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Célébrer et Prier

 
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Renaud Dedies  
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Cœur à cœur
Nous Te rendons grâce,
Dieu éternel et tout-puissant,
  car Tu es glorifié dans l'assemblée
des saints : lorsque Tu couronnes leurs mérites, Tu couronnes tes propres dons. Dans leur vie, Tu nous procures un modèle, dans la communion avec eux, une famille,
et dans leur intercession, un appui ; afin que, soutenus par cette foule immense de témoins, nous courrions jusqu'au bout l'épreuve qui nous est proposée et recevions avec eux l'impérissable couronne de gloire,
  Par le Christ, notre Seigneur.
  Préface de la Toussaint  
Donner du temps à l'essentiel

Le culte des Saints  les saints d'ici

Saint Antoine-Marie Claret - 24 octobre

C'est un parcours bien sinueux que celui d'Antoni Claret i Clarà né le 23 décembre 1807 à Sallent d'une famille nombreuse. Pieux et intelligent, il apprend le latin et reçoit une éducation religieuse soignée. Mais il doit travailler, apprendre le métier de tisserand auprès de son père qui l'envoie à Barcelone se perfectionner : il a 17 ans. Le soir, il travaille son latin et apprend l'imprimerie.

Il décide d'entrer au séminaire de Vic. Il pense à la Chartreuse, mais finit par renoncer. Ordonné en 1829 à Solsona, il exerce comme vicaire, puis curé d'une paroisse rurale tout en poursuivant ses études de théologie.
Attiré par les missions, il part pour Rome et effectue un noviciat chez les Jésuites ; mais sa santé fragile l'oblige à rentrer en Catalogne, malade et déçu, en 1840. Curé de Viladrau, il prend conscience de l'ignorance religieuse et du peu de pratique des milieux populaires dans un pays « chrétien » : il va organiser des « Missions populaires » : après un essai réussi à Viladrau, il sillonne à pied la Catalogne, prêchant 157 missions avec un grand succès. Jusqu'aux Iles Canaries qui le demandent. Il publie de nombreux livres et feuillets pour pérenniser ses enseignements, et fonde la « Llibreria religiosa ». Ainsi sa formation d'imprimeur lui est utile, et sa vocation de missionnaire se concrétise, mais dans son pays : la providence suit parfois des voies détournées !
Son exemple fait des émules, il fonde à Vic en 1849 la congrégation des missionnaires fils du cœur immaculé de Marie, les Clarétains. À la demande de la reine Isabel II, il est nommé archevêque de Santiago de Cuba, peut-être pour l'éloigner de façon élégante. Pour marquer ce changement de vie, il adjoint « Marie » à son prénom, et s'attelle à sa nouvelle tâche, annonçant l'évangile en paroles et en actes. En priorité, il va améliorer l'instruction des vingt-cinq prêtres de son vaste diocèse, doubler leur nombre, créer une cinquantaine de paroisses.
Lui-même prêchera pendant deux ans dans les milieux populaires, distribuant près de 100 000 livres, plus de 80 000 images pieuses. Il fonde des caisses d'épargne, des lieux d'accueil pour les enfants et les vieillards pauvres. Ici aussi il pérennise ses actions en fondant une congrégation de religieuses, les missionnaires clarétaines de Marie Immaculée. Ici encore les oppositions ne manqueront pas : ses prises de positions contre l'esclavage lui valent la haine de notables qui le traitent de révolutionnaire, quand les autonomistes voient en lui un agent du pouvoir colonial et que les pouvoirs publics le jugent incontrôlable. Il subit bien des attaques, même des attentats, où il frôle la mort. Une fois de plus il dérange. Au XIXe siècle l'Espagne vit une histoire agitée : la reine, installée sur le trône dès l'âge de 13 ans, doit gérer, non sans hésitations, un pays en proie aux luttes acharnées entre les « libéraux » très anticléricaux, et les conservateurs qui instrumentalisent l'Eglise ; d'où une succession de révoltes carlistes ou cristinistes, et de révolutions de palais. Quant à sa vie, privée, ce n'est guère mieux : mariée contre son gré, pour des raisons dynastiques, à un cousin germain ouvertement homosexuel, on lui prête de nombreux amants, auxquels on attribue la paternité des onze enfants royaux dont beaucoup meurent en bas âge. Elle choisit comme confesseur Antoine-Marie Claret. Selon les pratiques de l'époque, il aurait pu conserver son diocèse en le gérant depuis Madrid. Il préfère y renoncer. Sans abandonner la prédication publique, il assumera pleinement sa nouvelle fonction. Il s'efforce d'améliorer la moralité de la cour, influence les nominations d'évêques, organise un centre d'études ecclésiastiques à l'Escurial, fonde l'Academia de San Miquel pour mettre en contact les forces vives des milieux artistiques, du journalisme et des laïcs catholiques. Appelé à la présidence du monastère de l'Escorial, il en fait un centre de spiritualité et d'études de haut niveau. Parallèlement il fonde des bibliothèques populaires et paroissiales. Tout cela lui attirera une fois de plus inimitiés, calomnies, et la haine des ennemis du régime en place.
La révolution de 1868 exile la reine. Il doit la suivre à Paris. Les claretains sont expulsés de leurs six maisons et se réfugient chez nous. La santé d'Antoine-Marie décline, Il participe pourtant au concile Vatican I. Lors d'un de ces déplacements à Rome en juillet 1870, il vient visiter ses disciples à Prades, où malgré sa maladie, il s'exprime en public. L'ambassadeur d'Espagne s'en émeut et demande qu'il soit arrêté. L'évêque de Perpignan, averti, peut le prévenir à temps : il se réfugie dans l'abbaye de Fontfroide, où il meurt le 24 octobre.
Depuis 1897, son corps repose à Vic. Pie XII le canonisera en 1950. Plus de 2000 clarétains poursuivent son œuvre dans 63 pays.

