui.
Fêter Noël, c’est ouvrir les yeux comme Jésus a ouvert les yeux sur ce monde : voir au cœur plus qu’à l’apparence, voir le petit à la taille du plus grand, voir l’ennemi comme un ami à aimer.
Nul ne mérite d’être mis à l’écart du don de Dieu, nul ne mérite d’être cru indigne de ce don.
Et surtout pas les enfants, les semblables de l’Enfant-Jésus de la crèche.
À Noël, les enfants méritent mieux que des cadeaux, même les plus beaux.
Ils méritent bien sûr tout l’amour de leurs parents qu’aucun cadeau, même le plus cher, ne peut compenser ni ne peut dispenser.
Et ils méritent Dieu ! Ils sont les premiers à être dignes du don que Dieu fait de Lui-même, puisqu’Il le fait par un Enfant.
Alors ils méritent mieux qu’un passage rapide devant la crèche pour chatouiller leur sensibilité ou notre nostalgie. Quand ils ont à choisir un cadeau, il faut les conduire au magasin de jouets et au bon rayon et, pourquoi pas, laisser un vendeur les renseigner et conduire leur choix.

Si nous voulons qu’ils choisissent Dieu plutôt que le rien d’une sacro-sainte neutralité, il faudrait bien les conduire à l’Eglise et permettre à l’Eglise de les enseigner et de conduire leur choix vers Celui qui les choisit en premier pour leur faire don de Lui-même.

Et s’il y en a qui sont dignes d’un don, c’est bien eux !

Alors à eux comme à vous : bon Noël et Sainte Année.

+ Père Jean-Paul Soulet

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