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  les différentes formes de prière
 

Alors que le saint Curé d’Ars était dans son église, il avait remarqué qu’un paysan venait régulièrement prier devant le Saint Sacrement. Alors, comme tout bon pasteur il lui demanda ce qu’il faisait, comment il priait, et l’homme lui répondit : « Je l’avise et il m’avise ».

Cette parole jaillissant d’un cœur simple est un enseignement sur la prière. La prière ne se résume pas à la récitation de formules toutes écrites (bien que cela soit utile en particulier pour stimuler la ferveur). La prière est en premier lieu un élan d’amour du cœur, la recherche de l’union à Dieu.

Il existe néanmoins plusieurs expressions de la prière que nous qualifierons selon les expressions suivantes : l’adoration, la louange et l‘action de grâces, la demande et l’intercession, l’offrande. Ensemble, elles forment un tout cohérent.

L’adoration

 

Le mot « adorer » vient du latin « os, oris » qui veut dire « la bouche » (qui a donné : oral, oraison). « Orare » signifie donc prier avec la bouche, parler à Dieu. « Ad » signifie « adhérer ». Aux origines de l’expression se trouve le geste de reconnaissance de supériorité et de soumission que les romains faisaient en présence de l’empereur alors qu’ils lui baisaient les pieds en se prosternant. L’adoration venait de la reconnaissance absolue envers celui à qui on doit beaucoup.

Dans le contexte chrétien, l’adoration est l’attitude de celui qui reconnaît Dieu comme Dieu. C’est l’attitude de celui qui reconnaît que tout ce qu’il a, il le doit à Dieu. Lorsque j’adore, je reconnais alors au plus haut degré que Dieu est Dieu et que je suis sa créature. L’adoration est le plus grand de tous les commandements : « Car il est écrit : c’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte. » (Mt 4, 10 citant Dt 6, 13).

Cependant, l’adoration ne s’adresse pas à Dieu seul en tant que Créateur tout-puissant. Elle s’adresse aussi à Jésus-Christ. Nous reconnaissons en Jésus-Christ Dieu fait homme. Par l’Incarnation Dieu s’est révélé. Et en même temps, par le mystère de la Sainte Trinite, le Père qui est le sujet parfait de l’adoration a trouvé un adorateur parfait « De toute éternité, il y avait un Dieu infiniment adorable, mais il n’y avait pas un adorateur infini... » (Cardinal de Bérulle). Toute la vie du Christ était tournée vers le Père et n’a été autre chose qu’une adoration continuelle.

De la prière d’adoration est née la pratique liturgique de l’adoration du Saint-Sacrement « qui est un acte de foi et de prière adressée au Seigneur Jésus, réellement présent dans le Sacrement de l’autel. » (Benoit XVI, Homélie Corpus Domini 2012) En Jésus-Christ Dieu se révèle et agit.

Enfin, il est d’heureuse tradition que de n’utiliser les mots « adorer » ou « j’adore » seulement pour décrire notre amour de Dieu. Veillons à ne pas l’utiliser n’importe comment et pour n’importe quoi.

La louange et l’action de grâces

La louange et l’action de grâces sont les attitudes qui suivent l’adoration. Alors que l’adoration nous invite à nous prosterner la face contre terre, la louange nous relève et fait monter nos cœurs vers Dieu.

La liturgie de l’Eglise est héritière de la liturgie juive qui a pour structure la prière des psaumes. Dans cette prière, nous y retrouvons l’adoration, la louange et l’action de grâces : « Je raconterai ta grandeur... on fera mémoire de ton immense bonté, on acclamera ta justice... » (Ps 44). La louange a comme un parfum de gratuité : c’est reconnaître que tout est don de Dieu.

L’action de grâces est de l’ordre du remerciement pour ce que Dieu donne et fait pour l’homme : « En toute occasion bénis le Seigneur ton Dieu. » (Tb 4, 19).

Nous avons plusieurs motifs d’action de grâces :
• parce que Dieu est Dieu et qu’il donne sens à toute chose ;
• parce qu’il est notre Créateur ;
• parce qu’il nous a sauvés de la mort et du péché ;
• enfin pour tout ce qui fait notre vie : les rencontres, les joies, les croix qui nous unissent au Christ souffrant...

La Sainte Messe est appelée « Eucharistie », elle est « l’action de grâces » par excellence.

La demande et l’intercession

On entend parfois certaines personnes dire qu’elles ne prient jamais pour elles ! Pourtant, la prière de demande n’est pas une forme d’égoïsme. Elle est omniprésente dans les Saintes Ecritures et Jésus-Christ lui-même l’enseigne à ses disciples : « Si deux d’entre vous unissent leur voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. » (Jn 15, 16)

La prière de demande est la prière de l’enfant envers Celui qui s’est révélé comme Père. C’est reconnaître que nous ne nous suffisons pas à nous-mêmes, même dans les petites choses. La prière de demande jaillit de l’humilité et de la confiance. L’histoire de l’Eglise, la vie des saints, nous montre combien de grâces ont été accordées à ceux qui ont su demander avec confiance.

Dans la liturgie, modèle de la prière chrétienne, la demande trouve une place privilégiée dans les intercessions de l’office des Laudes et des Vêpres mais aussi dans la Prière Universelle à la Sainte Messe.

Mais Dieu exauce-t-il nos prières ? Il apparaît qu’il y a des prières qui ne sont pas exaucées telles quelles. Cependant, il nous faut croire qu’aucune prière d’intercession ou de demande n’est jamais perdue, car Dieu s’est engagé à exaucer nos prières : « Demandez et vous recevrez. » Ayons confiance en Dieu, il voit plus loin et plus grand que nous ! Il sait ce dont nous avons vraiment besoin, mettons nos demandes à la hauteur de ses désirs.

Enfin, il ne faut jamais oublier de rendre grâces pour les bienfaits obtenus. Nos ancêtres utilisaient les ex-votos pour concrétiser leur reconnaissance à Dieu pour une prière exaucée. Et nous, savons-nous dire merci pour ce que Dieu nous offre ?

L’offrande

La prière d’offrande est l’aboutissement de la prière, c’est l’accomplissement de notre baptême. Alors que Jésus-Christ s’est offert à son Père par amour pour nous, à notre tour nous nous offrons au Père par amour. L’offrande manifeste que la prière est notre dialogue avec Dieu afin de retourner vers lui. C’est un acte vital nécessaire au salut ! C’est de l’offrande que naît la résolution, la décision d’agir et de se convertir.
Les saints ont écrit d’admirables actes d’offrande (Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, Bse Elisabeth de la Trinité...)

Une vieille tradition résume ce mouvement de prière par l’anagramme latin : A.R.D.O.R. C’est-à-dire « ardeur ».

• ADORATION : prendre conscience que Dieu nous donne tout et tout le temps.
• REMERCIEMENT : élan de reconnaissance pour ce don gratuit.
• DEMANDE : découvrir ce que Dieu veut de nous, c’est-à-dire le meilleur.
• OFFRANDE : Dieu se donne pour que nous puissions nous donner à Lui.
• RESOLUTION : notre engagement dans l’œuvre de Dieu.

   
  + Abbé Samuel Delmas
   

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