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Saint Ermengol (v.979+1035) - 3 novembre

C'est un personnage bien oublié chez nous que ce saint évêque, Ermengol (Ermengaud) d'Urgell. Pourtant, il est très lié a notre histoire locale : il naît à Aiguatèbia dans le haut Conflent au Xe siècle (979?). C'est une période cruciale où les zones montagneuses sont au centre d'une vive activité culturelle et politique. Fils du vicomte de Conflent, apparenté au grand abbé Oliba, neveu de Salla, son prédécesseur sur le siège d'Urgell. la carrière ecclésiastique d'Ermengol avait été préparée par des pactes familiaux et entre clercs, non exempts de simonie, ce qui ne semblait pas devoir prédisposer à la sainteté... Salla se charge de son éducation : Ermengol, encore jeune homme, est fait archidiacre d'Urgell, fonction qui conduisait habituellement à succéder à l'évêque, ce qui se produit en 1010.

Ermengol se révéla un grand pontife : l'ambiance de l'époque était à la réforme, dans l'esprit de Cluny. En s'assurant des appuis indispensables, il mit en application celle des communautés monastiques et du chapitre de la cathédrale déjà projetée par son oncle ; il écarta les clercs concubinaires ou simoniaques, et imposa une vie régulière : repas en commun, prière et activités pastorales. Il ira même plusieurs fois jusqu'à Rome recueillir l'approbation des papes Serge IV puis Benoît VIII. Il prépara son pèlerinage à Compostelle, en rédigeant un testament de haute tenue spirituelle.
Bien que pris dans les liens de la féodalité naissante, il obtint ensuite que ses successeurs en soient dégagés, et défendit les droits et la liberté de son Eglise. Il exerça en plusieurs occasions la fonction de juge. Enfin, il soutint l'initiative d'Oliba pour limiter les guerres privées, en participant à la promulgation et l'extension de la Trêve de Dieu.
Il déploya une grande activité de constructeur d'églises dont sa cathédrale. Mais, ce qui lui vaudra une durable réputation de sainteté, c'est qu'il se préoccupa du bien-être et de la prospérité de son diocèse, en particulier par la construction de voies de communication et de plusieurs ponts, dont celui de Bar. Il n'hésitait pas à payer de sa personne, puisque c'est en participant lui-même à une délicate opération sur cet ouvrage qu'il fut victime de la chute qui causa sa mort le 3 novembre 1035. Sept ans plus tard, son corps fut transféré à coté de l'autel de la cathédrale, ce qui était à l'époque une sorte de canonisation. Dès 1045, un document le qualifie de saint et sa fête liturgique est attestée. Enfin sa paroisse natale, Aiguatèbia, le choisit comme patron en 1072.

