Accueil > Les paroisses catholiques > Se laisser enseignerCours & conférences > La prière : un élan du cœur

Se laisser enseigner

Contact
Abbé Samuel Delmas Vicaire
  06 50 16 25 30  Contact

 

Mieux connaitre pour mieux aimer

Cours & Conférences

  la prière : un élan du cœur
 

« Il faut toujours prier, dit le Seigneur, et ne jamais cesser de prier ». (Lc 18, 1) Telle est l’invitation à la prière qui nous est faite et qu’il nous faut entendre pour notre propre vie.

Mais comment faut-il prier ? Qu’est-ce que prier ? La prière est aujourd’hui à la mode sous un grand nombre de formes différentes. On ne compte plus le nombre de livres qui traitent de la prière, de la méditation ou de l’oraison. Que ce soit pour s’adresser à Dieu, à un Être supérieur ou pour retrouver un équilibre intérieur perdu, qu’elle soit chrétienne ou non, la prière est à la mode.

Mais attention, soyons prudent. Car autant la prière est inscrite dans le cœur de l’homme, autant cette prière, comme toute chose, a besoin d’être éclairée  par  la  Révélation de Notre Seigneur Jésus-Christ. Nous pourrions regarder les origines de la prière païenne et voir comment dans la religion naturelle l’homme s’est peu à peu tourné vers le divin, mais nous n’en ferons pas ici notre propos. Toutefois, prenons le temps de nous arrêter sur le témoignage que nous donne l’Ancien Testament. La grande nouveauté de la Bible, c’est que soudain dans l’histoire de l’humanité, ce n’est plus l’homme qui s’est adressé à Dieu mais c’est Dieu qui s’est adressé à l’homme. Alors que l’homme ne l’attendait pas, Dieu s’est manifesté à lui (Abraham, Moïse, David...) Ici, c’est Dieu qui a pris l’initiative de la rencontre. C’est par l’action première de Dieu qu’a été conclue l’Alliance entre Dieu et un peuple. Peu à peu, l'homme s’est mis à l’écoute de Dieu avant de lui répondre.

 
 

Par l’Incarnation du Verbe de Dieu, Jésus-Christ, la réponse de l’homme a enfin correspondu aux appels divins. Par sa relation au Père, le Fils nous a révélé l’importance de l’amour filial et comment non seulement la prière nous met en présence de Dieu mais aussi nous unit à lui. Il nous a enseigné la prière du cœur à cœur avec le Père. Nous percevons ici comment la foi en Dieu est la racine de la vie spirituelle.

A l’occasion de la dernière année jubilaire, Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II écrivait :

« Il faut un christianisme qui se distingue avant tout dans l’art de la prière... Il est nécessaire d’apprendre à prier, recevant pour ainsi dire toujours de  nouveau  cet  art  des  lèvres même du divin Maître, comme les premiers disciples : « Seigneur, apprends-nous à prier. » (Lc 11, 1).

Dans la prière se développe ce dialogue avec le Christ qui fait de nous ses intimes : « Demeurez en moi, comme moi en vous. » (J 15, 4). Cette réciprocité est la substance même, l’âme, de la vie chrétienne... Réalisée en nous par l'esprit Saint, elle nous ouvre, par le Christ et dans le Christ, à la contemplation du Père...

Nos communautés doivent devenir d’authentiques écoles de prière. Il s’agit d’une prière intense qui, en ouvrant le cœur de l'amour de Dieu, l’ouvre aussi à l’amour des frères... Il faut que l’éducation à la prière devienne en quelque sorte un point déterminant de tout programme pastoral...

Il faudrait redonner de la valeur, avec les discernement voulus, aux formes populaires de la prière et surtout éduquer à la prière liturgique... » (Lettre apostolique au terme du grand jubilé, n° 32 et 34)

Il y a un instant, j’écrivais que la prière est à la mode, mais soyons réaliste, seulement dans la mesure où elle satisfait l‘esprit du monde, lorsqu’elle est à mon service et que j’y trouve une satisfaction.

Qu’est devenue la prière de chaque soir en famille ? Qu’est devenu l’enseignement du Seigneur de « toujours prier » ?
Certes, on peut se réjouir car dans nos paroisses, il y a des groupes de prière biblique, des groupes de prière charismatique, des équipes du Rosaire, nous sommes portés par la prière liturgique, mais nous devons aussi reconnaître que beaucoup ne pratiquent pas la prière personnelle.

S’il y a si peu de vocations particulières, s’il y a un si grand nombre de familles qui se déchirent, si autant de chrétiens n’arrivent pas à tenir les promesses de leur baptême, c’est parce que la prière a perdu sa valeur. Or, il ne s’agit pas seulement de piété, la prière est une attitude déterminante pour le salut car elle se trouve à la jonction entre la liberté de celui qui prie et l’accueil de la grâce que Dieu donne.

Lorsque le Seigneur a commandé que nous prions sans cesse, il a poursuivi par cette interrogation : « Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Prier est une nécessité vitale nous dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique. « La preuve par le contraire n’est pas moins convaincante : si nous ne nous laissons pas mener par l'esprit, nous retombons sous l’esclavage du péché. Comment l'esprit-Saint peut-Il être « notre Vie » si notre cœur est loin de Lui ? » (CEC 2744)

« Pour moi, la prière c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie. » (Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, ms. Autob. C 25r.) 

   
  + Abbé Samuel Delmas
   

Vous aimerez aussi ...