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  les ornements liturgiques - insignes épiscopaux
 

Aucun vêtement liturgique (mise à part sans doute l’aube, le vêtement blanc qui est l’insigne de tout chrétien, et qui lui est remis le jour de son baptême), aucun insigne épiscopal ne remonte, semble-t-il, à l’âge apostolique. Aucun par conséquent, sous telle forme qu’il se présente dans une tradition ecclésiale donnée, n’est de droit divin et ne saurait faire l’objet d’une discussion à proprement parler théologique. Ces insignes de l’évêque ont été librement créés par les générations qui ont suivi l’âge apostolique pour exprimer et clairement identifier, dans l'acte liturgique, la fonction épiscopale.

Dans les cérémonies liturgiques, les insignes principaux de l'évêque sont la mitre et la crosse qu'il porte en plus des vêtements sacerdotaux habituels auxquels les prescriptions liturgiques ajoutent, sous la chasuble, la dalmaticelle, dalmatique légère rappelant que l'évêque possède les trois degrés du sacrement de l'Ordre (diaconat, presbytérat, épiscopat). La couleur épiscopale est le violet. Le violet est une couleur d’apaisement ; l’ardeur du rouge y est adoucie par la froideur du bleu. Le violet est donc la couleur symbolique par excellence de la tempérance. C’est pourquoi la soutane de l’évêque (ou à tout le moins le liseré de celle-ci et sa ceinture) est violette. La calotte violette qu'il porte souligne la dignité de la personne consacrée au service divin.

   
 

La mitre

La coiffure liturgique distinctive des hauts prélats de l'Église catholique ayant charge pastorale, c'est-à-dire les évêques et les abbés. La mitre apparaît en Occident au cours du XIIe siècle, vraisemblablement vers les années 1140-1150. Sa forme a cependant beaucoup évolué. Elle était originellement composée d'un bonnet fermé, enserré par un bandeau circulaire noué derrière la tête et retombant sur les épaules sous la forme de deux bandes, les fanons. Les faces antérieures et postérieures, appelées titres ou cornes, se sont progressivement élevées de façon parallèle, pour devenir de plus en plus hautes et de plus en plus pointues jusqu’au XVIIIe siècle. Les deux pans de la mitre ont pu signifier symboliquement les deux Testaments, le Nouveau étant devant. La mitre n'est portée que durant les cérémonies liturgiques. La forme ordinaire du rite romain distingue de la mitre précieuse ou orfrayée la mitre simple, en soie ou en toile blanche, portée en temps de deuil et de pénitence. Les cardinaux et les évêques portent toujours la mitre simple en présence du pape. La mitre dans le rite latin, de même que la tiare dans les rites orientaux, symbolise l’autorité magistrale de l’évêque, sa fonction d’enseignement, son doctorat. La mitre rappelle la coiffure du grand-prêtre du Temple de Jérusalem. Rappelons que dans la pensée des Pères de l'Église les plus anciens, l’évêque tient la place du grand-prêtre de la religion juive; les presbytres tiennent la place des prêtres de l’ancienne Loi, tandis que les diacres remplacent les lévites. Une hiérarchie à trois degrés se voit ainsi reconstituée à l’imitation de celle du Temple.

La crosse

Ou bâton pastoral, avait initialement la forme d'un Tau grec (T), mais à partir du XIIe siècle, son extrémité supérieure a pris la forme recourbée qui est aujourd'hui la plus répandue, en volute. Cette forme est aussi celle la houlette du berger, image très emblématique. Bâton de celui qui dirige, conseille, et secourt, houlette du bon pasteur, marchant à la tête du troupeau des fidèles, signe d'une autorité paternelle - « Le Seigneur est mon berger » (Jn 10,1-18 & 27-30) -. Le crosseron (volute au sommet de la crosse) est tourné vers l'assistance lorsque l'évêque célèbre dans son propre diocèse et vers lui même dans le cas contraire.

A ces insignes, il faut ajouter ceux que l'évêque porte couramment, en tenue liturgique comme en vêtement de ville : la croix pectorale et l'anneau pastoral.

La croix pectorale

Elle indique le caractère épiscopal. Elle est suspendue par une chaîne en habit de ville et un cordon de soie verte entrelacé d'or à la messe et au chœur. La couleur de ce cordon rappelle que le vert était jadis la couleur épiscopale - que l'on retrouve d'ailleurs dans l'héraldique ecclésiastique sur le chapeau et les glands des armoiries épiscopales.

L’anneau pastoral

Du latin « annellus » (chaînon, bague) ou « annulus » (bague), l’anneau pastoral est l'un des signes distinctifs de la charge épiscopale, porté à l'annulaire droit en toutes circonstances. Remis au nouvel évêque au jour de sa consécration, il est un signe de sa dignité et de sa juridiction. Il rappelle en effet que l'Évêque est Tête, Pasteur, Époux et Docteur de l'Église qui vit sur le territoire de son Diocèse. Ainsi, l'anneau signifie-t-il la fidélité de l'Évêque à l'Église, son alliance avec le diocèse qui lui a été confié. Jusqu'au Concile Vatican II, les anneaux épiscopaux étaient souvent ornés de pierres précieuses - généralement d'une améthyste. De nos jours, si cet usage perdure, nombre d'Évêques catholiques portent des anneaux simples, d'argent ou d'or, sans pierre, souvent agrémentés d'un symbole chrétien.

Le Sacré Pallium

On peut ajouter enfin le Sacré Pallium, une bande de laine blanche frappée de croix noires, dont sont revêtus les archevêques et qui leur est imposé par le pape. Il signifie la communion et l’union avec le siège de Rome. Le Pallium aurait été imaginé par le pape saint Marc, au début du IVe siècle.

   
  + Abbé Christophe Lefebvre

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