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Se laisser enseigner

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Abbé Grégory Woimbée Curé-Archiprêtre
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Mieux connaitre pour mieux aimer
 

Les éditos du Curé-Archiprêtre

 
  diaconie
 

Afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle (Jn 3, 13-17). Jésus-Christ est le médiateur de notre salut. Mais il n’est pas seulement un intermédiaire, il est surtout la médiation, l’union : il est uni à ce qu’il réunit et réconcilie : Dieu et l’homme, les hommes entre eux. En outre, dans son enseignement, il ne se contente pas de dire des choses, il fait quelque chose pour nous au point de s’y impliquer totalement, jusqu’à s’anéantir. Cela a pour effet de nous sauver, de nous donner la vie éternelle, de faire accéder à la communion avec Dieu, dès maintenant dans la foi encore dans le voile ou le miroir – Dieu est pour nous alors comme le reflet dans l’eau ou l’image dans le miroir – puis un jour dans la gloire, dans la pleine lumière, face à face. Que fait Jésus pour nous ? Il nous donne sa vie, car il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime (Jn 5, 13).


Il est mort d’une manière horrible, supplicié. Cette mort associée à la souffrance et à l’infamie est en elle-même déjà terrible : le condamné meurt étouffé. Elle l’est aussi par le sens que celui qui l’inflige lui donne : priver quelqu’un non pas seulement de sa vie, mais aussi de son humanité. On ne dit pas seulement à Jésus : « Tu n’es pas Dieu », on lui dit : « Tu n’es même pas un homme », on le traite comme un vulgaire bout de viande, si bien qu’à travers sa mort, toute privation d’humanité passée, présente et future est assumée. Que faire de pire à un homme que de le priver de son humanité ?

Mais la croix à laquelle est cloué Jésus signifie encore davantage. La croix du supplice est éclipsée par l’amour qui se réalise sur elle. Se pressent déjà la gloire de la résurrection prédite au moment où le Christ est élevé et montré, comme victoire du pardon sur la haine et sur le péché, comme victoire de l’amour sur la mort. Les cieux s’ouvrent à nouveau.

Notre devise paroissiale communautaire nous vient de saint Jean-Baptiste : « pour qu’Il grandisse, et que moi je diminue ». C’est évidemment du Christ qu’il parle,  de celui dont il invite les hommes à accueillir le don. Notre vie est fondée sur le Christ. Elle est aussi animée par lui, elle grandit en lui.

Cherchez le Christ lui qui vous a trouvé, écoutez le Christ, lui qui vous a entendu, mettez en pratique ses enseignements lui qui vous en a donné l’exemple.

En ce début d’année, je nous lance à chacun, un appel tout simple à vivre ces trois verbes : chercher, écouter et mettre en pratique. Chercher par la prière de l’âme et du corps, écouter par l’ouverture du cœur et l’attention de l’esprit, mettre en pratique par l’exercice de la diaconie. La « diaconie », ou « ministère », c’est-à-dire « service du frère » est le nom qui désigne la participation au ministère de Jésus, à l’imitation de sa miséricorde envers le pécheur, de son humilité envers les plus petits, de sa rigoureuse exigence envers les plus grands.

Dans la diaconie, ce qu’il y a de plus fragile devient la prunelle de l’œil. Je voudrais que nous nous  demandions tous, jeunes et vieux, ce à quoi nous tenons comme à la prunelle de notre œil et si la réponse est bien : « mon frère », ce frère plus petit dont je me fais plus petit, pour « qu’il grandisse  et que moi je diminue ». Cette forme unique de fraternité, dont le lien est un lien gratuit, spirituel et sacré, est notre bien le plus précieux, il est aussi le plus fragile. Quelques paroles vaines suffisent à l’ébranler, mais quelques paroles sensées suffisent à la restaurer. Rien n’est jamais acquis sans effort, mais rien n’est jamais perdu dans l’effort !

Notre communauté se mettra cette année sous le signe de la diaconie. Que soit écrit sur chacun d’entre nous en lettres de sang les mots de « service » et de « frère », indélébiles, inaltérables. Nous avons des talents, cultivons-les, non pour eux-mêmes, mais pour le service de tous ; nous avons des forces, partageons les avec les plus faibles, nous avons tant de choses merveilleuses et insoupçonnées à offrir, à partager, à découvrir et à faire découvrir sans nous soucier des modes, des opinions dominantes, des habitudes, des ressentiments, des jugements. Il faut abattre les murs épais qui nous séparent encore les uns des autres, oser se parler, se rencontrer. Peu importe « combien » vous donnez dès lors que vous vous donnez, dès lors que vous vous mettez dans la balance, que vous pesez de tout votre poids.

Dans une paroisse, il n’y a ni riche ni pauvre, ni homme ni femme, ni jeunes ni vieux, il n’y a qu’un seul type de personnes : le disciple. Le disciple est celui qui apprend du Christ à penser, à agir et à servir. Tout le reste n’est que du vent. Recentrons-nous sur l’essentiel et que le Seigneur Jésus nous permette d’entrevoir ici-bas le bonheur futur à travers nos semblables les plus fragiles, les plus vulnérables, les plus accablés. Le nombre de paroissiens importe peu s’il ne se trouve parmi eux aucun disciple, s’il ne se trouve pas d’yeux pour repérer celui qui souffre, de mains pour lui dire « ça va aller, on va t’aider ». Nous sommes le corps du Christ : nous sommes ses yeux, ses mains. Il l’a voulu ainsi. Rien ne nous empêche de faire comme si de rien n’était, de ne rien faire. Cependant, si parmi nous un seul avait entendu l’appel de ce jour, cela suffirait à notre joie commune. Sur chacun d’entre nous brille la lumière de Pâques. Lorsque nous communions, nous ne nous contentons pas de recevoir quelque chose, nous devenons celui qui se donne à nous. Cela m’émeut à chaque fois de penser que nos yeux deviennent ceux du Christ, nos mains les siennes, et de me dire qu’il se donne une fois de plus pour que nous comprenions à quel point nous sommes unis par lui les uns aux autres. Je nous souhaite à tous, en cette année pastorale, de le comprendre.

+ Abbé Grégory Woimbée

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