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Bibliothèque Saint Thomas d'Aquin

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Saint Thomas d'Aquin

   
 

Le but de la Philosophie n'est pas de savoir ce que les hommes ont pensé, mais bien quelle est la vérité des choses. St Thomas d'Aquin

Son enfance

Thomas d’Aquin (Tommaso d’Aquino) est né en 1224 ou 1225, au château de Rocca-Secca, près de la petite ville d’Aquino, dans le royaume de Naples. À titre de point de repère, on se rappellera que 1225 est l’année de la mort de saint François d’Assise et de la montée sur le trône de France de saint Louis. Thomas d’Aquin apparaît au sein d’une famille noble relativement modeste, qui n’en cherche pas moins pour autant à élargir l’assiette de son pouvoir et de son influence au sein du monde laïc comme du monde ecclésiastique.

Son biographe tardif, Guillaume de Tocco, rapporte une anecdote de l’enfance de Thomas d’Aquin, où l’on s’était plu à lire un signe de ce qu’il devait devenir. Il était encore au berceau, quand un jour sa nourrice voulut lui ôter un papier qu’il tenait à la main. Mais l’enfant se mit à protester en criant. Sa mère survient, elle arrache de force le papier des mains de son fils, malgré ses cris et ses larmes, et elle voit alors avec admiration qu’il ne contient que ces deux mots: Ave Maria

Ses études

Thomas est élevé comme oblat au monastère du Mont-Cassin, non loin du château familial, dans la célèbre école des Bénédictins. Sa famille souhaitait sans doute l’y voir un jour comme prieur ou abbé  afin d’asseoir son influence dans la région. Forcé de quitter le monastère du Mont-Cassin par suite de l’expulsion des moines en 1239, Thomas poursuit alors ses études à l’université de Naples, où il prend un premier contact avec les nouveaux textes et les nouvelles méthodes qui commencent à pénétrer le milieu des écoles. En 1244, à l’âge de dix-huit ou dix-neuf ans, malgré le désaccord de ses parents, il entre à Naples dans l’ordre des Frères prêcheurs fondé par Dominique de Guzman (saint Dominique) en 1216, pour lutter contre l’hérésie albigeoise par la pauvreté volontaire et la prédication.

Alors que les Dominicains cherchent à l’envoyer à Paris, sans doute pour le mettre à l’abri des interventions intempestives de sa famille, celle-ci s’empare de lui alors qu’il est en route. Il est séquestré dans une tour du château familial. Guillaume de Tocco raconte avec une certaine verve certaines péripéties de la résistance de Thomas d’Aquin. Tous les moyens sont bons pour tenter de le faire plier ! Mais, imperturbable, Thomas consacre ses loisirs forcés à lecture de l’Écriture… La force ayant échoué, on recourt aux séductions d’une courtisane. Mais Thomas saisit dans le foyer un tison enflammé et la met en fuite. Il se jette ensuite à genoux, puis s’endort. Pendant son sommeil, il voit des anges descendre du ciel pour le féliciter et lui ceindre les reins, en lui disant :

« Reçois de la part de Dieu le don de la chasteté perpétuelle. »

Son confesseur déclarera après sa mort que Thomas était mort aussi pur qu’un enfant de cinq ans.

Grâce à sa ténacité et à la complicité des frères dominicains, il peut enfin poursuivre sa vocation. Envoyé à Paris en 1245, il y fait la rencontre d’Albert le Grand (v. 1193-1280), qui se l’attachera et l’amènera avec lui à Cologne en 1248, où il poursuivra ses études jusqu’en 1252. Guillaume de Tocco a attiré l’attention sur un épisode de cette période qu’il juge significatif. Taciturne au milieu d’étudiants plutôt turbulents, « ne conversant qu’avec Dieu », on l’appelait, avec une pointe de dérision, le « bœuf muet ». Mais son maître aurait dit un jour de lui, en public :

« Vous voyez ce boeuf que vous appelez muet. Eh bien ! il fera retentir bientôt tout l’univers de ses mugissements. »

L’avenir devait confirmer cette prédiction.