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Sainte Eulalie et sainte Julie (+304) - 10 décembre

Merida, fondée sous le nom d'Emerita Augusta par Octave Auguste en 25 av J.C. fut capitale de la province romaine de Lusitanie, important centre juridique, économique, militaire et culturel. Par la suite, les Wisigoths en feront leur capitale. En 713, les armées arabes conquirent la ville. En 1230, elle fut libérée par les troupes d'Alphonse IX de Leon.

L'importance de la ville explique la diffusion du culte de sainte Eulalie dans tout le domaine wisigothique (Espagne, France méridionale). Sous la basilique romane édifiée sur son tombeau, de récentes fouilles ont permis de retrouver une importante tombe, située à l'aplomb de l'autel majeur, autour de laquelle s'alignent de nombreuses sépultures, signe de la vénération dont la tombe fut l'objet dès la fin de l'antiquité.
Un long poème de Prudence, rédigé au tout début du Ve siècle en donne le plus ancien témoignage. Saint Augustin lui consacre un de ses sermons. Son image figure sur les mosaïques de la procession des vierges de Ravenne. Le premier texte « français » connu, en dialecte picard, est la Cantilène d'Eulalie de Mérida. Le martyrologe romain est assez laconique : À Merida en Espagne, vers 304, sainte Eulalie, vierge et martyre, qui, dans son adolescence, dit-on, n'hésita pas à offrir sa vie pour le Christ. La tradition, puis la légende, ont suppléé au manque de données historiques. Lors de la grande persécution du début du IVe siècle, l'Espagne était tombée dans le lot de l'empereur Maximien. Ce dernier appliqua scrupuleusement les quatre édits de persécution de Dioclétien. Il s'agissait de rétablir l'ordre moral et les valeurs traditionnelles. Appartenant à la noblesse de la ville, les parents d'Eulalie se retirèrent à la campagne au début de la persécution comme le conseillaient les pasteurs des communautés chrétiennes. Cependant la jeune fille, âgée d'une douzaine d'années, se rend à Mérida pour y affronter le gouverneur, Datianus. Arrêtée, torturée, elle est finalement conduite au bûcher, si l'on s'en tient à la version de Prudence : « Puis voici la dernière torture : … de tous côtés la flamme des torches fait rage contre ses flancs et sa poitrine… La vierge qui désire un prompt trépas, recherche le feu et l'aspire. Et voici que soudain s'élance une colombe que l'on voit, plus éblouissante que la neige, sortir de la bouche de la martyre et s'envoler vers les astres. C'était l'âme d'Eulalie, blanche comme le lait, légère, innocente. Le cou s'incline, une fois l'âme partie; le feu du bûcher s'éteint ; les membres sans vie jouissent enfin de la paix ; l'âme, dans le ciel, pousse un cri de triomphe, et gagne à tire-d'aile les domaines d'en haut ». Elle avait treize ans, quand elle mourut le 10 décembre, très probablement de l'année 304. Elle eut pour compagne de martyre, sainte Julie de Merida.
La légende et l'iconographie l'ont confondu avec une autre sainte Eulalie, de Barcelone : on représente l'une comme l'autre sur une croix en x, une neige miraculeuse venant voiler la nudité de leurs corps martyrisé.
Selon la tradition locale, un comte de Roussillon, lors de guerres de la Reconquista, se serait fait confier les reliques en promettant au gardien de la ville dévastée et abandonnée par ses habitants de dédier aux saintes Eulalie et Julie la cathédrale que l'on projetait de construire à Elne. La translation des reliques a fait l'objet d'une fête liturgique jusque récemment. Le 30 juin 1602, l'évêque Onufre de Reart les amène d'Elne à Perpignan où elles sont conservées depuis, dans la chapelle du Chapitre ornée d'un splendide retable baroque.

