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Résurrection ou réincarnation ?
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Credo in unum Deum

La Résurrection 

  témoignage pascal des apôtres
 

Le témoignage pascal des apôtres est le point de départ de la résurrection. Le discours de l’Apôtre Pierre (Actes 2, 32 ss) est la référence habituelle : « Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité et nous en sommes les témoins. » Ceci est un témoignage dans la foi dont l'objet est un événement arrivé dans l'histoire, c'est le témoignage central de tout le Nouveau Testament : « Le Christ est ressuscité » que l’on retrouve à de nombreuses reprises  (1 Th 4 , 15,  1 Cor 15 , 12 – 20 par exemple)

 

« Le Christ est ressuscité » représente l'énoncé du Nouveau Testament le plus ancien, le plus solide dont nous disposons s'agissant de Jésus-Christ. Il constitue le cœur du kérygme, c'est-à-dire de la proclamation de foi, l'élément le plus fondateur, le plus ancien, le plus central de la proclamation chrétienne. Dans Dei Verbum au n° 4, on peut voir que Jésus-Christ, spécialement (« praesertim ») avec sa mort et sa glorieuse résurrection d’entre les morts, et enfin l'envoi de l'Esprit de vérité, porte à son achèvement la Révélation (« complendo perfecit ») et la confirme avec Son témoignage divin. La résurrection est révélée par Dieu et a aussi une valeur révélative. Dei Verbum au n°17 dit que le langage d'exaltation complète le langage de résurrection.

Le « spécialement » (« praesertim ») est essentiel parce qu'il souligne l'importance du mystère pascal. Selon les théologiens, l'interprétation peut varier selon qu’ils vont privilégier tel aspect du mystère pascal. Pour certains, Balthazar, Kessler ou Waldenfels, le praesertim porte sur l'ensemble du mystère pascal ;  d’autres, comme Fisichella, Kern, Martinelli ou Verweyen, le font porter plutôt sur la passion et la mort du Christ ou, comme Fremer, Fries ou O’Collins, sur Sa résurrection. Il va donc y avoir des christologies qui vont plutôt travailler sur l'ensemble du mystère pascal, sur l’ensemble cohérent des trois jours (la christologie de Balthasar est en cela exemplaire), d’autres encore qui vont mettre l'accent sur l'événement de la résurrection, d’autres enfin qui vont voir  dans la Passion et l'événement de la Croix ce qu'il y a de plus révélateur de ce qu'est l'amour de Dieu.

 

L'amour de Dieu, c'est l'économie de la mort et de la résurrection.

Dans La Somme de Théologie, en IIIa, Q.62, art. 5, saint Thomas d’Aquin parle de l'humanité glorieuse du Christ  comme  d’un instrumentum conjuctum.  Son humanité glorieuse est l'instrument qui conjoint (le trait d’union) et qui manifeste  sa Divinité, c'est-à-dire que l'humanité ressuscitée du Christ manifeste sa divinité en étant l'instrument-conjoint de ce qui manifeste sa divinité. Le Christ est le révélateur du Père, mais il ne le révèle pleinement et parfaitement qu’après sa résurrection dit saint Thomas, lorsque son humanité a dépassé sa condition historique, et passé à la condition eschatologique. Le Verbe incarné continue d'être pour l'homme dans l'éternité glorieuse la voie unique pour rejoindre le Père : l'incarnation n’apparaît dans la plénitude de sa signification et de sa valeur salvifique qu’avec la résurrection. La résurrection est l'achèvement de l'unicité de l'événement Jésus-Christ incarné, mort et ressuscité, elle est la parole définitive de Dieu.

Pourquoi citer saint Thomas ? Parce qu’il nous permet de comprendre que l’on ne peut pas écarter l'événement de la résurrection de notre compréhension du Christ, et que l’on ne peut pas écarter l'humanité glorifiée du Christ (c'est-à-dire après Sa résurrection et Son entrée dans la Gloire) de Sa personne même et de ce que nous pouvons dire de l'humanité terrestre du Christ. Donc, une pure christologie de la passion est insuffisante. Et bien que l'on ne puisse pas tout réduire à l'événement de la résurrection, inséparable de l’événement de la mise à mort, c'est tout de même la clé d’interprétation de la christologie et de l'incarnation, le « berceau » duquel les cris du Sang se font entendre.

 

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