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Abbé Jean-Paul Soulet Curé-Archiprêtre
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Mieux connaitre pour mieux aimer
 

Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  Passionnément nôtre
 

Une passion, ça vous prend au cœur, et puis ça vous prend tout entier.
D’abord ça vous démange, ensuite ça vous dévore.
C’est ce qu’on appelle une passion dévorante : être mangé par sa passion !
Telle est la passion de Jésus pour l’humanité.

L’évangéliste Marc le note tout cru, « Jésus vient à la maison, et de nouveau la foule se rassemble, à tel point qu’ils ne pouvaient même pas manger de pain. Et les siens, l’ayant appris, partirent pour se saisir de lui, car ils disaient : “Il a perdu la tête.” » (Mc 3, 20-21)
Une passion folle ! Pas le temps de manger quand la passion dévore.
Jésus est venu pour se laisser prendre.
Pris par sa passion de l’homme, Jésus se laisse prendre par l’homme.
Souvent l’Evangile nous le montre « pris de pitié » pour les foules qui viennent à lui, pris de pitié devant leur faim, leur fatigue, leur égarement, leur misère (Mt 9, 36 ; 14,14 ; 15,32 ; Mc 6, 34).
Pris au cœur par sa passion pour l’homme, finalement, il se laisse prendre tout entier. Librement, délibérément, il se laisse prendre la vie : « Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne » (Jn 10, 18).
Et il la donne pour que, grâce à lui qui est le Dieu vivant, tout homme reprenne vie, tout homme reprenne passion pour la Vie.
En Jésus, Dieu est entré dans la mort pour en faire sortir l’homme. Après que l’on ait ôté la pierre qui recouvrait l’entrée du sépulcre de son ami Lazare, Jésus « cria d’une voix forte : Lazare, sors ! »
En ces deux mots, d’une extrême violence, la violence d’un torrent impétueux qui brise tous les obstacles, la violence d’une naissance, la violence d’une passion qui dévore tous ceux qu’elle touche, la violence de la vie qui s’extrait de la mort, en ces deux mots, il y a le concentré explosif de l’œuvre rédemptrice du Christ. Faire sortir l’homme, chaque homme, tout homme, appelé par son nom, aimé personnellement, de la mort vers la vie. La vie majuscule, la vie même de Dieu.
Tout cela ne peut se comprendre et s’expliquer que par la passion du Christ, dans la double acception du terme :
- l’amour pour l’homme qui dévore Dieu et lui fait vouloir à tout prix lui donner sa vie
- la souffrance jusqu’à la mort, qui est le prix à payer pour que l’homme soit tiré de là jusqu’où le mal le fait descendre.
En Jésus, qui s’est livré jusqu’à ce prix-là, Dieu nous montre qu’il est nôtre, passionnément, jusque dans la mort, pour notre vie.
En célébrant la Passion, la Mort et la Résurrection de Jésus le Christ, puissions-nous nous laisser prendre à notre tour, pour que notre vie soit passion, passion pour les hommes nos frères, passion pour Dieu, don de nous-mêmes et service.


+ Père Jean-Paul Soulet

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