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Saint Ferréol - 18 septembre

Lors de la persécution de Dioclétien : l’armée romaine, en particulier la légion thébaine, fut épurée sévèrement. L’image du soldat revêtu de son armure et portant la palme, présente dans de nombreuses églises dont Notre-Dame de la Réal, correspond à diverses victimes de cette époque du début du IVe siècle : chez nous, Ferréol, Maurice, Pancrace (Brancat), Expédit, mais aussi en d’autres lieux,  Exupère, Candide, Julien de Brioude, Ours et Victor de Marseille, Florian, … Même s’il est difficile de séparer la légende et l’histoire, leur exemple vient opportunément rappeler que l’exigence de loyauté vaut d’abord envers Dieu, le Dieu fidèle, et qu’il y a des situations où la foi vécue en vérité devient difficilement compatibles avec les solidarités humaines, les engagements, les conventions sociales et les idées dominantes : cela reste actuel, car cela est de tous les temps.

Né à la fin IIIe siècle de famille noble et chrétienne, Ferréol embrassa la carrière militaire, tout en témoignant de sa foi avec succès auprès de ses camarades. Sous l’empereur Dioclétien, les persécutions se déchaînaient ; selon une tradition rapportée pour la première fois vers 440 par Eucher, évêque de Lyon, une légion romaine formée de soldats recrutés en Thébaïde (Egypte) et convertis au christianisme, subit le martyre près d’Agaune (Saint-Maurice) vers l’an 300. Ils auraient refusé de prendre part à des pratiques païennes et aux persécutions de chrétiens. Partout sur le sol de la Gaule des chrétiens étaient mis à mort.
Crispinus, alors gouverneur de Vienne (en Dauphiné), entreprit de faire abjurer Ferréol et Julien son ami intime et compagnon d’arme : promesses mirifiques, menaces et mauvais traitements ne furent d’aucun effet. Julien étant recherché, Ferréol l’envoya se cacher en Auvergne près de Brioude, où il fut découvert et mis a mort. Lui aussi fut arrêté, fouetté et emprisonné, mais un ange le délivra, et il fuit en traversant le Rhône à la nage. Repris peu de temps après, ramené à Vienne il fut mis à mort vers l’an 304. Ses amis lui donnèrent une sépulture digne au bord du Rhône, qui devint objet de vénération. Deux siècles plus tard, en 473, Saint Mamert, évêque de Vienne, découvrit le corps de Ferréol et le chef de Julien. L’invention des reliques eut un retentissement considérable Tout ceci nous est raconté par Saint Grégoire de Tours, qui fut lui-même guéri sur la tombe où, depuis la paix religieuse de Constantin, on venait en pèlerinage et de nombreux miracles se produisaient. Le culte de Saint Ferréol se répandit d’abord en Dauphiné, puis en Provence et dans toute la Gaule méridionale.
Au XIème siècle, les reliques de St Ferréol, furent mises en sécurité à l’Abbaye de Moissac, et les pèlerins affluèrent, jusqu’au XIIIe siècle quand l’imminence de la guerre poussa les moines à les mettre en sécurité. À Céret, la chapelle fut construite pour l’occasion sur l’emplacement d’un oratoire antique, et attira de plus en plus de visites ; elle fut donc agrandie au XVIIIe siècle. Signalons un ex-voto émouvant : le bénitier de la chapelle sur lequel est gravé de cette phrase : « Llaurens Cros, fill d’Illa, ermità de Sant Ferriol, estat 44 anys esclau a Constantinople, 1705 » (Laurent Cros, natif d’Ille, ermite de St-Ferréol, a été 44 ans esclave à Constantinople). On fait mémoire de Saint Ferréol le 18 septembre et sa fête donne lieu à un aplec toujours très populaire en Vallespir et en Roussillon.

