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La Rédemption

  quelques références bibliques
 

La rédemption doit être inscrite dans une économie du salut et dans l’économie de l’histoire sainte, une parole suprême parachève un processus de révélation de Dieu. Et la parole suprême de Dieu est dans la croix, la croix n’étant pas réductible à la mort mais incluant l’ensemble du mystère pascal.

 

Jn 4, 9 et s.: le projet de la Rédemption

« En ceci [c’est ce dont il va parler] s'est manifesté l'amour de Dieu pour nous. Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par Lui. En ceci [c'est ce qui va suivre] consiste l'amour; ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés. Bien aimés, si Dieu nous a ainsi aimés [c'est un raisonnement], nous devons nous aussi nous aimer les uns les autres [c'est un programme]. »

« En ceci s’est manifesté » indique le fait qui est la mission du Fils. « Afin que nous vivions par Lui » indique l’objet de sa mission: nous-mêmes. Le Fils unique est donc la médiation de notre salut. « En ceci consiste l’amour » indique qu’il n’y a pas de définition de l’amour, mais que c’est Dieu lui-même qui est amour. « Dieu nous aimant nous a envoyé son Fils » indique la modalité : en victime de propitiation pour nos péchés. Dieu envoie son Fils pour nous, et s’il est victime expiatoire, c’est parce que ce type de modalité est proportionné à nos péchés. Mais il ne faut pas réduire le «pour nous» à «pour nos péchés»; on ne peut pas dire, s’agissant de ce texte, que le Christ vient uniquement pour nos péchés.

Il y a ensuite un troisième axe : « si Dieu nous a ainsi aimés (on revient à la modalité : « ainsi »), nous devons aussi nous aimer les uns les autres » indique ce qu’implique pour nous l’acte qui a été réalisé pour nous, et cette implication est l’amour du prochain. Dieu est amour, Dieu nous aime et la conséquence de cela, c’est que nous devons nous aimer les uns les autres, et que cela devient humainement possible. En Dieu, il y a une coïncidence entre Dieu s’aimant lui-même et Dieu aimant sa création, tandis que pour l’homme, l’amour va se vivre dans une relation qui n’est pas comme dans l’amour divin intratrinitaire, comme relation immanente à l’essence divine. Pour nous, cet amour va se vivre comme relation immanente au Christ, Verbe incarné et messie crucifié. Donc, pour le dire simplement, l’envoi du Fils est la Révélation de l’amour de Dieu et cet amour se manifeste à la croix. La croix est le fait qui se manifeste dans sa modalité, dans ce qu’on voit, c’est-à-dire un sacrifice, et son implication pratique, c’est-à- dire l’amour fraternel.

 

2 Co 5, 18-19: par le Christ, nous sommes réconciliés

« Et le tout vient de Dieu qui nous a réconciliés avec Lui par le Christ, et nous a confié le ministère de la réconciliation; car c’était Dieu qui dans le Christ se réconciliait le monde, ne tenant plus compte des fautes des hommes, et mettant en nous la parole de la réconciliation. »
L’envoi du Christ est l’acte de Dieu réconciliant le monde avec Lui, et cette réconciliation est mise en nous, ce que saint Paul appelle le ministère de la réconciliation. On peut voir que dans les deux textes, la participation de l’homme à l’acte rédempteur n’est pas seulement une participation par le fait de l’humanité du Christ, mais qu’elle est une participation par le fait de notre humanité, à chacun d’entre nous. Lorsque saint Paul dit par ailleurs que nous sommes les ambassadeurs du Christ, il dit que nous sommes les ministres de la Rédemption, les intendants des saints mystères, y compris par notre amour fraternel qui joue le rôle de rédemption humaine dont parlait Jean-Paul II. L’instrumentalité du salut n’est pas réduite à l’humanité du Christ en tant qu’il est assumé par le Verbe, mais cette humanité se répand dans notre humanité, se communique à nous, de sorte que nous devenions nous-mêmes les ministres de la réconciliation de Dieu et de l’homme. Cela est très intéressant, et l’on trouve la même idée dans le texte suivant.

Rm 5 , 6-10 et Eph 2, 4

« C’est en effet alors que nous étions sans force, c’est alors au temps fixé, que le Christ est mort pour les impies; à peine en effet, voudrait-on mourir pour un homme juste, pour un homme de bien, oui peut-être, osera-t-on mourir. Mais la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous. Combien plus, maintenant justifiés dans son sang, serons-nous par lui sauvés de la colère. Si, étant ennemis, nous fûmes réconciliés à Dieu par la mort de son Fils, combien plus une fois réconciliés serons-nous sauvés par sa vie. »

Sur cette base paulinienne de la réconciliation, de ce qu’il appelle le ministère de la réconciliation, saint Augustin affirme, dans son De Trinitate, que même lorsque nous étions les ennemis de Dieu, même quand nous étions pécheurs, Dieu ne cessa pas de nous aimer.

L’amour de Dieu ne vient pas du fait de la réconciliation, il est la cause de la réconciliation, et nous devenons nous-mêmes des agents de la réconciliation lorsque nous participons par notre amour à l’amour de Dieu. Dieu prouva son amour pour nous dans le fait que le Christ mourut pour nous alors que nous étions encore pécheurs. L’amour de Dieu (la Trinité immanente) est la cause première de la Rédemption, et la Rédemption est la cause première de l’Incarnation. Cet acte qui est manifesté et accompli dans l’Incarnation et la Rédemption est une communication personnelle (la Trinité économique) qui est adressée à chaque âme individuelle, communication de personne à personne, et qui fonde, pour celui qui veut comprendre la foi, la nécessité d’avoir une bonne ontologie de la personne du Christ. Et c’est la conaturalité qui existe entre l’âme du Christ et l’âme de chacun d’entre nous, qui permet cette communication. Le Fils est la communication du Père, l’éternel Engendré, il est aussi ce que nous recevons du Père, ce que nous recevons de Dieu, l’éternel Envoyé de Dieu. Le Christ reçoit tout de Dieu ; nous, nous ne recevons que son Incarnation et sa Rédemption si j’ose dire, c’est-à- dire le point de jonction qui fait que nous recevons de Dieu son Être limité à ce qu’il est pour nous. Et la Rédemption, c’est ce qui se révèle dans le signe de la mort et la résurrection du Christ. La vie terrestre s’achève dans la mort, la Passion s’achève dans la mort, donc Passion, mort et résurrection constituent l’ensemble du mystère. Si on lui enlève la résurrection, on a une vision de la Passion et de la mort qui va être insuffisante. Il en va de même si on ne s’intéresse qu’à la résurrection, et si on oublie que cette résurrection triomphe d’un événement, la mort, dont le fait demeure l’horizon purement humain de la vie terrestre, mais dont la signification se libère du fait qui lui demeure.

La rédemption est fondamentalement la communication de Dieu, communication personnelle. On a à la fois un événement et un fait, un acte de communication personnelle à l’âme individuelle de chacun.

 

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