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  la prière - les attitudes
 

L’attitude corporelle dans la prière peut, à première vue, paraître un détail, mais on se tromperait en réduisant le corps à un accessoire insignifiant. Tout notre être est invité à participer à la prière. Notre attitude extérieure n’est pas sans rapport avec nos dispositions intérieures ; quoique secondaires, elle les reflète, en même temps qu’elle les cultive. On constate, par exemple, dans la piété eucharistique de certains fidèles - ou certains prêtres - que la négligence habituelle des signes de révérence induit, sinon une foi émoussée, du moins une perte du sens du sacré.

Qu’exprime-t-on de sa foi dans l’Eucharistie quand, dans la forme, on la reçoit comme on le ferait avec un ticket de bus (et les exemples ne manquent pas dans nos assemblées...) ? L’habit ne fait pas le moine, certes, mais il y contribue, et le paradoxe est qu’au moment où le corps - et donc les attitudes extérieures- prétendait avoir retrouvé  dans notre culture la place qui lui revenait, on a été tenté de le négliger dans la liturgie. C’est au moment où l’on en a appelé à un renouveau biblique qu’on a abandonné, en bien des endroits, une attitude fondamentale qui se retrouve tout au long de la Bible qui est celle de se mettre à genoux devant Dieu - abandon qui est parfois le reflet de l’orgueil plus ou moins conscient de chrétiens qui se croient trop bien pour avoir à s’abaisser. Se mettre à genoux n’est pas, bien sûr, une attitude exclusive, et la station debout dans la prière est  tout  aussi  riche  de  signification.

   
 

A genoux

Attitude spontanée que prend l’homme quand il veut marquer son adoration, son imploration ou son repentir, la position à genoux est celle du pécheur face à la Sainteté de Dieu. Elle exprime notre petitesse et notre pauvreté. Dans la tradition biblique, la prière se fait normalement debout, mais aussi à genoux quand elle devient plus intense ou plus humble. La liturgie invite parfois les fidèles à s’agenouiller, notamment à la messe, au moment de la consécration, éventuellement pour communier, mais aussi dans le Sacrement de Pénitence pour recevoir l’absolution.

Debout 

Dans la liturgie, la position debout n’est pas seulement une marque de respect. Se tenir debout, c’est l’attitude de ceux qui vivent de la résurrection du Christ, de l’homme ressuscité, à l’image du Christ, debout à la droite du Père. Nous devons nous tenir debout avec fierté et dignité, c’est-à-dire en se tenant droit avec les mains correctement placées. Pour la proclamation de l’Évangile, l’assemblée se lève. Ce changement d’attitude souligne que l’Évangile n’est pas une lecture comme les autres : c’est le Christ lui-même qui nous parle. La conclusion le manifeste : « Louange à toi, Seigneur Jésus ». C’est pourquoi on se lève pour les louanges et les acclamations (Gloria, Alléluia, préface, Sanctus) et pour la profession de foi (Credo). Se tenir debout est le signe d’une disponibilité, celle du serviteur qui a les reins ceints, prêt à obéir au commandement, celle de l’Apôtre prêt à répondre à l’appel. C’est aussi l’attitude de l’intercession. Les premiers chrétiens affectionnaient  cette  façon  de  faire. On connaît l’Orante des catacombes qui prie debout, les bras ouverts, drapée dans ses habits aux larges plis tombants. Tout son extérieur révèle une âme libre, fortement disciplinée. On la devine prête, attentive à partir joyeusement pour l’action.

Assis

Dans la liturgie de la Parole, l’attitude habituelle pour écouter les lectures liturgiques est la position assise. Ce n’est pas simplement un confort pour le dos des paroissiens ; c’est l’attitude du disciple qui se laisse enseigner, comme Marie de Béthanie aux pieds du Seigneur. Ce n’est pas une position de repos. C’est l’attitude de ceux qui se recueillent pour écouter et recevoir avec calme et recueillement la parole de Dieu et la faire pénétrer dans leur cœur.

Prosterné

Du mot latin prostratio : «  action de se coucher en avant, de s’étendre sur le sol », la prostration est un geste liturgique rare, mais particulièrement éloquent : il consiste à s’étendre de tout son long sur le sol. C’est l’attitude que prennent, pendant le chant des litanies, ceux qui vont être ordonnés évêque, prêtre ou diacre, ceux et celles qui vont faire leur profession religieuse définitive : elle signifie moins l’anéantissement devant Dieu, qu’elle n’exprime une parfaite disponibilité à l’appel divin. Au début de l’office du Vendredi Saint, l’après-midi, le célébrant et ses ministres se prosternent, exprimant ainsi leur humble adoration devant le Mystère de la Rédemption par la Croix, tel que la liturgie va le célébrer.

La génuflexion

C'est le mouvement ponctuel qui marque la révérence et l’adoration, se fait devant le tabernacle où demeure la Présence réelle. Elle se fait à deux genoux devant le Saint-Sacrement exposé. L’inclination se fait devant l’autel, la Croix, mais aussi, dans l’action liturgique devant le célébrant qui tient la place du Christ. Elle peut se faire aussi avant de recevoir la Communion, à la place de la génuflexion. Les mains élevées évoquent la louange qui s’élève vers Dieu et l’élan du cœur, tandis que le geste des mains jointes évoquent, dans une symbolique toute médiévale, l’hommage de fidélité du vassal à son suzerain, donc du croyant envers son Seigneur.

   
  + Abbé Christophe Lefebvre

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