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Saint Pierre Orseolo (928 +988 ou 987) - 10 janvier

Fils d'une noble famille vénitienne, Pierre Urseolo (ou Orseolo) naquit en 928. Il épousa Felicita. Très impliqué dans la vie politique tumultueuse de sa ville, il participe activement à un complot qui conduira en 976 à l'assassinat du doge Pierre Candiano, jugé trop inféodé  à l'empereur Otton II. Saint Pierre Damien attribue même à Pierre Urseolo la responsabilité du meurtre.

Ces violentes luttes civiles provoquèrent un incendie qui détruisit une grande partie de la ville, dont le palais des doges et la basilique Saint-Marc. Choisi comme doge à l'âge de 48 ans, il s'avéra habile et même brillant dans l'administration de la République : en une période d'à peine deux ans, il restaura la paix civile, reconstruisit le palais et la basilique, ainsi que deux hôpitaux et releva la ville de ses cendres. Il mit en lieu sûr les reliques de Saint Marc. Il adopta une attitude digne envers la veuve de son prédécesseur dont il poursuivit la politique de paix. Pierre apparaît donc comme un brillant politique, peu scrupuleux quant aux méthodes, mais bon administrateur et très avisé. (son fils unique Pierre Orseolo II, deviendra à son tour doge de Venise et suivra l'exemple de son père dans la probité et le service de la République.) Mais cette vie tumultueuse et peu édifiante ne satisfait pas les aspirations de son âme. Or Guarin, abbé de Cuixà, probablement impliqué dans des tractations de la diplomatie pontificale, vient plusieurs fois à Venise et rencontre Pierre. Dans la nuit du 1er septembre 978 le doge disparaît sans laisser de traces. Accompagné de deux saints ermites, Marin et Romuald, sous un faux nom, il gagne l'abbaye Saint-Michel de Cuixà, très loin de sa ville. Son épouse l'avait laissé partir, comprenant la volonté de son époux. Définitivement retiré du monde, l'ancien doge demanda à vivre en ermite près du monastère, On y reconnaît encore aujourd'hui, en creux sur la pierre qui lui servait de lit, la vague empreinte d'un corps humain. Il mourut le 10 janvier 988 (ou 987). En 1027, Pietro Orseolo fut proclamé bienheureux par l'Église romaine et son corps, d'abord enterré dans le cloître, fut porté à l'intérieur de l'église de Cuixa. Le 6 décembre 1644, ses ossements furent placés, dans une caisse de bois dorée, sur l'autel dédié à Saint Romuald sur lequel son nom fut ajouté. En 1731, il fut proclamé saint par l'Église et Venise demanda des reliques, qui furent déposées, le 7 janvier 1733, dans la basilique Saint-Marc ; pour cette occasion, Vivaldi, de retour à Venise composa un Laudate Dominum solennel. Depuis cette date, le Sénat institua une messe en présence du doge, tous les 14 janvier. En 1790, ses reliques, comme toutes celles du monastère de Cuixà, furent transférées dans l'église Saint-Pierre de Prades. Sa mémoire, que le calendrier diocésain d'Elne fixait au 19 Janvier, se fête actuellement le dix janvier. De nos jours, l'action politique de Pierre Orseolo est souvent décriée et méprisée : on veut n'en voir que l'aspect le plus sombre ; pourtant son exemple est là pour nous rappeler que, malgré les luttes parfois impitoyables qui accompagnent la conquête du pouvoir, le service de la chose publique peut être, comme la plupart des activités humaines, un lieu de progrès spirituel. S'il s'est sanctifié en renonçant au pouvoir et à ses fausses grandeurs, Pierre Orseolo a préparé sa conversion dans l'exercice de sa charge, en administrant sagement et en œuvrant au rétablissement de la paix civile jusqu'à quitter ses fonctions. Un exemple valide mille ans plus tard !

