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Le Carillon de la Cathédrale

 
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Laurent Pie
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Le carillon de Bollée de Perpignan
à l'Exposition Universelle de 1878
 
Le carillon en quelques chiffres
• 46 cloches enserrées dans un beffroi
en chêne de trois travées.
• 8 237,80 kg de bronze.
• Clavier et pédalier manuels
fin XIXe siècle de 4 octaves.
• Bourdon : ré 3 - poids : 1 630 kg 
Ø de base : 137,70 cm
prénom : Antoinette.
• La plus petite cloche : ré 7
poids : 10,70 kg - Ø de base : 21,60 cm 
prénom : Marie.
• Quatre cloches peuvent sonner
  à la volée (ré, mi, fa# et la).

 

Te Devm laudamus
 

 Un phare dans la ville  le carillon de bollée

Quarante-six cloches, un Bourdon en ré et un clavier breveté

Ayant cause gagnée suite au jugement de la Cour d’appel de Montpellier, loin de se décourager, l’archiprêtre Jean-François Metge entreprit des négociations avec la Fonderie Ernest Bollée ; doter sa cathédrale d'un instrument à la hauteur de l'édifice, pour la convocation des chrétiens à la prière et l’accompagnement des grandes étapes de la vie humaine, demeurant toujours son objectif.

Le devis du 7 juin 1877 arrêta définitivement le marché entre la Fonderie Ernest Bollée et la Fabrique de la cathédrale. Seize cloches devaient couvrir deux octaves, avec bourdon en ré de 1.757 kilogrammes, pour un poids total approximatif de 6.408 kilogrammes de bronze. Amédée Bollée, qui souhaitait présenter un carillon à l’Exposition universelle de Paris de 1878, pris toutes les mesures nécessaires pour le compléter de deux octaves dans l’aigu ainsi que d'un clavier récemment breveté.

Expertisé par Aristide Cavaillé-Coll

L’Exposition universelle de Paris de 1878 eut un énorme succès. Elle réunit 52.835 exposants, occupa 800.000 m² et reçut 16.100.000 visiteurs. Quant au carillon, installé sur l’esplanade du Champs-de-Mars, il eut toujours du succès, quelques milliers de personnes venant l’écouter en de remarquables concerts tous les jours à 14 heures et à 16 heures. La presse nationale se fit l’écho de cet instrument par des articles illustrés. Pendant l’Exposition universelle, Aristide Cavaillé-Coll, le plus réputé des facteurs d’orgues du XIXème siècle, vint expertiser l'instrument à la demande de l’archiprêtre Jean-François Metge. A la lecture des pièces d'archives, il apparaît que le carillon prendra place à Perpignan dans son intégralité, avec ses quarante-six cloches et son clavier breveté.

Entre la fin de l'Exposition universelle et l’installation définitive de l’instrument dans le beffroi de l'église du Vieux Saint-Jean vont s’écouler six longues années qui verront de nombreuses péripéties, dont deux très significatives : réunir la somme nécessaire pour acquérir la totalité des cloches et achever la couverture du clocher afin que le futur carillon soit à l'abri des intempéries.

Ainsi, les quarante-six cloches du carillon, qui entre temps ont été bénites dans la nef de la cathédrale par Monseigneur Emile Caraguel le dimanche 2 mai 1880 après les Vêpres, prendront définitivement place avec un clavier traditionnel, dit coups de poings, à l’automne 1885.

De cette longue période, il faut reconnaître à l’archiprêtre Jean-François Metge beaucoup de persévérance puisqu’il aura fallu douze longues années pour acquérir un carillon digne de sa cathédrale.

Electrification et restauration

Jusqu’à l’électrification de 1956, tous les jours, le matin, à midi et le soir, les sacristains successifs s’installeront devant le clavier manuel pour carillonner la prière de l’angélus. Quant aux quatre sonneurs, ils feront retentir la grande volée pour les sonneries cultuelles, festives ou commémoratives.

Successivement, en 1996 et en 2010, à l'initiative et sur financements de la Conservation régionale des Monuments historiques du Languedoc-Roussillon, le carillon a été restauré par l’entreprise France carillons d’Hérépian (Hérault). Depuis, les carillonneurs, nommés par ordonnances épiscopales, sont chargés de mettre en valeur cet instrument, tant sur le plan cultuel que culturel.

     
 
Sacristain vers 1964   Détail des mains du carillonneur en 2007
 

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