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Le Carillon de la Cathédrale

 
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Te Devm laudamus
 

 Un phare dans la ville  le carillon de baudouin

Du rêve ... au désaccord absolu !

Après la guerre de 1870 et après que de nombreux clochers roussillonnais aient offert leur voix d’airain au creuset pour la fabrication de canons, l’abbé Metge et le Conseil de fabrique de la cathédrale de Perpignan projettent la création d’un carillon de 15 cloches couvrant deux octaves.

Ce rêve pourra se réaliser grâce à la contribution de généreux donateurs, qui deviendront parrains et marraines des 15 cloches. Ainsi, après avoir réuni des fonds, la commande est passée auprès du fondeur marseillais Eugène Baudoin.

Après la fonte et l’acheminement sur Perpignan, les 15 demoiselles furent exposées dans la nef de la cathédrale, vêtues de robes blanches en dentelle avant leur bénédiction par Mgr Ramadié le dimanche 15 novembre 1874.

Le compte rendu de cette cérémonie exceptionnelle fut consigné dans la Semaine Religieuse des 22 et 29 novembre suivants.

« On nous affirme que c’est un des plus beaux carillons de France et peut-être de tous le plus complet » peut-on y lire.

Le chanoine titulaire, l’abbé Boher, prononça un long et beau discours en guise de prône. Puis vint le temps de son installation et des désillusions. Lors de la première grande volée force fût de constater que l’instrument était désaccordé. Des experts furent dépêchés et Baudoin fut tenu de rectifier les cloches mais cette action aggrava les problèmes.

Le 26 mars 1877, le fondeur était obligé de constater que le carillon était irrécupérable et véritablement faux. Un procès eut donc lieu opposant le prestataire et les mandataires. Le Conseil de fabrique obtint gain de cause et Baudoin du démonter l’ensemble et dédommager la Fabrique.

 

De Baudouin à Bollée

L’an 1878, le fondeur Bollée fut donc désigné pour fondre le nouveau carillon que nous connaissons aujourd’hui.

Quand aux cloches de Baudoin, elles furent revendues aux paroisses de diocèse qui voulurent amplifier leur sonnerie. La Semaine Religieuse du 24 août 1878 se fait l’écho publicitaire

« A vendre à de bonnes conditions, pour défaut d’accord entre elles, les 15 cloches formant le carillon de la cathédrale. Pour faciliter l’acquisition des cloches aux églises du diocèse, le Conseil de Fabrique, dans sa dernière réunion, à fixé leur prix à 2,70F du poids du bronze, accessoires compris. S’adresser au trésorier de la Fabrique ».

L’ensemble pesait 14.000 kilogrammes, la plus grosse cloche mesurait 1 mètre 50 de diamètre et 1 mètre 30 de haut et la plus petite 48 centimètres de diamètre et 40 centimètres de haut.


Antoinette, Charlotte, Marie, Julie et les autres

Ainsi aujourd’hui, en observant les clochers du département on peut encore apercevoir et même entendre certaines cloches de ce carillon. La visite des édifices pour l’inventaire campanaire nous permettra d’en retrouver certaines (Blanche à Las Illas, Savina à Thuir, Marie à Sansa, Jeanne à Pollestres, Adèle à la Cabanasse, Charlotte à Villeneuve-de-la Rivière, Mélanie à Saleilles et Amélie à Prats-Balaguer). Reste encore à retrouver Antoinette, Charlotte, Geneviève, Françoise, Marie, Berthe et Julie.

 

 

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