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Saint Raymond de Penyafort  (v. 1180+1275) - 7 janvier (ancien. 14 février)

Ramón est une figure dominante de la vie religieuse et politique en Catalogne au XIIIe  siècle, à l'époque brillante du règne de Jaume Ier. Né vers 1180 au château de Penyafort, apparenté aux comtes de Barcelone, il étudia à l'école cathédrale de Barcelone, puis le droit à Bologne, brillante université dont il devint docteur et professeur en 1210. Ramené à Barcelone par l'évêque Berenguer de Palol pour fonder le séminaire, il fut nommé chanoine de la cathédrale de cette ville, puis prévôt du chapitre, archidiacre, grand vicaire et official (1220). Il avait pour Jaume Ier d'Aragon une très forte affection. Contacté par Pierre Nolasque, il obtint le soutien du roi et participa à la fondation en 1218 de l'ordre de Notre-Dame de la Merci pour le rachat des chrétiens pris en otage par les musulmans. Le Vendredi saint de 1222, il entra dans l'ordre dominicain.

Remarqué par le cardinal Jean d'Abbeville lors d'une mission diplomatique, il est appelé à la cour pontificale par Grégoire IX qui et en fit son pénitencier, puis son chapelain et confesseur. Il se voit chargé de rassembler les multiples lois et décrets de l'Église en les systématisant : on lui doit les Décrétales de Grégoire IX (1234). Son influence favorisera la décision de conquérir Mallorca et Valencia, prise aux corts generals de Monsó en 1236. Il refusera l'archevêché primatial de Tarragone, mais finira par céder à ses frères en devenant maître général en 1238, le temps de rédiger les constitutions de l'ordre des Prêcheurs.
De ses contacts avec Ramón Llull qu'il conseilla il avait gardé un vif intérêt pour la connaissance du monde musulman. Pour former des missionnaires, il fonda quelques écoles de langues orientales, l'arabe à Tunis (1245) et l'hébreu à Murcie (1266). Il combattit avec charité les hérésies de son temps, en particulier le catharisme.
Ramón, que ses contemporains ont appelé le « Doctor humanus », a laissé une œuvre écrite considérable qui servit longtemps de référence chez les Dominicains et à l'Université de Paris - son œuvre de canoniste reste fondamentale -. Dans ses jugements et ses conseils, il se montre plus soucieux du bien des pénitents que du juridisme strict, toujours nuancé, désireux de sauvegarder la bonne foi des autres, des simples surtout, même de proches des courants hétérodoxes. Son zèle de confesseur se manifeste lorsque, informé miraculeusement de la nécessité de réconcilier un moribond, il convainc le capitaine du bateau qui le portait à Barcelone de se détourner vers la plage de Tossa où le malheureux se mourrait, et l'entend en confession, au grand soulagement des proches. Confesseur du Roi, il était parfaitement lucide sur les faiblesses de son pénitent qu'il n'excusait pas facilement : une légende tardive raconte que, devant l'obstination dans l'inconduite du Jaume Ier qu'il avait accompagné à Mallorca, il résolut de quitter l'île. Furieux, le roi interdit à tout navire de le transporter. Qu'à cela ne tienne ! Juché sur une planche, brandissant son manteau en guise de voile, il traverse la mer jusqu'à Barcelone ; ce qu'il lui vaut d'être le patron des véliplanchistes !
Il mourut le 6 janvier 1275, presque centenaire. Sa tombe, d'abord au couvent de Sainte- Catherine de Barcelone, puis transférée à la cathédrale, est l'objet d'une grande vénération. Sa canonisation, initiée dès la fin du XIIIe siècle, fut proclamée en 1601. Il resta très populaire, comme l'attestent les goigs : Vostres miracles són tants que no els pot ningú comptar més un dels grans entre els grans passar sens vaixell la mar deixant l'honra transitòria del Rei i tota sa Cort. Oh digne d'etern record de catalans honra i glòria tingueu-nos sempre en memòria Sant Ramon de Penya