Le maître

Entre 1252 et 1259, Thomas d’Aquin se trouve de nouveau à l’Université de Paris. Il y franchit les premières étapes de sa carrière d’enseignant universitaire, d’abord comme « bachelier biblique » (le commentaire de l’Écriture étant la première tâche du théologien), de 1252 à 1254, puis comme « bachelier sententiaire » (autorisé à commenter les Sentences de Pierre Lombard), de 1254 à 1256. En 1256, à un âge d’une précocité exceptionnelle et grâce à une exemption particulière, il commence à exercer la fonction de maître en théologie, qui le retiendra à Paris jusqu’en 1259.

Il continuera d’exercer cette fonction jusqu’à la fin de sa vie dans divers milieux. Sa réputation est maintenant établie. De 1259 à 1268, il retourne en Italie, où il est œuvre principalement à la curie pontificale et au couvent dominicain de Sainte-Sabine. Puis, il est de retour à Paris de 1269 à 1272, où il est mêlé à deux conflits particulièrement virulents avec les tenants d’un augustinisme radical et les partisans des clercs séculiers, qui s’élèvent contre les privilèges des ordres mendiants.

Entre 1272, Thomas d’Aquin doit revenir à Naples afin d’y établir une maison d’études pour les dominicains. Selon certains témoins, à partir du début de décembre 1273, Thomas d’Aquin aurait été plongé dans ce qui paraissait une abstraction totale par rapport à son entourage. Même sa sœur la plus proche ne réussissait plus à communiquer avec lui. Interrogé, son secrétaire et ami, frère Réginald aurait affirmé à celle-ci que Thomas était dans cet « état d’abstraction » depuis la fête de saint Nicolas (6 décembre 1273). Pressé par Réginald de s’expliquer, Thomas, en poussant un profond soupir comme un homme arraché à un profond sommeil, lui aurait répondu :

« Réginald, mon fils, je vais vous apprendre un secret; mais je vous adjure, au nom du Dieu tout-puissant, par votre attachement à notre ordre et l’affection que vous me portez, de ne le révéler à personne, tant que je vivrai. Le terme de mes travaux est venu ; tout ce que j’ai écrit et enseigné me semble de la paille auprès de ce que j’ai vu et de ce qui m’a été dévoilé. Désormais j’espère de la bonté de mon Dieu que la fin de ma vie suivra de près celle de mes travaux. »

En janvier 1274, Thomas reçoit pourtant une invitation personnelle du pape Grégoire X à participer au concile général qui doit se tenir à Lyon (1274). Mais, en cours de route, il doit s’arrêter, malade, à l’abbaye de Fossa Nova, où il meurt le 7 mars 1274.

Sa véritable carrière ne faisait que commencer… Ce n’est qu’après bien des soubresauts, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’ordre des Frères prêcheurs, que son enseignement et son œuvre seront réhabilités et deviendront une référence obligée de l’enseignement de la théologie. Quant à sa sainteté, elle fera l’objet d’un laborieux procès de canonisation amorcé en 1317, qui aboutira à sa canonisation effective le 18 juillet 1323 (Claire Le Brun-Gouanvic, Ystoria sancti Thomae de Aquino de Guillaume de Tocco (1323). Édition critique, introduction et notes, coll. « Studies and Texts », 127, Toronto, Pontifical Institute of Mediaeval Studies, 1996. Une traduction française en sera publiée aux Éditions du Cerf, Paris).

À moins de cinquante ans, Thomas d’Aquin laissait derrière lui une œuvre immense. Il aura sans conteste été celui qui, grâce à un labeur colossal, à une audace dont on mesure à peine la portée et à une lucidité exceptionnelle, aura réussi à réaliser une synthèse acceptable entre les positions classiques de la pensée chrétienne et les nouvelles orientations proposées par la pensée aristotélicienne, telle qu’elle venait à la connaissance des maîtres du XIIIe siècle au moment où Thomas d’Aquin entrait en scène. Thomas d’Aquin releva un défi que bien peu furent en mesure d’affronter.

Son titre de « Docteur angélique » lui vient de ses nombreux traités des anges.

Le saint

Il entend un jour Jésus-Christ lui adresser, du fond du Tabernacle, cette parole célèbre:

 « Tu as bien écrit de Moi, Thomas. Quelle récompense désires-tu recevoir? » 

Et le saint, pénétré d’amour, s’écria : 

« Pas d’autre que Vous, Seigneur ! »

Sa mort

Le 6 décembre 1273, fête de saint Nicolas, célébrant la messe dans la chapelle dédiée à ce saint au couvent de Naples, il a une révélation qui le change tellement, que dès lors il ne lui est plus possible ni d’écrire ni de dicter. « Ou plutôt, dit un auteur ancien, le Docteur brisa sa plume; » il en était à la troisième partie de sa Somme, dans le traité de la Pénitence.

