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Renaud Dedies  
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Cœur à cœur
Nous Te rendons grâce,
Dieu éternel et tout-puissant,
  car Tu es glorifié dans l'assemblée
des saints : lorsque Tu couronnes leurs mérites, Tu couronnes tes propres dons. Dans leur vie, Tu nous procures un modèle, dans la communion avec eux, une famille,
et dans leur intercession, un appui ; afin que, soutenus par cette foule immense de témoins, nous courrions jusqu'au bout l'épreuve qui nous est proposée et recevions avec eux l'impérissable couronne de gloire,
  Par le Christ, notre Seigneur.
  Préface de la Toussaint  
 
Donner du temps à l'essentiel

Le culte des Saints  saint jean-baptiste

Le culte de saint Jean-Baptiste en Roussillon - 24 juin

Le cycle liturgique s’appuie sur le cours des saisons pour renforcer le sens des commémorations par le symbolisme naturel ; ainsi les deux saint Jean sont-ils célébrés aux solstices, l’Évangéliste aux jours les plus courts dans l’hiver, quand l’incarnation va se manifester comme lumière dans les ténèbres ; et le Baptiste, lui qui, annonçant l’accomplissement de l’ancienne Loi, doit diminuer pour que le Christ grandisse, au jour le plus long de l’année. Reprenant des coutumes pré-chrétiennes du bassin méditerranéen et d’au-delà, la tradition populaire y rajoute son grain de sel, avec les feux de la veillée de Saint-Jean que l’on prolonge le jour, sur les places ou sur les sommets, en brûlant les vieux objets inutiles dans de grands feux de joie ; les jeunes gens sautent par-dessus le feu, à travers les flammes. C’est la fête du renouveau de la vie, annoncé par Jean et apporté par le Christ. Dans les années soixante, cette pratique alors déclinante, fut revivifiée dans une exaltation de la catalanité en transmettant solennellement dans le moindre village, puis dans toute la Catalogne et au-delà, la flamme allumée au sommet du Canigou. C’est aussi au petit-matin de la Saint-Jean, avant que le premier rayon du soleil ne les atteignent, que les plantes médicinales étaient cueillies, et aujourd’hui encore certaines,  tressées  en  croix  ou  en bouquet porte-bonheur, seront fixées sur  les  portes  où  aux  murs  des maisons.

Avant que notre ville ne s’établisse, une église dédiée à notre Dame dels Correcs et à Saint Jean-Baptiste, existait dès le début IXe siècle, remplacée par le bel édifice de Saint-Jean le Vieux deux siècles plus tard quand un noyau urbain se développait. Ce n’est qu’au début du XIVe que le chantier, projeté dès la fin du XIIIe , d’une collégiale digne de la capitale des rois de Majorque débutait. Quand elle devint cathédrale trois cents ans plus tard, son saint patron devint, conjointement avec les saintes Eulalie et Julie, celui du diocèse, renforçant une dévotion présente dans la moindre de nos églises rurales.

Dès sa reconstruction, notre église mère possédait des reliques de son titulaire, fragments du chef conservé de nos jours dans un reliquaire représentant la tête du saint sur un plateau, telle que Salomé l’obtint d’Hérode en récompense d’une suggestive danse de fin de banquet. On l’expose le 29 août, fête de la décollation « Sant Joan degollaci »  devenue fête patronale. Cette date avait été choisie par le chapitre au XVIIe siècle, et cela perdura jusqu’aux dernières décennies, pour permettre des célébrations religieuses plus dignes, les réjouissances populaires de 24 juin donnant lieu à des débordements préjudiciables à la piété.

Mais c’est l’insigne relique de la main gauche du Baptiste qui est la plus célèbre : L’an 1323, un pèlerin se rendant à Compostelle confia au prieur des dominicains de Perpignan un coffret orné d’inscriptions en grec et de peintures qu’il pensait reprendre à son retour ; il ne revint jamais. Les dominicains demandèrent à l’archevêque d’Athènes, alors au pouvoir des Almogavars catalans, la traduction du texte, où l’on reconnut des citations de la liturgie byzantine du 24 juin ; le coffret est orné d’une représentation du saint curieusement affublé d’ailes, selon l’iconographie grecque de l’époque. Ce rare reliquaire récemment restauré sera exposé dans le futur trésor projeté à Saint-Jean le Vieux. Il ne contient plus les reliques : enchâssé dès 1435 dans une pièce d’orfèvrerie fondue lors de la révolution de 1789, il fut remplacé par les soins de l’archiprêtre Metge par un très beau reliquaire en bronze émaillé sous un baldaquin orné d’ailes, allusion au décor du précédent.

La relique, très vénérée et disputée, parfois même physiquement, entre le couvent et la cathédrale, fut l’objet de diverses anecdotes dont la moins savoureuse n’est pas celle qui concerne la reine Violant, épouse de Jean Ier: elle demandait une parcelle de la relique qui lui fut refusée ; elle obtint de pouvoir la vénérer, et, au lieu de déposer le baiser d’usage, elle détacha de ses dents un morceau du pouce de la main momifiée. Peu après, l’antipape Clément VIII, interdit sous peine d’excommunication tout futur démembrement ! On trouvera plus de détail dans l’article très documenté que Marc Bailbé consacre au culte de notre saint dans le recueil paru en 2009 « Le Roussillon entre ciel et terre ».

Pour conclure, citons la récente rédaction des  Goigs  due au chanoine de Majorque le Père Joan Llabrès, où il fait discrètement allusion a l’insigne reli-que : « … amb gran zel, prou se refia de l’empar de vostra mà, Protector de Perpinya, sant Joan feu nos de guia ! ».

 

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