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Saint Vincent de Collioure (+fin IIIe siècle) - 19 avril

L’Espagne s’honore de plusieurs Martyrs illustres du nom de Vincent : le plus célèbre, le diacre de Saragosse, (22 janvier), Vincent d’Avila, (27 octobre) et Vincent de Collioure dont on fait mémoire le 19 avril. On ne sait rien de notre Vincent si ce n’est un nom, la date et le lieu du martyre qui figurent dans un ancien martyrologe romain fiable. Si son existence ne semble pas douteuse,  sa vie ou plutôt les détails de sa mort, relèvent plus du stéréotype du martyre chrétien et de la légende dorée que de l’histoire et on y relève bien des points communs avec les actes du martyre de Sainte Eulalie.

Sous le règne des empereurs Dioclétien et Maximien fut publié un édit qui ordonnait de forcer tous les chrétiens à sacrifier aux idoles. Dacien gouvernait les régions méridionales de la Gaule et en Espagne. On sait qu’il appliqua avec un zèle particulier les consignes de Rome. Etant venu dans la ville maritime de Collioure, il fait arrêter Vincent, et le somme de sacrifier aux dieux. Mais Vincent dit : « Je ne sacrifie qu’à Dieu seul, jamais aux idoles ; il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux empereurs ». Alors le président ordonne que Vincent soit frappé et déchiré avec des ongles de fer. Après quoi Dacien réitère sa demande ; Vincent persiste. Alors le président irrité fait suspendre Vincent avec des poulies et ordonne aux bourreaux de l’élever en haut et de le laisser retomber de tout le poids de son corps sur des pierres aiguës à plusieurs reprises. Mais une lumière céleste enveloppe son corps qui recouvre ses forces et sa première santé. Le jour suivant, Dacien ordonna qu’on ramenât Vincent devant son tribunal, si toutefois il vivait encore. Lorsqu’il le revit en pleine santé, il fut transporté de fureur et l’accusa de magie. Mais Vincent ne cessait de rendre gloire à Dieu. Alors Dacien fit allumer un grand bûcher au milieu de la ville et Vincent fut placé dessus, les pieds et les mains liés. Il accomplit heureusement son glorieux martyre en confessant et louant le Seigneur, le 19 d’avril, vers la fin du IIIe siècle. Malgré le feu, son visage resta clair, et semblait plutôt celui d’un homme endormi que d’un mort. Frappés de ces miracles, un grand nombre confessa le Christ. Son corps fut convenablement enseveli pendant la nuit.
Le corps de saint Vincent fut conservé à Collioure jusqu’au XVIIe siècle. Ce fut pendant le siège de 1642 que, l’église ayant été détruite et divers objets précieux transportés au château où la garnison avait dû se retirer, les reliques de saint Vincent y furent aussi déposées, afin qu’elles fussent ainsi a l’abri de toute profanation. Or, après l’évacuation du château de Collioure par la garnison espagnole, les consuls de la ville, s’étant transportés audit château pour en rapporter les reliques, ne les y trouvèrent plus. On dit qu’elles furent enlevées par un militaire espagnol de Cancavella (ou Concabuena), où un religieux capucin, se trouvant en Roussillon vers l695 ou 1700, affirmait avoir célébré la sainte messe à l’autel qui possédait les reliques de saint Vincent de Collioure. La ville de Collioure conserve actuellement deux reliques partielles reçues de Rome en même temps que des reliques de sainte Libérate et de saint Maxime. C’est depuis 1702 qu’a lieu, tous les ans, la procession maritime, le 16 août, anniversaire de la réception des reliques.

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