Frère Réginald, son secrétaire, voyant son maître cesser d’écrire, lui di t:

 « Père, comment laissez-vous inachevée une oeuvre si grande entreprise, par vous pour la gloire de Dieu et l’illumination du monde? - Je ne peux continuer, »

 répondit le Saint. Réginald, qui craignait que l’excès du travail n’eût émoussé l’intelligence du grand Docteur, insistait toujours, pour qu’il écrivît ou dictât, et Thomas lui répondait : 

« En vérité, mon fils, je ne puis plus; tout ce que j’ai écrit me paraît un brin de paille ».

Sur le conseil de ses supérieurs, qui pensèrent qu’une absence de Naples le reposerait, Thomas se rendit chez la comtesse de San-Severino, sa soeur, pour laquelle il avait une vive affection: Il n’y arriva qu’avec une extrême difficulté, et lorsque la comtesse vint à sa rencontre, c’est à peine s’il lui parla. Elle en fut effrayée, et dit au compagnon du Bienheureux: « Qu’est-il donc survenu à mon frère, qu’il soit comme étranger à tout, et qu’il ne m’ait presque rien dit? — Depuis la fête de saint Nicolas, répondit Réginald, il est fréquemment dans des abstractions de ce genre, et il n’a plus écrit. Cependant je ne l’avais pas vu encore si complètement absorbé. » Et, après une ou deux heures, s’approchant du Maître, il le tira vivement par sa chape, pour le faire revenir à lui. Thomas poussa un soupir, comme un homme arraché aux douceurs d’un profond sommeil, et dit: « Réginald, mon fils, je vais vous apprendre un secret; mais je vous adjure, au nom du Dieu tout-puissant, par votre attachement à notre Ordre et l’affection que vous me portez, de ne le révéler à personne, tant que je vivrai. Le terme de mes travaux est venu; tout ce que j’ai écrit et enseigné me semble un brin de paille auprès de ce que j’ai vu et de ce qui m’a été dévoilé. Désormais j’espère de la bonté de mon Dieu que la fin de ma vie suivra de près celle de mes travaux ».

Et effectivement, saint Thomas mourut quelques temps après, le 2 mars 1274. Sans doute a-t-il eu, ce jour-là, la révélation brûlante et expérimentale, l’apparition du Messie dans sa gloire venu lui prêcher l’évangile pour l’heure de sa mort. Ce sermon n’est-il pas la trace d’un de ses derniers essais de prédication?

L’histoire de Guillaume de Tocco dit que, juste avant sa mort, saint Thomas, se rendit à Lyon pour un Concile. Sur la pression des moines d’un monastère où ils s’était arrêté pour l’étape, il voulut commencer un commentaire du Cantique des cantiques. Il n’en reste pas de trace, sauf peut-être un extrait qui dit tout….

« Mon âme s’est liquéfiée quand mon bien-aimé a parlé ».

Ces paroles sont inscrites dans le Cantique (5, 6) à l’endroit où l’époux reconnaît le double bienfait de Dieu…

Sa canonisation

Peu de temps après sa mort en 1277, par une habile cabale des professeurs séculiers, certains articles de la synthèse doctrinale de Thomas furent condamnées par la Sorbonne. Juste retour des choses, Thomas d’Aquin salué dès 1317 comme « docteur commun ». Il fut canonisé le 18 juillet 1323 à Naples. Sur l’ordre du pape Urbain V, son corps fut transféré à Toulouse en 1368. A partir du XV° siècle, il fut de plus en plus appelé « docteur angélique » à cause de ses nombreux traités des anges. Saint Pie V, le 11 avril 1567, le proclama docteur de l’Eglise. Le pape Léon XIII, au XIX° siècle le déclara patron des écoles et universités catholiques. C’est ce génie extraordinaire qui a fait de saint Thomas un penseur, qui maintenant encore, a une grande autorité dans l’Eglise. Et le Pape Jean-Paul II a rappelé que c’est un auteur moderne. Il ne pourra être absent du renouveau de la théologie catholique.

   
  Sources : INSTITUT DOCTEUR ANGÉLIQUE - INSTITUT PRIVÉ DE PHILOSOPHIE ET DE THÉOLOGIE CATHOLIQUE

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