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Les organistes

 
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 Roland Serres - Titulaire du Grand-Orgue

En septembre 2014, Roland Serres, qui avait préparé des notes précises et précieuses, nous a reçus chez lui. Il s’agissait de préparer son CV pour le présent site. De cette démarche il n’était pas le demandeur, et cela ne pouvait que heurter sa modestie légendaire.
Dans son grand salon aux volets presque clos, petite lumière sur son bureau rempli d’ouvrages, l’orgue de Blancafort au fond de la pièce (2 claviers – pédalier), nous sommes dans un autre temps. Il me laisse des notes écrites à la plume, remises en forme ci-dessous. (Note de JP. Baston).

Roland Serres est natif de Toulouges, à quelques kms de Perpignan.
C’est à Rodez, de 1940 à 1943, qu’il s’imprègne de musique d’orgue, comme jeune auditeur, à l’église Saint Amans (orgue Théodore Puget de 1884) et à la cathédrale (orgue de 1687 et 1776).
Vers l’âge de 12 ans, il accompagne déjà à l’harmonium le chant grégorien et les cantiques (harmonisation à vue).

Puis il vient habiter Toulouges avec sa famille maternelle à partir de 1943. Il étudie alors l’orgue avec Joseph Calcet, diplômé de l’Institut des Jeunes Aveugles à Paris, et organiste de la cathédrale de Perpignan (Cavaillé-Coll – Maurice Puget, 75 registres (1857 – 1930).
Voir composition 1930.

De 1945 à 1947, il supplée Camille Beno pour les vêpres à Notre-Dame de La Réal à Perpignan. Monsieur Calcet, lorsqu’il est en vacances, lui demande de le remplacer au grand-orgue de la cathédrale.

En 1949, Roland Serres entre au Lycée du Parc à Lyon, et tient l’orgue de l’église Saint-Charles de Vaise.

En 1950, il part à Casablanca pour occuper un poste dans l’Enseignement Européen. Il y découvre l’orgue de l’église du Sacré-Cœur, puis celui de Saint-François de la Foncière dont l’organiste, Suzanne Guillaud, est une ancienne élève de Marcel Dupré. Roland Serres devient son suppléant en 1953 (orgue Merklin-Kuhn de 25 jeux installé en 1932 et provenant de Notre-Dame du Port de Clermont-Ferrand.

Premier concert à l’orgue du Temple de Casablanca en 1954, concert salué de manière élogieuse par la presse (orgue de 15 jeux du facteur Ruche de Lyon). Il est nommé titulaire de cet instrument le 5 septembre 1955, donne un autre concert le 17 mars 1957, encore meilleur si l’on en juge par la critique.

En 1958, il fait la connaissance de Maurice Duruflé, venu à Casablanca diriger son Requiem. Duruflé accepte de l’auditionner (improvisations sur le Veni Creator et sur le Vexilla Regis). Maurice Duruflé lui propose alors de lui donner des cours de perfectionnement à Paris. Les cours auront effectivement lieu, à l’orgue de Saint-Etienne du Mont (tribune des Duruflé), Roland Serres s’exerçant sur l’orgue  -médiocre à l’époque- de Saint-Ferdinand des Ternes.

A Casablanca, toujours, il succède en 1962 à Suzanne Guillaud comme titulaire de l’orgue de Saint-François. Il donne alors une série de concerts, comme soliste ou accompagnateur (trente-trois précisément). Ces concerts ont lieu essentiellement à Casablanca et Rabat, mais aussi en France, dans le Roussillon et en Auvergne.

Le 22 juin 1980, le cœur serré, il joue pour la dernière fois l’orgue au Maroc. Le pasteur Schmit dit dans son sermon : « Il faudra dans l’avenir que nous nous rappelions tous qu’à chacun de nos cultes, depuis plus de 25 ans, Roland Serres a apporté son témoignage. Je lui dis que ce témoignage nous l’avons reçu et que pas un seul d’entre nous n’en oubliera la valeur et la richesse ». Roland Serres partait, mais il avait su former ses successeurs à Casablanca, deux organistes de talent dont Gilberte Milian-Ginez qui donne un premier concert de haut niveau à Notre-Dame de Lourdes le 5 juin 1979.

Revenu dans son Roussillon natal, Roland Serres joue d’abord l’orgue de l’église Saint-Jacques de Perpignan (Mutin 1904) de 30 jeux, puis Saint-Joseph (Maurice Puget 1936, 30 jeux, en attente de restauration).

Le 3 mars 1983, il donne un concert au Grand-Orgue de la cathédrale de Perpignan, un autre le 19 juillet 1990 sur l’orgue, juste restauré, d’Arles sur Tech.

L’été 1990, il remplace l’Abbé Millasseau au Grand-Orgue de la cathédrale, et en devient rapidement l’organiste, l’Abbé Millasseau (décédé en 1996) s’étant cassé le fémur.

Le 31 octobre 1999, Mgr André Fort le nomme co-titulaire avec Jean-Pierre Baston (arrivé dans le Roussillon en septembre 1998).

« En dépit de ma vue défaillante et de mon âge avancé, je partage toujours le service dominical de la cathédrale dont le grand-orgue a été restauré en 1993 par l’organier nantais Jean Renaud. Je suis aussi l’organiste de la paroisse de Toulouges, mon village natal, jouant sur un orgue numérique Content acheté par moi en 2003 » (Toulouges, 17 mars 2014).

Roland Serres est aussi écrivain chercheur

Roland Serres se consacre également à des recherches historiques, concernant essentiellement l’histoire du Roussillon mais pas seulement. Il a publié précisément 32 ouvrages ou articles chez divers éditeurs (Presses littéraires, Etudes roussillonnaises, IXEA… ), parmi lesquels :

  • Itinéraire catalaniste pour le Roussillon, Saint-Estève, Presses Littéraires 1989
  • Le quartier de la gare, Perpignan, Edition des Archives communales, 1993
  • L’incivisme des Roussillonnais sous la Révolution, Catalogne, Saint-Estève, Presses Littéraires 1995
  • Le Christ Seigneur à la lumière des écrits primitifs, Elne 1996
  • Saint-Mathieu, quartier historique de Perpignan, IXEA 2004
  • La sœur de Louis XVII et l’énigme du Temple, Saint-Estève, Presses Littéraires 2010
  • Le Patrimoine du Roussillon présenté par localité, TDO Editions, 2013.
  • Les Ermitages du Roussillon et leurs ermites. In : Cent-dixième volume de la SASL, 2002

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