Accueil > Les paroisses catholiques > Se laisser enseignerCours & conférences > Les ornements liturgiques - Symbolisme des couleurs

Se laisser enseigner

Contact
Abbé Grégory Woimbée Curé-Archiprêtre
06 23 73 49 78 Contact
Mieux connaitre pour mieux aimer

Cours & Conférences

  les ornements liturgiques - symbolisme des couleurs
 

Les couleurs liturgiques contribuent ainsi à la perception du sens profond des mystères auxquels la liturgie veut nous introduire. « Dans le temps de l'Église, le Seigneur n'est plus visible : des signes sensibles et beaux sont nécessaires pour soutenir la visée de la foi et porter les fidèles vers Dieu ». (Abbé E. Barbotin, Geste religieux, in Communio, 1978, n°6).

Dans les premiers siècles, à Rome, aucune couleur spécifique n’était déterminée dans la liturgie. Les ornements portés par le clergé étaient principalement blancs pour symboliser la pureté de l’Agneau sans tâche, comme celle des saints et des Anges qui l’entourent dans le Ciel (Ap 3, 13-14). Quelquefois, ils étaient rouges pour rappeler le sacrifice de l’Agneau (cf. Is 63, 1-2). Le rouge pourpre était aussi une marque de deuil et servait aux jours de jeûne comme aux funérailles (à Rome, la coutume demeure pour les funérailles des papes).

Dans les siècles suivants, le nombre des couleurs augmenta sans qu’il y eût de véritables règles d’utilisation comme c’est encore le cas en Orient. Le pape Innocent III (+1216) définit ces couleurs en se référant aux usages romains d’alors. La tendance à la symbolisation, propre à la mentalité médiévale, aboutit à la codification officielle des couleurs liturgiques de la liturgie romaine par le pape saint Pie V, restaurateur de la liturgie au XVIe siècle.

   
 

Le blanc

Signifie la joie, l'innocence, la gloire angélique, le triomphe des saints, la dignité et la victoire du Rédempteur. Cette couleur est affectée dans l'Église romaine aux  fêtes du Christ, aux fêtes de la Sainte Vierge, de la Toussaint, à celles des Pontifes, Docteurs, Confesseurs, Vierges, et en général de tous les saints et saintes qui ne furent pas martyrs.

Le rouge

Symbolise le feu par sa couleur et le sang par son éclat. Il exprime la charité et le don de soi jusqu’à l’effusion du sang : celui du Christ et celui des martyrs qui ont suivi sa voie. C’est pourquoi on l’utilise à la Pentecôte et pour les messes en l’honneur de l’Esprit-Saint (il rappelle les langues de feu envoyées sur les Apôtres) et des Apôtres ; et aux messes des martyrs, pour le dimanche des Rameaux, le Vendredi-Saint, et les messes de la Croix et de la Passion en raison du don de soi exprimé par le sang versé.

Le vert

Cette teinte du printemps, est le symbole de l'espérance, matérialisé par le rameau d’olivier que la colombe de Noé tenait dans son bec (Gn 8, 11) et donc le temps de l’attente de l’éternité bienheureuse. Cette couleur évoque aussi la nature, la création de Dieu, la vie, la promesse des fruits et donc celle des récompenses. On l'emploie durant le temps après l'Épiphanie et celui après la Pentecôte, appelés génériquement Temps ordinaire, qui signifie dans la mystique liturgique, l'attente des temps eschatologiques, le pèlerinage vers le ciel.

Le violet

Ses reflets chatoyants et sombres saturent les yeux, était regardé dans l'antiquité comme la couleur significative de la royauté, de la puissance, des hautes dignités, de la richesse. L'Église a transposé plutôt que renversé ce symbolisme, en l'appliquant à la pénitence, à la prière, dans l'affliction, à l'humiliation ; n'est-ce pas là en effet ce qui nous enrichit et nous élève ? Cette couleur sombre exprime l’austérité et la modération que suppose l’attente de la rencontre avec le Christ. L'Église emploie cette couleur durant les temps pénitentiels de l'Avent et du Carême.

Le rose

N'est qu'une variante du violet, mêlé de blanc, exprime la joie au milieu des rigueurs de la pénitence ; Elle peut être employée le troisième dimanche de l'Avent (Gaudete) et le quatrième dimanche de Carême (Laetare). Au dimanche Laetare le pape bénissait la rose d’or qu'il envoyait à l'un ou l'autre des princes ou princesses chrétiens remarquables par leur vertu.

Le noir

Couleur du deuil, demeure une couleur liturgique. : on l’utilise pour les messes des défunts, même si la réforme liturgique de 1969 a permis l’usage du violet pour les funérailles, usage qui s’est largement répandu.

L’or

N'est pas à proprement parler une couleur liturgique. Symbolisant la Royauté du Christ, la puissance de Dieu la gloire et la richesse, le rayonnement et la splendeur, il peut remplacer le blanc, le rouge et le vert, dans les occasions solennelles.

Le bleu

A été depuis longtemps concédé pour les fêtes de la Vierge Marie  à l'Espagne et à ES possessions d'Amérique latine, ainsi qu’à la Bavière. La Catalogne française relevant de la couronne d’Espagne à l’époque de la concession du privilège, on peut à bon droit estimer que le bleu peut être utilisé sans abus dans le diocèse de Perpignan.

   
  + Abbé Christophe Lefebvre

Vous aimerez aussi ...