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Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
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Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  Comme Mages en Carême
 

« Arriver comme mars en Carême » dit-on pour parler de quelque chose qui advient de façon sûre, inévitable, inéluctable. Car, de fait, le mois de mars a toujours rendez-vous avec le Carême. Et cette année en particulier, ils se donnent la main : le Carême commence avec le mois de mars, le 1er, Mercredi des Cendres.

Mais la liturgie chrétienne est une, elle unifie tous les temps qui la composent dans un même mouvement qui lui donne son sens : la célébration de l’unique mystère de Jésus-Christ, le Verbe fait chair, Dieu fait Homme pour sauver l’humanité en lui livrant la Vie.
Osons donc un flash-back pour éclairer quelque peu ce temps de Carême de la lumière de Noël.
À l’entrée du Carême, portons notre regard en arrière, vers la fin du temps de Noël, à l’Epiphanie.
Souvenons-nous : il y a quelques semaines à peine, à la crèche, les Mages offraient à l’Enfant leurs présents : l’or, l’encens et la myrrhe.
A Lui l’or comme souverain, l’encens comme Dieu et la myrrhe pour sa sépulture à venir.
Et savez-vous ce que Jésus fit avec ces présents ? Non ? Eh bien, je vais vous le révéler : il les conserva précieusement pour les distribuer plus tard généreusement.
Plus tard ? Maintenant. Là, aux étapes du chemin de Carême, Jésus vient à la rencontre de trois personnages auxquels il va faire don des présents des Mages :
•  Celui qui ne peut pas voir, l’aveugle de naissance (4ème dim., 26 mars) : Jésus l’illumine par l’éclat, plus pur encore que celui de l’or, de sa souveraine puissance, son pouvoir sur toutes choses : « Je suis la lumière du monde. » Et l’aveugle voit.
•  Celle qu’on ne peut pas voir : la Samaritaine (3ème dim., 19 mars), celle qui vient au puits quand elle est sûre de n’y trouver personne, à midi. Jésus lui apprend à faire monter vers Dieu le Père, mieux que l’encens, la vraie prière : l’adoration en esprit et en vérité. Il se révèle à elle comme celui qui connaît toutes choses et jusqu’au fond des cœurs, parce qu’il est le Fils du Père. « Moi qui te parle, je suis le Messie, le Christ. » Et la femme ne craint plus rien ni personne ; elle est libre de témoigner : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait ».
•  Celui qu’on ne pouvait pas sentir, Lazare (5ème dim., 2 avril), au tombeau depuis quatre jours. Jésus lui rend l’haleine de vie, plus forte que la myrrhe et tous les aromates parfumés de la sépulture, qui seront bientôt employés pour lui. Mais il se présente déjà comme le vainqueur de la mort : « Moi, je suis la Résurrection et la Vie ». Et le mort sort du tombeau.
Le Carême est bien le temps de recevoir du Christ ces dons si précieux :
-  Le don de la lumière, lumière de charité plus éclatante que l’or. Comment la trouver, cette lumière ? Où la chercher ?
Le prophète Isaïe nous l’indique clairement : « Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. Alors ta lumière jaillira… » Et encore : « Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera… » (Is 58, 7-10). Le partage, voilà l’or de pur éclat du Carême. Que le Seigneur ouvre nos yeux à l’autre, proche ou lointain.
-  Le don de la prière, qui s’élève vers Dieu comme l’encens. Que s’ouvre notre cœur à Dieu.
-  Le don de la Vie, qui triomphe des relents de mort dont nos existences sont empreintes. Le jeûne, voilà pour le Carême la myrrhe pour embaumer ce qui est porteur de mort en nous. Car le jeûne ouvre nos prisons et nos tombeaux, fait éclater les chaînes de toutes nos addictions, alimentaires ou autres (alcool, tabac, drogue, écrans, jeux,…) et nous rend libres et maîtres de nous-mêmes. Le jeûne nous redonne la bonne odeur du vivant.
Munis de tels dons, comme les Mages, en ce Carême, détournés du mal, nous repartirons « par un autre chemin », celui de la conversion. Pour une vie renouvelée, comme le fut celle de l’aveugle de naissance, de la Samaritaine ou de Lazare.

+ Père Jean-Paul Soulet

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