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  la procédure de canonisation - jean-paul ii
 

Si des milliers de personnes ont réclamé, à la mort de Jean-Paul II, qu’il soit proclamé « Saint, tout de suite !  » ("Santo subito"), la canonisation est en fait une longue procédure par étapes. Tout commence au plan diocésain, dans un délai minimum, normalement, de cinq ans après le décès de la personne. Tout baptisé peut demander l’ouverture d’un processus de béatification. De façon courante, c’est un évêque qui prend l’initiative d’engager la procédure. Il confie ensuite l’enquête à un prêtre ou un religieux, appelé « postulateur de la cause », chargé de monter un dossier selon des critères bien précis.

L’héroïcité des vertus 

L’enquêteur désigné par le diocèse a pour mission de prouver « l’héroïcité des vertus » du « candidat » à la béatification. Il se base pour cela sur trois critères, qui ne sont pas cumulatifs :

 

Le martyr 
Dans la religion catholique, le martyr est le don suprême du chrétien qui endure la souffrance et la mort afin de ne pas abjurer sa foi. Les premiers saints de l’histoire de l’Église ont presque tous été martyrs.

Les vertus chrétiennes 
Tous les saints et bienheureux ne sont pas pour autant martyrs. Leur foi peut être avoir été démontrée par leurs vertus chrétiennes qui sont, dans l’Église catholique, la démonstration que la sainteté n’est pas inaccessible à l’homme.

Le rayonnement spirituel 
Il s’agit en d’autres termes d’estimer la « réputation » du candidat. Pour cela, les témoignages de ceux qui ont connu le candidat sont essentiels lors du jugement.

Le passage au Vatican 

Lorsque l’enquête au sein du diocèse est terminée, le dossier est scellé et envoyé à la Congrégation pour les causes des saints au Vatican. C’est cette étape qui a été franchie, le 5 avril 2007, dans le cas du procès en béatification de Jean-Paul II. Trois caisses de documents ont ainsi été réunis. Cette congrégation, composée d’un collège de cardinaux et d’évêques, de rapporteurs et de consulteurs, qui sont le plus souvent des historiens ou des théologiens étudie, à son tour, le dossier transmis. Celui que l’on désigne sous le nom d’ « avocat du diable » fait aussi partie du collège. Au cours de la procédure, il est le promoteur de la foi, équivalent de l’avocat général. Ila pour mission de ne laisser aucune zone d’ombre  dans la vie du serviteur de Dieu, et donc de souligner tout ce qui pourrait être défavorable à sa cause. Le premier travail de la Congrégation  est  de résumer le dossier transmis par  le diocèse. Ce document, appelé « positio » passe ensuite entre les mains des théologiens qui doivent rendre un premier avis favorable.  Puis  il  est  ensuite confié aux évêques et cardinaux. Au cours de l’examen du dossier, le collège doit aussi se prononcer sur le miracle présumé attribué au candidat à la béatification.

Le miracle 

Il est la condition préalable à toute béatification ou canonisation. C’est en effet, pour l’Église, la confirmation par Dieu lui-même de la vie vertueuse d’un fidèle. Mais, fait inexpliqué par excellence, il ne doit pas moins être prouvé scientifiquement. Pour apporter la preuve du miracle, la Congrégation fait appel à une assemblée médicale composée de cinq médecins spécialistes. Celle-ci doit constater que la guérison est « rapide, complète, durable, et inexplicable dans l’état actuel des connaissances ». Le jugement est strictement scientifique, et il importe peu que les médecins soient ou non catholiques. Après examen par le collège médical, l’avis passe au conseil théologique de la Congrégation, qui se prononce sur le lien de causalité entre les prières adressées au défunt réputé saint et le miracle. Là encore, les témoignages des proches du fidèle sont indispensables... Si la Congrégation pour les causes des saints authentifie le miracle, c’est enfin au Pape de se prononcer : d’abord sur le caractère bienheureux du fidèle ; dans un deuxième  temps  et  si  le dossier le permet, sur sa sainteté.

De la béatification à la canonisation 

La béatification est le passage obligé avant la canonisation, et, pour de très nombreux fidèles, la dernière étape. Tous les bienheureux, en effet, ne deviennent pas saints. Mais leur  statut  est  reconnu  à part  entière par l’Église  et ils peuvent faire, eux aussi, l’objet d’un culte public, limité cependant aux lieux où  ils  ont  vécu.  Au contraire, le saint peut faire l’objet d’un culte universel. Un jour de l’année lui est consacré.  Mais il faut, pour qu’un bienheureux accède à ces « privilèges », qu’un deuxième miracle lui ait été reconnu. La canonisation est par ailleurs une sentence définitive sur la sainteté de la personne. C’est une proclamation qui engage l’autorité suprême du Pape, et qui touche au dogme de l’infaillibilité pontificale.

 
   

Le cas Mère Térésa et Jean-Paul II 

Si les normes habituelles au sein de l’Église imposent un délai de 5 ans entre la mort et l’ouverture du procès, Benoît XVI, poussé par l’adage médiéval « Vox populi, vox Dei » (la voix du Peuple est la voix de Dieu) a engagé un processus express dès le 13 mai 2005, deux mois seulement après le décès de Jean-Paul II.

Le précédent était récent : le même Jean-Paul II avait en effet autorisé une dérogation semblable pour l’ouverture du procès en béatification de Mère Térésa. La procédure d’examen du dossier avait été lancée, fait exceptionnel, deux ans seulement après sa mort. Celle qu’il considérait comme « un don de Dieu aux plus pauvres des plus pauvres » a aussi bénéficié du procès en béatification le plus rapide de l’histoire de l’Église catholique.

   
 

Parce que Jean-Paul II pensait que « les peuples ont besoin de modèles à suivre », il a multiplié les béatifications et canonisations : Au cours de ses 26 années de pontificat, 1339 bienheureux et 482 saints ont été proclamés par le pape polonais, soit plus du quart de ceux faits dans toute l’histoire de la chrétienté !

   
   
  + Abbé Christophe Lefebvre

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